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Un Ange se pose pour l’Éternité à la Demeure du Chaos, Musée d’Art Contemporain et siège social d’Artprice

2019/05/22 Commentaires fermés

Un Ange se pose pour l’Éternité à la Demeure du Chaos. Depuis ce soir 18h00, un Ange s’incarne dans une pierre brute de 10 tonnes de marbre d’Izaourt, d’un seul tenant, taillé dans la masse.

Rémy Teulier, sculpteur fraternel, vient rejoindre, par son chef d’oeuvre, l’oeuvre collective de la Demeure du Chaos par nos valeurs communes, alchimie, ésotérisme, gnose, rédemption, fraternité…

Venez contempler Le Messager dès ce samedi 25 mai à 14h30…

Le Messager Oeuvre collective de Rémy Teulier et thierry Ehrmann in situ à la Demeure du Chaos se pose pour l'éternité au Musée d'Art Contemporain l'Organe, Artprice Headquarters. Sculpture Marbre, 900 kg issus d'une pierre brute de 10 tonnes.

Le Messager
Photo : thierry Ehrmann. Oeuvre collective de Rémy Teulier et thierry Ehrmann in situ à la Demeure du Chaos se pose pour l’éternité au Musée d’Art Contemporain l’Organe, Artprice Headquarters.
Sculpture Marbre, 900 kg issus d’une pierre brute de 10 tonnes.

 

 

 

D’emblée dès l’entrée de la 229ème édition du Salon des Artistes Français, qui se tient sous la nef du Grand Palais, il capte le regard, et l’espace d’un court moment test j’ai voulu vérifier : la plupart des visiteurs se dirigent spontanément vers lui…

Le Messager est l’oeuvre du sculpteur Rémy Teulier…

C’est un marbre d’Izaourt, d’un seul tenant, taillé dans la masse, et ses dimensions sont impressionnantes, le messager est grandeur nature, 185 x 160 x 120.

Au départ le bloc de marbre pesait dix tonnes, pour aboutir aux 800 kilos de la sculpture.

Ses ailes sont déployées, ouvertes, matures, et cependant au repos. Mais on sent bien qu’il ne faudra pas grand chose pour qu’elles cherchent à prendre de la hauteur le moment venu comme celles de l’ange de la liberté…

Pour l’heure elles sont stables, attentives, posées, en prolongement d’un genou à terre et d’un autre en appui comme un pont, en écho d’une main tenant une équerre et de l’autre qui manie le compas, chacun des deux outils ancrés dans la matière…

Le cercle et le carré tracés rendent hommage à l’homme de Vitruve et aux socles classiques, le jeans, les baskets, le blouson et la capuche sont résolument dans le présent. Les temps se mêlent, le message n’a pas d’âge.

Les courbes, les angles se répondent, les plis du sweat, les bords de la capuche prennent doucement le vent, on s’attend à remarquer ses narines respirer, ou son regard sciller, le marbre et l’esprit sont en osmose, la recherche est en cours, la concentration est introspection…

Le crâne, simple vanité, place le curseur : le temps sur terre n’est qu’un passage et l’acacia présage une immortalité de l’âme…

Cette oeuvre m’a semblé magistrale, elle est à mon sens, mais c’est très subjectif et personnel, la plus captivante de l’exposition.

Elle est en noir et blanc, le noir du marbre, le blanc des veines de calcite qui le parcourent. Serait il le Zénon de Marguerite Yourcenar ?

La prouesse artistique est énorme, la sculpture est parfaite, attirante, elle appelle l’émotion.

