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thierry Ehrmann – Voyage au bout de la nuit

2018/06/05 Commentaires fermés

Fin dialecticien, homme d’une grande spiritualité, artiste plasticien féru de l’histoire de l’art, Thierry Ehrmann a érigé en deux décennies le leader mondial de l’information sur le marché de l’art (4,5 millions de membres dans 72 pays). Passionné et passionnant, le président directeur général d’Artprice.com nous retrace son parcours atypique. Entretien fleuve. (Entreprendre.fr)

thierry Ehrmann

thierry Ehrmann

Que retenez-vous de votre jeunesse ?

Mon enfance fut marquée par une formation chez les jésuites nommés les soldats de Dieu, puis chez les dominicains, redoutables négociateurs attestant d’un contournement intellectuel extrêmement rare et aiguisé. Mon enfance fut d’autant plus particulière que mon père, ancien polytechnicien à la retraite, docteur en droit et grand croyant, était un membre de l’Opus Dei influent.

Après Vatican II, l’Église ayant décidé de mettre fin aux biens ostentatoires, mon père avait été mandaté par le Vatican pour fermer les écoles princières, les palaces et autres lieux vains et inutiles qui ne représentaient plus l’esprit qui soufflait dans la foulée de Vatican II. Nous avons voyagé aux 4 coins du monde pour mettre un terme à ces lieux qui appartenaient à l’Eglise. J’ai ainsi pu découvrir le monde, et observer qu’à l’époque, le latin était la langue des affaires et non l’anglais.

J’ai eu l’occasion de faire le tour du monde une première fois durant mon enfance, puis une seconde fois entre 16 et 20 ans. J’ai écumé tous les pays à l’exception de 2 ou 3 pays exotiques.

 

Quels enseignements tirez-vous de ces voyages ?

Les voyages sont vains et inutiles. Le plus long voyage est celui que l’on fait dans sa tête. Au terme de 20 ans de démarche analytique freudienne, suivis de 8 ans de démarche lacanienne, je suis convaincu que le voyage physique est une fuite en avant dans laquelle on s’exile avec ses névroses et ses psychoses. C’est précisément l’histoire des miroirs grossissants, la fuite à l’extérieur est un véritable syndrome de Stendhal qui ne fait qu’amplifier le phénomène.

Si les évangiles de Luc et Matthieu affirment «  nul n’est prophète en son pays », pour autant, nous sommes le fruit d’une éducation, d’une culture et d’un climat. C’est sur nos terres que nous nous faisons, nous défaisons et nous reconstruisons. Je n’ai jamais vu d’exil heureux. J’ai eu la chance de rencontrer des monstres puissants qui ont dominé le XXème siècle et qui pour certains se sont éteints depuis. J’en ai conclu que tout exil est soumis à un éternel retour.

Celui qui s’isole en haut de la montagne ne cherche que le retour à l’exil, l’acte de solitude correspondant à la volonté de mieux revenir. Pour moi, le mythe de l’ermite n’existe pas, l’ermite est quelqu’un qui prépare son retour en scène, il n’est un mythe qu’en projection de son futur retour. Nous devons affronter nos démons frontalement sous peine qu’ils reviennent toujours.

 

Quel est votre moteur dans la vie ?

La passion pour l’art que je mets dans Artprice et le musée que j’ai fondé. Je suis artiste plasticien inscrit à la Maison des Artistes depuis 35 ans. Dès 1999, j’ai voulu faire vivre mes œuvres dans le premier musée privé immatriculé au RCS : Le Musée L’OrgAne, que j’ai érigé comme siège social d’Artprice, coté sur le marché réglementé. Ma passion pour l’histoire de l’art, en 20 ans, m’a servie à bâtir le Leader mondial de l’information sur le Marché de l’Art.