Les strates du marbre semblent répondre aux degrés de cette merveilleuse sculpture : la base, massive, ramassée et étendue à la fois, le centre, infiniment humain, touchant de concentration, et la troisième dimension, symbolisée par ces ailes majestueuses, tirées vers le ciel et divines…

Le messager personnalise à mon regard la transmutation de la matière, le Grand Oeuvre est en cours. Là sous nos yeux le messager nous guide, l’esprit se libère des contingences, le marbre devient gracile et se moque de la pesanteur…

Merci à Rémy Teulier d’avoir répondu à nos questions, et bravo pour cette oeuvre magistrale, compagnonnique et maçonnique.

texte et les nouvelles photos tiré du blog:
http://www.grelinettecassolettes.com/2019/02/le-messager-de-remi-teulier-sculpteur.html

 

Notez bien les OUVERTURES EXCEPTIONNELLES en mai 2019 :

Ouvert uniquement le samedi et dimanche de 14h30 à 18h30

+ Jeudi de l’Ascension 30 mai 2019 de 14h30 à 18h30

Fermé Lundi de Pentecôte !

 

EXCLU VIDEO : plongée trash en hélico sur la Demeure du Chaos /Abode of Chaos…

2010/11/23 Commentaires fermés

Tournage très hard par Nicolas Folliet car la Demeure du Chaos est juste en dessous de la zone militaire la plus sécurisée de France : la base aérienne de Lyon-Mont Verdun fait partie des quatre centres de validation du programme Air command and control system (ACCS) de l’OTAN qui doit à terme couvrir l’Europe entière.

De plus dans ce teaser, vous comprendrez la dangerosité extrême à survoler la Demeure du Chaos ; le film et ses rescapés en sont les preuves vivantes.

Teaser « Demeure du Chaos les Sources Occultes » pour adultes avertis et dotés d’humour noir !

LES SOURCES OCCULTES /999 Teaser

Entre effroi et merveilles, une zone mouvante aux portes du futur et des enfers… Les Sources Occultes vous entraînent au coeur d’un univers polymorphe dont les clés et les motifs se révéleront au fur et à mesure des épisodes de cette série de fictions. En attendant un final apocalyptique, au sens premier du terme, qui révélera la structure générale sous la forme d’un long-métrage…

Les Sources Occultes offre aussi une nouvelle porte d’entrée dans le labyrinthe multidimensionnel de la Demeure du Chaos à celles et ceux qui postulent à notre casting, une occasion unique de pénétrer les arcanes de l’Esprit de la Salamandre…

ATTAQUE DE ZOMBIES sur LA DEMEURE DU CHAOS pour un tournage des SOURCES OCCULTES

2010/06/25 Commentaires fermés

sous réserve que vous nous ayez contacté d’abord sur :
CASTING@DEMEUREDUCHAOS.ORG
puis que vous ayez renvoyé votre fiche d’inscription complétée

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Le samedi 26 juin sera le théâtre d’une ATTAQUE DE ZOMBIES sur LA DEMEURE DU CHAOS pour un tournage des SOURCES OCCULTES, en collaboration avec AOA Productions déjà organisateurs de la Marche Zombie et en octobre prochain de la Biennale Internationale du Zombie 2010.

Vous êtes toutes et tous invités à nous rejoindre à cette occasion, en choisissant votre camp : ZOMBIE ou VICTIME… Un service de transport exceptionnel sera assuré entre Lyon et la Demeure du Chaos et des maquilleurs professionnels seront présents sur place pour prendre soin de votre état de putréfaction.

Pour participer, nous vous demandons simplement de nous envoyer un email à l’adresse CASTING@DEMEUREDUCHAOS.ORG Et nous enverrons en retour la marche à suivre pour vous joindre aux cohortes de mangeurs de chair humaine !

Faites tourner l’info sur vos réseaux perso… (MySpace, Twitter, Facebook, etc.). Attention, la Demeure du Chaos sera fermée au public le samedi 26 juin ! L’entrée sur le site se fera au moyen d’un mot de passe communiqué aux personnes qui auront préalablement postulé au casting. Merci de votre compréhension !

Le service de Bus sera mis en place entre Lyon-Gare de Vaise et la DDC (15h00-17h00). Le retour se fera sur Bellecour peu après minuit, toujours en bus ou en co-voiturage, plus d’infos précises dans quelques heures
thierry ehrmann et Laurent Courrau

LES SOURCES OCCULTES 003/999 Finis Gloriae Mundi…

2010/06/03 Commentaires fermés

LES SOURCES OCCULTES 003/999
blog.ehrmann.org/films2/les-sources-occultes-003999.html

Entre effroi et merveilles, une zone mouvante aux portes du futur et des enfers…
Les Sources Occultes vous entraînent au coeur d’un univers polymorphe dont les clés et les motifs se révéleront au fur et à mesure des épisodes de cette série de fictions. En attendant un final apocalyptique, au sens premier du terme, qui révélera la structure générale sous la forme d’un long-métrage…

Les Sources Occultes offrent aussi une nouvelle porte d’entrée dans le labyrinthe multidimensionnel de la Demeure du Chaos à celles et ceux qui postulent à notre casting, une occasion unique de pénétrer les arcanes de l’esprit de la Salamandre. Réalisation Laurent COURAU Scénario thierry Ehrmann

La Demeure du Chaos ©2010 www.AbodeofChaos.org courtesy of Organ Museum www.organe.org

La Nuit Européenne des Musées a été un vrai bonheur, comme prévu, le Très Haut nous a exaucé, pas une seule goutte de pluie entre 19h00 et 01h00, appel direct avec le Ciel en P.C.V. ; du coup, Kurt a décidé de voir les infra-minces de la soirée, et vous livre son regard sur les passionné(e)s de la Demeure du Chaos qui sont de plus en plus baroques et décadents. Deux qualificatifs qui manquent cruellement en France. Comme quoi le Bonheur ou l’Enfer est à deux pas de chez soi…
Cliquez l’image pour voir la vidéo >>>
Ne jamais oublier que la Demeure du Chaos est une oeuvre au Noir. Ce court-métrage met en lumière l’alchimie des oeuvres à qui nous donnons du sens et du sang...
thierry :.

“Why?” is the first question I have been asked a thousand times by the visitors, stunned by the Abode of Chaos.

2009/12/09 Commentaires fermés

“Why?” is the first question I have been asked a thousand times by the visitors, stunned by the Abode of Chaos. The answer brings me back to the year 1999, as i found myself looking once again for this gnostic world, after the golden calf was devoured during the great pagan feast of the last century. Experience one more time this terrible ordeal and transcend through art to finally reach redemption. Rebirth through the very first damnation, this insanity we received at birth like a supreme unction. A maniacal fury, my sulphurous mistress and her mood disorders, will once again be my accomplice. She will bring my quill to life, for me to write a very long story, that emerges from the dawn of time, quenches its thirst in the Alchemical Chaos, materia prima of this tragic and sumptuous XXI Century, and incarnates itself in my flesh and creations and recover the world of the Dwellings of the Philosophers. The Great Work had to be accomplished, no matter what the price, no matter how loud the beggars’s howl, the vindication of the men in black or the moralists’s anathema. But many forgot that since the beginnings of law, there is no crime nor offence when the accused is in a state of insanity or constrained by an act of God. This dementia of artistic creation, the power of its creative madness have since milleniums made it possible for mankind to build temples, catacombs, mass graves, places of genuflexion, calvaries, labyrinths, Golgotha, oratories, via crucis sanctuaries, priories and cathedrals of light. Each of these words, dear faithful Reader, describes the Abode of Chaos and its dual aspect: the Spirit of the Salamander, the alchimic breath of the Abode. To your actual question, “why this darkness?” would therefore simply answer: “when you see the darkness, rejoice for the Opus starts now…”

thierry ehrmann

DU FACTEUR CHEVAL Á GAUDI SUR LES MURS DE LA DDC

2009/09/29 Commentaires fermés

LES ILLUMINATIS DANS FORTEAN TIMES

2009/09/24 Commentaires fermés

Illuminati

Un article à prendre avec des pincettes, comme beaucoup de choses sur Fortean Times, mais qui a néanmoins l’intérêt de résumer la somme de fantasmes gravitant autour de la méta-conspiration des Illuminatis.