Ce travail titanesque fut synthétisé par la Ministre de la Culture lors de sa visite chez Artprice par cette phrase « Vous vous êtes subrogé en lieu et place à une mission supra-étatique de conservation de l’histoire du marché de l’art ». En effet, il est nécessaire de poser quelques chiffres qui démontrent le travail herculéen réalisé : Artprice est devenue en 20 ans le Leader mondial des banques de données sur la cotation et les indices de l’Art avec plus de 30 millions d’indices et résultats de ventes couvrant plus de 700 000 Artistes.

Avec Artprice Images, elle permet un accès illimité au plus grand fonds du Marché de l’Art au monde, bibliothèque constituée de 126 millions d’images ou gravures d’œuvres d’Art, de 1700 à nos jours, commentées par ses historiens.

Au quotidien, Artprice enrichit en permanence ses banques de données en provenance de 6300 Maisons de Ventes et publie en continu les tendances du Marché de l’Art pour les principales agences et 7200 titres de presse dans le monde. Ce n’est pas pour rien qu’Artprice compte 4,5 millions de membres dans 72 pays.

 

En quoi avez-vous introduit une profonde révolution dans le marché de l’art ?

Raymonde Moulin, célèbre sociologue et historienne de l’art, surnommée « la Papesse », m’a interpellé il y a une dizaine d’années en m’indiquant qu’Artprice avait définitivement modifié l’histoire du marché de l’art de manière irrévocable en s’inscrivant elle-même dans l’histoire de l’art. Effectivement, on note depuis 20 ans une mutation sans pareil. Laissons parler les chiffres quelques secondes.

Les leviers d’une telle mutation passent par la facilité d’accès aux informations sur le Marché de l’Art, la dématérialisation des ventes – le tout sur Internet avec 98% des acteurs connectés- la financiarisation du marché, l’accroissement des consommateurs d’art (de 500 000 à l’après-guerre à 90 millions en 2017), leur rajeunissement, l’extension du marché à toute la Grande Asie, à la zone Pacifique, à l’ Inde, à l’Afrique du Sud, au Moyen-Orient et à l’Amérique du Sud.

Cette mutation passe aussi par l’industrie muséale qui est devenue une réalité économique mondiale au XXIème siècle. En effet, il s’est construit plus de Musées entre 2000 et 2014 que durant tous les XIXème et XXème siècles, soit 700 nouveaux musées par an. Cette industrie dévoreuse de pièces muséales est l’un des facteurs primordiaux de la croissance spectaculaire du Marché de l’Art. Le Marché de l’Art est désormais mature et liquide.

Le Marché de l’Art est devenu un marché efficient, historique, mondial et dont la capacité à résister aux crises économiques et géopolitiques n’est plus à démontrer. Il surperforme depuis 18 ans les principaux marchés de placement de manière incontestable.

 

 

Vous avez fondé votre musée, au cœur-même d’Artprice qui analyse le marché de l’art. Que s’apportent-ils mutuellement ?

Aujourd’hui, Le Musée d’Art Contemporain L’Organe qui gère la Demeure du Chaos / Abode of Chaos compte 5 400 de mes œuvres, principalement des sculptures monumentales de plusieurs dizaines, voire centaines de tonnes, dont les thèmes abordent notre siècle tragique et somptueux.

Mes 5 400 œuvres baignent dans une totale alchimie avec Artprice et le Groupe Serveur, pionnier de l’Internet et des banques de données depuis 1987. Il est évident qu’Artprice, en tant que Leader mondial de l’information sur le Marché de l’Art ne pouvait rêver mieux que d’avoir comme siège social le célèbre Musée d’Art Contemporain L’Organe, gérant la Demeure du Chaos. Il faut préciser que ce musée est classé en région Rhône-Alpes, de manière incontestable, comme premier musée d’art contemporain privé, avec 120 000 visiteurs par an, dont 25 % hors France.

 

Quel est votre rapport à la franc-maçonnerie ?

J’ai eu l’opportunité d’y rentrer très jeune – à l’âge de 23 ans – et de devenir membre de la Grande Loge Nationale de France. Cette loge déiste me semblait intéressante car porteuse d’une philosophie assez ouverte. On nous appelait les « Anglais » car nous dépendions de la Grande Loge de Londres ou encore les « Romains.