Pour en savoir plus :

. Lien direct vers l’article sur Fortean Times

RICHARD KADREY A PROPOS DE SON DERNIER ROMAN, SANDMAN SLIM

2009/09/15 Commentaires fermés

Richard Kadrey

Dealers de rue, violence urbaine, pandémies, pénétration des technologies de l’information dans chaque instant de notre vie quotidienne, effondrement du système libéral… Injustement méconnu des amateurs de science-fiction, Richard Kadrey s’est placé dès 1988 comme l’une des voix les plus virulentes et les plus rebelles de la littérature cyberpunk avec son premier roman, Métrophage.

Il présente ci-dessous Sandman Slim, son dernier ouvrage sorti au printemps 2009 aux USA, dont on espère vivement une traduction française.  On peut encore trouver Métrophage et le très cataclysmique Kamikaze l’Amour traduit et publié en France par Denoël dans la collection Présences du futur.

Pour en savoir plus :

. Lien direct vers le site officiel de Richard Kadrey

BORDERLINE BIENNALE 999 – 12/09/09 : XENOMORPH-3 (seconde galerie)

2009/09/14 Commentaires fermés

Borderline Biennale 999 : Xenomorph-3

Borderline Biennale 999 : Xenomorph-3

Borderline Biennale 999 : Xenomorph-3

Borderline Biennale 999 : Xenomorph-3

Borderline Biennale 999 : Xenomorph-3

BORDERLINE BIENNALE 999 – 12/09/09 : XENOMORPH-3

PREVIEW : BORDERLINE BIENNALE

2009/09/09 Commentaires fermés

Vanitas : Nutrisco ET Extinguo

Vanitas : Nutrisco ET Extinguo

21.12.2012

21.12.2012

LE REVEIL DES SOURCES

2009/08/26 Commentaires fermés

reveilsources

« Puis tout d’un coup il y a eu un énorme grondement tout autour de nous, le ciel s’emplit de choses ressemblant à de gigantesques chauves-souris qui fondaient et piquaient sur nous avec des cris perçants, tandis que nous foncions, capote baissée à 160 et des poussières. » – Hunter S. Thompson, extrait de Las Vegas Parano.

01 Août 2009, 16 heures 30.

Deux années se sont écoulées depuis les événements extraordinaires précédemment relatés dans KiCHIGAI (voir Abode of Chaos’ Spirit, Musée de l’Organe – 2007).

Canicule, effet de serre, terrasses aux trois-quarts vides, les façades de la place des Terreaux s’effondrent comme une série de montres molles. Quelques rares touristes errent sur un parvis dont les dalles irradient sous la chaleur. Je m’aventure à mon tour. Comme poussé par une main invisible, un landau vient buter à mes pieds sur le rebord du trottoir. Vide. Le fils du Diable est retourné se promener sur le boulevard des Belges. Une iroquoise écarte généreusement les jambes au bord de la fontaine. Sa minijupe remonte sur ses cuisses, exhibant un string léopard. Tétons plaqués contre un t-shirt frappé d’un Christ en croix sur fond de circuits électroniques, la créature punk exsude une sexualité vorace. Nos regards se croisent, elle crache par terre.

Une berline grise stationne à la borne de taxi de l’angle de la rue du Président Edouard Henriot. Rapide coup d’oeil du chauffeur qui m’analyse, regard perçant à travers les vitres du véhicule. J’ouvre la portière et m’introduis avec soulagement dans l’habitacle climatisé. Nous échangeons un signe de tête, j’annonce ma destination.

– Je vous dépose vers le centre du village ?
– Oui, vers le centre, s’il vous plaît.
– Vous allez visiter la Demeure du Chaos ?

Je réponds mécaniquement que j’ai rendez-vous à la Demeure du Chaos, regrettant presque aussitôt mes mots.

– Ah ? Je suis en train de lire Un étrange témoin raconte et je suis impatient de rencontrer Monsieur Ehrmann…

La voiture s’ébroue en direction des bords de Saône. Rue d’Algérie, les boutiques sont vides. Les soldes ne font plus recette. SMIC à 1337,70 Euros, 30 années de dettes sur le dos pour un pavillon préfabriqué et une famille à nourrir. Tout ça pour s’éteindre à l’âge de la retraite, laminé par un cancer de la prostate. Les hobos de la Grande Dépression des années 30 avaient raison : rompre avec les illusions, déprogrammer la machine. La décroissance qui s’impose comme méthode de survie à l’échelle sociétale.