J’ai été l’un des premiers à aborder le thème dans un Envoyé spécial sur France 2 qui m‘était consacré. J’ai 32 ans de loge et je dois dire qu’avec le recul, pour avoir visité de multiples courants ésotériques à travers le monde, je dois admettre que la franc-maçonnerie  est le modèle philosophique le plus stable, le plus humain, et qui, contrairement à ce que l’on croit, peut par son concours amener aux grandes questions éthiques de ce siècle.

Lorsqu’on possède un mandat public, nous devons pratiquer la méthode anglo-saxonne de déclarer notre appartenance afin d’éviter les fantasmes des fraternels dévoyés et nous permettre au contraire de nos ouvrir à des réceptions d’air plein d’humanisme et de talents.

Mon père, polytechnicien et Docteur en Droit, comme moi-même et mes deux fils avons une maladie neurodégénératives très importante et ma démarche depuis 32 ans par le temple et les voyages initiatiques me permettent d’assumer ces terribles douleurs et de rester les yeux ouverts vers le ciel toujours curieux et émerveillés de ce nouveau monde.

 

Qu’entendez-vous par visite initiatique ?

J’ai suivi par plaisir un cursus universitaire de théologie qui m’a permis d’étudier différentes religions et notamment la religion juive. J’ai pu échanger avec le Rav Pinto, tout en étant goy et catholique. Un de mes meilleurs amis, décédé depuis, était un grand psychiatre juif. Cet homme brillant a sombré dans la folie et est devenu écrivain et ermite en Israël.

Son parcours était captivant car il avait étudié la Torah, le Talmud et le Zohar, que l’on retrouve dans les loges maçonniques haut gradées. Je m’imagine à la place de l’autre et ce qu’est l’autre. C’est une de mes méthodes de gouvernance dans la mesure où je ne donne jamais un seul ordre. Je pense que donner un ordre affaiblit considérablement, l’ordre étant une perte de sens.

En Asie, l’ordre n’existe pas, le regard suffit à imprimer ou à donner le sens même dans lequel il faut aller. J’ai toujours eu des passerelles absolument transparentes entre ma vie privée et ma vie professionnelle. J’admire ou je suis dubitatif en fonction des jours des gens qui cloisonnent ces deux univers. Lorsque l’on est passionné, il est difficile, voire impossible, de conserver cette étanchéité.

J’ai toujours cultivé une totale transparence avec mes fils qui ont désormais plus de 30 ans en provoquant très rapidement le meurtre du père. Le père est aussi quelqu’un qui a ses fragilités, ses névroses… Mes enfants ne sont pas la continuité de moi, ils ont un parcours authentique, singulier, et il n’existe aucune projection.

 

Quel regard portez-vous sur l’Europe ?

Je lisais dernièrement les écrits de Nicolas Baverez sur la décadence de L’Occident et le projet européen. Dans les années 80, j’avais une cinquantaine de sociétés dont chacune portait le préfixe « Europ » (Europe Numéris, Europe Juris, etc). J’ai beaucoup cru au projet européen de Jean Monet mais je considère aujourd’hui que c’est la plus grande catastrophe industrielle, politique et économique.

Nous avons fait l’Europe en dépit du bon sens et nous avons gâché quelque chose d’historique qui avait dix millions d’existence. Le traité de Lisbonne signé en 2007 est pitoyable, c’est un traité que l’on signe en fin de nuit lorsque les parties sont usées et souhaitent en finir. J’ai découvert, si l’on compte les grandes régions, que c’est en réalité 108 parties qui doivent s’accorder lorsqu’il y a une adoption à prendre.

Il est déjà extrêmement difficile d’obtenir l’accord de tous les sociétaires ou tous les mandataires au sein d’une holding, alors imaginez ce qu’il en est pour la grande maison Europe. Le système était voué à l’échec.

 

Comment auriez-vous imaginé l’Europe ?

J’aurais imaginé une Europe médiévale organisée en régions afin de favoriser une transversalité. Il aurait fallu mettre un terme en France à ce jacobinisme colbertiste ou ce jacobinisme high-tech qui consiste à tout concentrer. La concentration constitue pour moi une énorme erreur. L’Europe aurait pu nous aider à réaliser l’Europe des régions, porteuse de sens et productive. Rappelons à titre d’exemple que la région Rhône-Alpes est plus grande que la Suisse et représente environ 11,6 % du PIB français. Nous avons des capacités importantes mais il existe une perte d’énergie énorme.

J’imagine une Europe généreuse. L’Europe avait une très belle histoire mais elle s’est vidée de son sens, elle n’est pas atlantiste, on ne peut pas même parler d’une Europe de l’OTAN. Cette Europe a tout perdu jusqu’à la vision de ses fondateurs qui la projetaient de l’Atlantique à l’Oural avec une ouverture vers l’Ukraine. Il était question d’une Europe ouverte s’étendant naturellement jusqu’à Moscou. Les Russes sont furieusement occidentaux. Concernant la Turquie, bien qu’éprouvant un profond respect pour l’Empire ottoman et la Sublime Porte, nous devons convenir qu’aujourd’hui, la Turquie est tout sauf laïque.

L’idée, à travers l’Europe, aurait été de simplifier le tout en imaginant un marché unique dans lequel on essaye de parler la même langue et le même droit des contrats. Le droit accompagne la culture, il est la pacification de la guerre. On dit communément que lorsque les armes se taisent, le droit parle. Lorsque les hommes contractent, c’est que la guerre a cessé et qu’ils échangent. Le droit a donc une valeur capitale mais au lieu de faire un droit européen, on s’est arrangé pour produire des directives internes qui devenaient un quatrième degré de juridiction propre à notre pays.

Après avoir rédigé de multiples rapports, commission sénatoriale etc, j’ai décidé de cesser toute navette parlementaire ou sénatoriale. J’ai vu des choses hallucinantes qui visaient à renforcer notre protectionnisme et à attiser le sentiment anti-européen. L’idée était de faire en sorte d’embêter les autres par tous les moyens. La réforme des ventes publiques est un exemple parlant, elle a fait l’objet d’une première réforme en 2011 avant d’être de nouveau amendée, nous en sommes à présent à la modification de la réforme exposant trois.

Face à l’absence d’effort des différents acteurs, l’Europe est devenue ce monstre administratif dans lequel on ne connaît pratiquement aucun commissaire. Le Tafta compte entre 800 et 900 négociateurs, alors que l’Europe n’en dispose que d’une quarantaine. La puissance de feu joue énormément. C’est dommage car nous avions un très beau projet mais il est grand temps d’arrêter les frais.

 

Quelle révolution majeure sommes-nous en train de vivre ?

Nous sommes désormais passés à une phase de mondialisation que les gens n’ont pas vu venir et anticipée. Nous sommes dans un changement de paradigme qui se produit environ tous les 3 ou 4 siècles, nous assistons à une véritable compression de l’espace-temps. J’ai eu la chance d’avoir Paul Virilio comme intervenant, ce dernier a beaucoup travaillé sur la notion d’accident et d’espace-temps. Une civilisation était considérée comme supérieure à une autre lorsqu’elle allait plus vite.

Rome a eu la suprématie sur Athènes car ils annonçaient le début ou la fin d’une guerre grâce à un cavalier alors que l’autre était encore à pied. Nous sommes arrivés à une optimisation absolue de la notion d’espace-temps et à une telle célérité qu’aujourd’hui, la notion même de logistique ne vaut plus rien : un container transporté entre Shanghai et le Havre coûte 400 dollars.

La mondialisation est une réalité et Internet l’a confirmé. Le législateur, nos élus et tous les États nations n’avaient pas réellement réfléchi au problème de la mondialisation.