– Ils l’ont lâché ! Vous le savez, n’est-ce pas ? Ils l’ont lâché !

Injectés, les yeux de mon conducteur me fixent à travers le rétroviseur. Gêné, je souris d’un air vaguement entendu. Nous abordons la voie rapide, laissant Lyon et les pentes de Fourvière derrière nous. Une limousine noire nous double, frôlant de près notre véhicule. Le chauffeur grommelle quelques mots inintelligibles. Poliment, je le prie de répéter.

– Ils passent à travers la ville, ils traversent la matière comme des vers !

Rire forcé et nouveau mouvement de sourcils dans le rétroviseur. Je me détourne, préférant me concentrer sur le paysage. Les murs d’enceinte sont imposants, les pelouses vertes, lisses, immaculées. Pas un nain de jardin à l’horizon, l’impôt sur la fortune se passe de simulacres de plâtre. Un aviron file sur la rivière. Le soleil imprime les vaguelettes de son étrave d’une pluie d’étincelles. Délice de la bourgeoisie lyonnaise, on jurerait que le temps s’est arrêté dans la vallée. Le tumulte des crises mondiales à répétition, économiques ou pandémiques, m’apparaît bien lointain.

Des éclats de voix nous parviennent d’un attroupement sur les rives de l’Ile Barbe. On chante. Des silhouettes diffuses s’agitent autour d’une forme humaine maintenue au sol, des coups pleuvent. Plus loin, une carcasse de voiture achève de se consumer au pied d’une tour médiévale. Grasse, poisseuse, une fumée noire nappe la scène. L’odeur est pestilentielle. Instinctivement, le chauffeur ralentit. Sortant de la foule, un quinquagénaire bien mis se tourne vers nous et lève deux poings rouges, sanguinolents, d’un air de défi. Malgré la distance, l’homme dégage une sensation de puissance. Un mot me traverse l’esprit : CAC 40. Je constate avec soulagement que nous reprenons de la vitesse. Légère sensation de nausée sous l’accélération.

La litanie reprend.

– Le groupe Carlyle, la famille Sarkozy. Ils sont tous de mèche. Vous saviez que le demi-frère de notre président est le co-directeur des investissements du groupe ? Que celui-ci a été relancé par Frank Carlucci, un ancien de la CIA, à la fin des années 80, et que ce sont tous des proches de la famille Bush qui pactisait elle-même sous prétexte d’anti-communisme avec le révérend Moon ?

J’acquiesce en haussant les épaules. Nous passons devant la façade chamarrée du restaurant de Paul Bocuse. Trous de vers, rituels sataniques, magie noire / magie de pouvoir au sommet de Cologny et énièmes dimensions spatio-temporelles, je ne connais que trop bien le folklore paranoïaque. Les excités de la conspiration commencent toujours par les hauts-fonds affairistes avant d’enchaîner sur les grands sauriens polymorphes qui dirigent notre planète à l’ombre des tours.

La sensation de malaise revient, s’ancrant au plus profond de mon estomac.

– … de l’intérêt de cette nouvelle topographie numérique pour les militaires ! Vous me suivez ? A contrario, prenez le cas de milices américaines, comme la milice du Montana ou encore de Timothy Mc Veigh, le gamin qui a fait exploser l’immeuble du FBI ! Ah, ils peuvent multiplier les décrets, empiler les serveurs, mais il est déjà trop tard. On ne pourra plus faire machine arrière ! La boite de Pandore est ouverte !