 

 

Comment construire une histoire dans une société de l’immédiateté ?

Twitter a introduit la génération 280 caractères. Robert de Vogüé, grand financier entre autres anciennement chez JPMorgan et KBC Bank me confiait que désormais, les gens ne lisent plus que le titre dans les communications financières. Il existe une certaine facilité et lâcheté que de résumer et réduire à un titre un flux d’information constant et régulier même s’il est évident que les gens ne peuvent pas tout absorber. Trop d’information tue l’information et désormais la notion de courage et de prise de risque n’existent plus. Certains paysans ont plus de bon sens que des polytechniciens ou des énarques et sont parfois capables d’articuler un raisonnement solide et bien étayé que des gens très diplômés ne sont pas capables de conduire.

 

Quelles sont les spécificités de la Chine ?

Nous étions associés avec l’état chinois que beaucoup taxent de « démocrature ». Cela fait 30 ans que nous travaillons avec la Chine et j’ai réfléchi significativement au sujet. Bon nombre de personnes ont des idées reçues sur la Chine mais elle est cependant la première puissance mondiale et il ne faut pas oublier que la Chine a 7 000 ans d’ancienneté durant lesquels ils ont eu cette position au coude-à-coude avec l’Inde.

Gandhi a commis l’énorme erreur de créer une sorte d’autonomie propre à l’Inde. Aujourd’hui, l’Inde accuse un retard de 30 ans dans la mondialisation et est complètement en marge. Si l’Inde est prétendument la plus grande démocratie, il n’en demeure pas moins que les castes persistent, que la corruption perdure et que c’est un pays à des années-lumière de la modernité.

Le coup de génie des Chinois consiste à avoir fait de l’Inde l’atelier du monde. Grand nombre de mes amis insistent sur le fait que lorsque Chine arrivera à 700-800 dollars de salaire moyen pour les cadres – ce qui est désormais le cas – elle-même mettrait un genou et rentrerait dans une logique occidentale.

La Chine, dont le pragmatisme est sans égal, a trouvé l’Inde comme atelier du monde, la Chine devenant non plus l’usine du monde mais les ateliers de recherche et développement du monde. Ils se sont ainsi assurés une certitude pendant pratiquement 20 ans et ont pris le contrôle de la zone grande Asie : de Singapour à la Corée, au Vietnam, à la Birmanie… La Chine s’inscrit dans une logique de suprématie absolue.

Par nature, celui qui envahit – le barbare – amène également une forme de culture même si cela se fait dans le sang et la violence. La culture des barbares a toujours amené du sang nouveau et a permis au fil des siècles de régénérer et modifier les royaumes et les comtés. Le cas de la Chine est assez extraordinaire et unique au monde.

La Chine a toujours sinoïsé l’ennemi et fait en sorte, quelques soient les invasions, que les barbares deviennent de culture chinoise. La Chine n’a jamais envahi quiconque à l’exception du Vietnam mais pour des raisons plus complexes et ils n’ont jamais eu de flottes de guerre. Leur vraie force aujourd’hui est d’être toujours dans cette même logique. Ils ont une compréhension occidentale de la mondialisation, de l’économie et de l’OMC mais ils ont la capacité d’être un tout.

J’ai rencontré des opposants au régime mais ils faisaient cependant tout pour la mère patrie. On ne se rend pas compte de la force extraordinaire de la diaspora chinoise, ils arrivent à se projeter jusqu’à la quatrième ou la cinquième génération alors que nous ne dépassons pas les deux générations. Nicolas Baverez indiquait que les démocratures ont la chance ne pas céder à la facilité de la démocratie qui consiste à aller chercher des voix juste avant les élections et de légiférer et réglementer à tour de bras pour satisfaire l’opinion du dernier fait divers.

 

Comment expliquez-vous la déconstruction de notre démocratie ?