La tête me tourne. Plus qu’une seule envie, arriver à Saint-Romain-au-Mont-d’Or et sortir de cette voiture. Un câble tombé du plafond se balance devant mes yeux. Je le suis du regard. Tout devient très flou, je me sens partir, aspiré. Des vagues d’images m’assaillent ; machines-outils, lueurs de forges industrielles et hurlements des plaques de métal qui s’écrasent, cabossées, déstructurées. Flash-backs en rafale. Un poste-frontière dans la poussière du désert libyen. Le portrait du colonel Mouammar al-Kadhafi s’évente sur une bannière lacérée. À ses pieds, un chien famélique tente vainement de chasser les mouches qui le harcèlent. Le cadavre d’un brahmane barre un trottoir de Madras. Un pan du Mur s’écroule à la lumière des lampes au tungstène sous les cris et les applaudissements de la foule. Mes orteils se crispent à l’intérieur de mes chaussures. Un, deux, trois, nous irons au bois. Les massifs rocheux des Monts d’Or nous contemplent. Alice dévisse au pays des merveilles. D’épaisses gouttes de sueur roulent jusque sur mes paupières. Taille fine, croupe cambrée, une jeune blonde mime la délectation en étalant le foutre sur ses globes siliconés. Son menton perle à la porte du bunker. Plongée sur une main gantée de blanc qui ausculte une série de corps enveloppés sous des bâches de plastique translucides. Un crâne géant me fixe entre deux containers, impassible sur son lit d’herbes folles. Les eaux rouges de la piscine grouillent d’une présence inquiétante…

… Réveil en sursaut. Le moteur décélère. Sensation de freinage, la voiture s’arrête devant le portail, à trois pas du portrait d’un Japonais joufflu aux cheveux filasse. Shōkō Asahara, le fondateur de la secte Aum, cerveau d’un attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo. Le soleil s’est couché. Une sueur glacée creuse mes reins. Le chauffeur se retourne vers moi et s’empare de mon poignet, le visage déformé par la démence.

– Moi aussi, je veux traverser le miroir ! Cet endroit… Les eaux montent ! Il le sait, il les observe. Ne perdez jamais les eaux de vue, ce sont elles qui vous livreront les premiers signes. Il faut surveiller le réveil des sources sous la Demeure, c’est la clé de tout ce qui va suivre.

M’arrachant à son emprise, je lui jette une poignée de billets et m’extirpe précipitamment de l’engin. Le sol oscille sous mes pas, un dogue allemand m’observe avec curiosité de l’intérieur des grilles. Ambiance, il tient dans sa gueule une réplique de mine anti-personnelle. Coup de sonnette, grésillement de la communication :

– Euh, bonjour… j’ai rendez-vous avec Thierry Ehrmann.

KiCHIGAI

2007/11/21 Commentaires fermés

kichigai

Tout avait commencé quelques semaines auparavant par un cas de combustion spontanée devant le Théâtre National Populaire…

21 novembre 2007, 00 heures 00.

Là-haut, dans les airs, sur les flancs de la cathédrale Saint-Jean, à l’épicentre du vieux Lyon alchimique, une gargouille ricane à la vue des humains qui gesticulent dans la lueur rougeâtre du soleil couchant. Leurs ombres s’étirent démesurément, déjà spectrales, sur les pavés de roche volcanique. Au loin, des colonnes d’une fumée noire, graisseuse, s’élèvent des hauteurs de la Croix Rousse. Les incendies ne décélèrent pas depuis trois jours. L’atmosphère suinte. On assiste sur les bords du Rhône à une multiplication des scènes d’hystérie, des septuagénaires aux yeux révulsés par une extase impie hurlent comme des possédés à la lueur des braseros. Ridés, exsangues, squelettiques, les vieillards s’arrachent les cheveux par poignées, se déchirent le visage jusqu’au sang. Une fillette les observe d’un air impénétrable, dissimulée derrière sa tignasse pouilleuse. Un sourire illumine son visage, sa courte jupe blanche ondule au gré du vent. Des larmes de joie coulent sur son visage émacié. À intervalles réguliers, un corps épuisé, déformé par l’âge, roule jusque dans l’eau boueuse avant de dériver et de sombrer dans les profondeurs du fleuve. Dans toute la ville, les luminaires sont hors d’usage, imposant de facto un couvre-feu ténébreux. Effrayée par un brusque déferlement de sirènes, une colonie de pigeons grisâtres se réfugie à tire d’ailes sur les hauteurs environnant l’hôtel de ville. Éclats des phares, reflets fugitifs sur la chaussée détrempée, un cortège d’ambulances traverse bruyamment l’esplanade, prêt à déverser sa cargaison de blessés devant l’entrée principale de l’Hôtel-Dieu. Les émeutes de la périphérie sud-est génèrent leur lot quotidien d’estropiés. Autant de promesses d’amputations sanglantes pour les équipes des blocs opératoires qui croulent sous la demande depuis plusieurs mois. L’incinérateur de l’hôpital tourne en surrégime. Reconnaissables entre mille à leurs cornettes noires, les sœurs de la Sainte Mort dirigent les infirmiers qui s’affairent au-dessus des brancards. L’une d’elles se saisit d’un balai qu’elle agite avec véhémence pour repousser une horde de rats appâtés par l’odeur des plaies putrescentes.