Juriste de père en fils depuis des générations, je suis atterré par cette profonde déconstruction alors que le droit français était reconnu comme l’un des meilleurs droits au monde. Nous sommes en implosion totale, de nouveaux textes viennent massacrer les anciens et les codes de procédures pénales et civiles s’entrechoquent. Nous avons sabordé trois siècles de construction intellectuelle du droit. Le droit est à la fois littéraire et mathématiques, il est l’épreuve du temps.

 

Comment imaginez-vous l’avenir ?

Désormais, l’infiniment subsidiaire est devenu le principal et l’élément focalisant est devenu l’infiniment subsidiaire. C’est toute l’histoire de la presse d’aujourd’hui. Nous avons mis un terme à l’état d’urgence, dont acte. Nous avons fait un certain nombre de codes de procédures et de droit pénal de sorte qu’aujourd’hui, nous nous situons au-delà de la plupart des dictatures en matière de droit.

Nous évoluons dans une société où les juges ont perdu tout contrôle, même le procureur, qui est censé être le chef de la police, est écarté de nombreuses procédures. Le célèbre écrivain Jean Rostand déclarait être optimiste quant à l’avenir du pessimisme. Je trouve cela dommage car nous avons tout pour être heureux : jamais la science n’a été aussi loin, jamais nous n’avons franchi de telles limites en termes de recherches et de découvertes et nous avons du bonheur à amener à l’humanité.

L’homme dispose d’outils et il est presque sur la marche du temple divin : nous savons lire les lignes de l’ADN, l’intelligence artificielle est en pleine essor et nous avons une maîtrise et une réponse à beaucoup de nos questions existentielles alors que nous sommes dans un contexte catastrophique.

 

Qu’est-il en train de se jouer sur le plan « historique » ?

Nous nous inscrivons dans un contexte de mondialisation mais pour autant, nous refusons de comprendre les articulations de l’histoire et de dénouer leur complexité en privilégiant une lecture simpliste et définitivement manichéenne.

A mon sens, les attentats du 11 septembre incarnent un nouveau point de départ l’ouverture du 21ème siècle. Les ruines du 11 septembre ne s’adressent pas uniquement aux Américains mais également Européens. Francis Fukuyama avait déclaré avant de se rétracter que la chute du mur de Berlin consacrait la « fin de l’histoire », et que la démocratie devenait perpétuelle. Cette théorie tuait l’idée même d’histoire dans ce qu’elle a de violent et d’impromptu. L’histoire est par nature soudaine et non prévisible. Le 11 septembre fut un événement soudain et non prévisible qui nous a ramenés à la réalité selon laquelle l’histoire peut exploser à tout moment. Le 11 septembre marque la défaite de l’Occident et de notre suprématie. L’Occident s’est quasiment tout arrogé au cours du XXème siècle, la démocratie, le bon goût, l’art… Si l’on considère l’Histoire, qu’est-ce qu’un siècle sur 6000 ou 7000 ans d’humanité ?

 

Quelle est la gravité de la situation dans laquelle se trouve la France ?

Si l’Europe est malade au sens des grands continents, je pense que la France est l’un des pays les plus malades d’Europe. Le pays est dans une déconstruction beaucoup plus grave que l’on ne l’imagine et on se refuse à voir les réalités en face.

Aujourd’hui, l’ascenseur républicain est cassé mais surtout science et progrès ne riment plus avec bonheur, peut-être pour la première fois dans l’humanité. Le progrès était toujours synonyme de source de bonheur alors que désormais, ce n’est plus le cas, il devient source de flicage, et plus personne ne pose des barrières.

Je connais très intimement la culture cyberpunk et la culture de la science-fiction que l’on a ensuite désigné par films d’anticipation. J’ai une cinémathèque d’environ 50 à 60 000 films : des courts métrages, des films d’essai, des tentatives cinématographiques avortées, j’ai même récupéré des films qui ne sont jamais sortis.

Depuis pratiquement 10 ans, plus aucun film de science-fiction ne sort car tout a été pensé et que désormais la réalité a dépassé la fiction. La notion de déplacement dans l’espace-temps est la seule chose qui appartient encore au domaine de la science-fiction, il est étudié mais pour l’heure, il n’a encore été réalisé qu’à travers des électrons.

En dehors de cela, tout a déjà été traité. Mon père disait que Jules Verne avait été le premier auteur de science-fiction. Je pars du principe que tout ce que l’on écrit en projection et en scénario appartient déjà au domaine de l’acquis. Da Vinci désignait l’art comme « une chose mentale » (cosa mentale). Il m’arrive souvent de me faire violence dans mes œuvres, je vois le volume, je le modélise et ensuite il faut incarner ce volume parce qu’on est humain. On ne peut penser que ce qui existe.

 

L’intelligence artificielle est-elle un danger ?

L’intelligence artificielle existe en réalité depuis 30 ans, les établissements bancaires utilisaient déjà des algorithmes, sans parler du THF… Les outils d’aide à la décision, le datamining et la business intelligence existent depuis longtemps.

Arrêtons de galvauder et de diaboliser l’intelligence artificielle, nous avons presque le sentiment que nous accouchons d’une nouvelle religion alors qu’elle existe depuis fort longtemps.

 

En quoi et comment votre groupe a-t-il toujours été avant-gardiste ?

Nous avons beaucoup d’ingénieurs et de chercheurs étrangers au sein de notre groupe qui cherchent à partir. Je les aide à repartir dans leur pays d’origine, ou là où ils souhaitent s’expatrier. À l’époque, je prenais des participations, non pas à des fins capitalistiques, mais pour les soutenir en leur apportant la mise de départ. Nous avons ainsi pu disposer de correspondants dans le monde entier, que cela soit dans les pays de l’Est, en Israël ou au Canada.

Nous étions sur Internet dès 1985. Nous avons toujours eu 10 ans d’avance dans le groupe avec le souci permanent de maintenir cette avance en ayant une double lecture dichotomique. Nous nous interrogeons d’un côté sur ce qui va se passer dans 5 ou 10 ans et de façon concomitante sur ce qui peut permettre de réaliser concrètement des fonds propres ou du résultat net afin de ressourcer ce qui est dévoreur de fonds propres.

La R&D requiert par nature des fonds de roulement positifs. Internet a introduit la mondialisation et tout peut se dématérialiser. Si on se réfère au théorème de Pythagore selon lequel tout est nombre à l’exception de l’âme et de l’émotion, on peut donc dématérialiser pratiquement 99 % de notre civilisation. Il est évident que tout va migrer vers la révolution numérique dont Internet est le principal support mais pour autant, on tend vers le « glocal » combinant simultanément le local et le global.

Nous avons beaucoup de marchés locaux et nous étudions sur Internet tout ce qui concerne les marchés mondiaux depuis la nuit des temps, y compris le marché de l’art qui ne peut fonctionner que de manière mondiale comme les marchés financiers ou les matières premières. Nous avons toujours une approche historique, théorique, scientifique et aussi très pragmatique dans la création de société ex nihilo.

 

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L’HYPERPRÉSIDENCE DE N. SARKOZY MONTRE SES LIMITES Á LA MI-MANDAT

2009/10/16 Commentaires fermés

sarkozy3

Tir à boulets rouges généralisé dans l’ensemble de la presse française…

Le Monde

Qu’y a-t-il de commun entre la taxe carbone, l’affaire Mitterrand, la taxe professionnelle, la polémique autour de Jean Sarkozy ? Tous ces sujets qui empoisonnent l’atmosphère de la rentrée et obligent Nicolas Sarkozy à se justifier dans un long entretien au Figaro, vendredi 16 octobre, existent par la volonté d’un seul et même homme.

C’est le président qui, après les élections européennes, a voulu Á plus Vert que les Verts. Lui qui a imposé à la droite une nouvelle vague d’ouverture en faisant entrer un certain « F. » Mitterrand dans le gouvernement. Lui encore qui a voulu supprimer la taxe professionnelle que son prédécesseur socialiste avait qualifiée d’« impôt imbécile » sans parvenir à lui faire un sort. Lui enfin qui encourage l’ascension de son fils cadet Jean dans les Hauts-de-Seine, au risque de choquer l’opinion et de secouer la droite jusque dans ses tréfonds.