Chaque jour, des foules plus importantes s’agglutinent dans les rues engorgées de Saint-Romain-en-Mont-d’Or avec l’espoir d’approcher l’enceinte de la Demeure du Chaos. La rumeur populaire relayée par les rares médias encore opérationnels prête au domaine des propriétés miraculeuses, les plus exaltés allant jusqu’à en faire le siège d’un renouveau christique. Vingt-quatre heures plus tôt, un prédicateur s’est encore immolé par le feu sur un tas de poubelles, l’odeur de sa chair calcinée flotte encore dans les rues du village, mélangée aux effluves douceâtres de kérosène incrustés dans le plastique des conteneurs fondus. Un gamin se balance comme endormi, contre un parapet. Un filet de bave coule sans discontinuer sur son justaucorps. Ses yeux éteints au regard vide, débile, papillonnent sans but. Impassible, la foule le contourne, sans lui accorder la moindre attention. Les esprits sont ailleurs, anxieux, concentrés dans l’attente d’un signe. On se pousse, on se bouscule, des corps tombent sous la pression, s’écrasent contre les grilles et disparaissent, aussitôt ensevelis. Instantanés de faciès piétinés, déformés par la douleur. La tension croît, une clameur enfle.

– La Source ! Pitié, par pitié, laissez-nous accéder à la Source ! Nous voulons l’Eau, laissez-nous accéder à l’Eau Sacrée !

Menée par un géant, une équipe cagoulée repousse les téméraires qui tentent de franchir les murs. À dix-huit heures cinquante-cinq, une pluie de cendres anthracite s’abat doucement sur le site. Les particules flottent, menaçantes dans leur mollesse. À dix-neuf heures précises, une silhouette sombre se découpe sur la plateforme faîtière éclairée au néon industriel. Deux dogues colossaux conduits par deux succubes vêtues de cuir noir l’entourent, la disposition de leur quintette formant un pentagramme parfait. L’excitation est à son comble. Transports chaotiques, scènes de transe, ruts. Une jeune femme déchire ses vêtements pour s’offrir à son entourage immédiat. Le geste provoque une orgie impromptue, on frôle l’émeute. Là-haut, l’un des molosses hurle, comme pour exiger le silence. Tous s’interrompent. Les hommes obéissent à la Bête. De l’index et du majeur, l’Alchimiste désigne calmement l’éther où trône l’étoile du berger. L’assistance s’interroge sur la signification de ce geste. Quelques instants passent, puis un éclair traverse la voûte céleste, suivi d’une boule de feu qui éclaire d’un soleil brutal et crépusculaire l’agglomération lyonnaise. Un Airbus A380, le plus gros avion civil jamais conçu et le troisième plus gros avion de l’histoire de l’aviation, vient d’exploser, percuté par un missile sol-sol guidé aux infrarouges. L’onde de choc bouscule toutes les créatures vivantes présentes sur son passage. Au milieu de la multitude agglomérée devant les grilles, une mère de famille vomit par longs jets une bile écarlate et pâteuse, sans pour autant relâcher son étreinte sur ses deux enfants. Ses déjections tapissent le sol à leurs pieds. Ils fixent avec terreur le bâtiment qui se met à vibrer. Les visages blafards peints à même la pierre sur les murs carbonisés prennent un relief inattendu. Leurs orbites vides saignent, s’illuminent. Ils s‘incarnent dans la réalité de la masse pour entonner un cantique désaccordé. Blasphématoire, la litanie monte dans la nuit, reprise avec solennité par la cohorte de damnés massés sur le bitume.

Une transe funèbre gagne l’assemblée. Elle ondule au rythme de la mélopée, la transmutation s’opère. Et aux premières lueurs de l’aube, un nouveau monde accouche, humide et souillé, de l’entrecuisse béant du néant.

* Kichigai signifie « fou » en japonais. Le mot est composé de « ki » ou « énergie » qui signifie « esprit » et de « chigai » qui signifie « différent ». Littéralement : une personne qui pense différemment est folle.

Mille fois la première question de mes visiteurs abasourdis par la Demeure du Chaos est “Pourquoi ?

2006/12/09 Commentaires fermés

Mille fois la première question de mes visiteurs abasourdis par la Demeure du Chaos est “Pourquoi ?”. La réponse me replonge en 1999 quand, après avoir dévoré le veau d’or dans le grand festin paganiste du siècle dernier, je cherchais à nouveau ce monde gnostique. Ma seule rédemption passait de nouveau par cette terrible épreuve, renaître par ma damnation première, la démence que l’on reçoit comme une onction suprême à la naissance pour se transcender dans l’art. Cette fureur maniaque, ma sulfureuse maîtresse, sera de nouveau ma complice avec ses troubles de l’humeur. Elle donnera la vie à ma plume pour écrire une longue, une très longue histoire qui naît de la nuit des temps, s’abreuve du chaos alchimique, prima materia de ce XXIe siècle tragique et somptueux pour s’incarner dans ma chair et mes oeuvres et retrouver le monde des demeures philosophales. Il fallait accomplir ce Grand OEuvre, quel qu’en soit le prix, le hurlement des gueux, la vindicte des hommes en noir, l’anathème des moralistes. Mais tous oubliaient que depuis la naissance du droit, il n’y a ni crime ni délit lorsque le prévenu est en état de démence ou contraint par une force majeure. Cette démence de l’acte artistique, cette force majeure qu’est la folie créatrice permet à l’homme depuis des millénaires de bâtir des temples, des catacombes, des charniers, des lieux de génuflexion, des calvaires, des labyrinthes, des Golgotha, des oratoires, des chemins de croix, des sanctuaires, des prieurés, des cathédrales de lumière. Tous ces mots, fidèle lecteur, désignent la Demeure du Chaos dont la dualité est l’Esprit de la Salamandre, le souffle alchimique de la Demeure. Alors, à ta véritable question, “pourquoi cette noirceur ?”, je te réponds simplement : quand tu verras la noirceur, réjouis- toi car c’est le début de l’OEuvre…

thierry Ehrmann

NUTRISCO ET EXTINGUO, L’ESPRIT DE LA SALAMANDRE

1999/12/09 Commentaires fermés

« Marquage, brûlure, signature, marche, trace, démarcation, frappe, écriture, transmutation, codage, blason, tatouage, scarification, rite, symbole, langage, signe de guerre, lecture, paraphe, sceau, timbre, cachet, mark, code, injonction, attribut, chiffre, cicatrice, cryptogramme, emblème, manifestation, idéogramme, sigle, stigmate, témoignage, trait, algorithme, allégorie, figuration, hiéroglyphe, incarnation, mystère, métaphore, nombre, métamorphose, transfiguration, arcane, sens sacré, monogramme… sont les mots et coutumes revendiqués par les auteurs pour définir ce travail de plusieurs années constituant les œuvres originales intitulées “nutrisco et extinguo, l’esprit de la salamandre”.

9 décembre 1999 – 1999/12/09