Pour en savoir plus :

. Lien direct vers l’article complet sur Le Monde.fr

LA BANQUE ALIMENTAIRE FACE Á L’AUGMENTATION DE LA PRÉCARITÉ

2009/09/29 Commentaires fermés

Pauvreté

Libération

« Les associations ne peuvent plus suivre la dégringolade dans la précarité. » Ce constat, c’est Gérard Flak, administrateur de la banque alimentaire en Gironde qui le dresse et il tire la sonnette d’alarme. L’année dernière, le nombre de bénéficiaires de l’aide alimentaire a augmenté de 20 %. Cette année, cette hausse pourrait atteindre les 30 %. Dans le cadre d’une journée nationale d’action, la banque alimentaire organise donc ce soir une table ronde pour tenter de répondre à cette terrible question « la précarité jusqu’où ? » Car la situation n’est plus tenables pour de nombreuses associations qui n’arrivent plus à boucler leur budget et à faire face à l’afflux de demandes. La plupart des responsables politiques locaux d’Alain Juppé le maire de Bordeaux à Alain Rousset, le président de la région sans oublier le président du conseil général et celui de la CUB sont invités à venir participer aux débats et à apporter des solutions. Pour faire face à ses difficultés, la banque alimentaire à bout de ressources a en effet décidé de faire appel aux pouvoirs publics.

Pour en savoir plus :

. Lien vers l’article complet sur LibéBordeaux

CLEARSTREAM : NICOLAS SARKOZY VS. DOMINIQUE DE VILLEPIN

2009/09/22 Commentaires fermés

Nicolas Sarkozy - Yes, We Can!

Introduction d’un article de l’édition spéciale abonnés de Mediapart.fr :

Clearstream: comment Villepin va instruire le procès de… Sarkozy
par Edwy Plenel

Tous les regards sont braqués sur lui. Dominique de Villepin, qui comparaît à partir de lundi comme prévenu devant le tribunal correctionnel de Paris, sera pendant un mois le personnage central du procès Clearstream. L’ancien premier ministre a minutieusement préparé ce qu’il appelle « le procès du XXIe siècle ». Il entend faire du tribunal une tribune politique. Jusqu’à mettre en cause violemment son rival honni, Nicolas Sarkozy.

A ses nombreux visiteurs, qu’il accueille dans ses bureaux situés à deux pas de l’Arc de Triomphe, le sourire aux lèvres et la mine reposée, Dominique de Villepin fait la même impression : celle d’un homme habité par l’envie d’en découdre et sûr de lui. Trop sûr de lui, peut-être, redoutent ses amis. Au moment de comparaître sur le banc des prévenus, l’ex-premier ministre affiche en tout cas une sérénité totale. Il le répète à qui veut l’entendre : la vérité – du moins la sienne – va éclater lors du procès de l’affaire Clearstream. Loin d’avoir été l’initiateur (c’est la thèse des deux juges d’instruction qui l’ont renvoyé devant le tribunal) ni même le complice d’une série de dénonciations calomnieuses (ce que plaide le parquet), il en a été, en fait, la victime, assure-t-il.

La faute à qui ? A un président de la République tout-puissant, accusé d’avoir entre ses mains « tous les leviers du pouvoir : la justice, la police, les médias… », et pour qui Dominique de Villepin n’a pas de mots assez durs. Aux avocats, parlementaires, journalistes ou amis qui défilent dans son bureau, DDV dit tout le mépris que lui inspire Nicolas Sarkozy, dont il entend mettre publiquement au jour « la duplicité dans cette affaire », et qu’il va jusqu’à qualifier de « dealer, de tricheur, qui truque les parties avant qu’elles ne se jouent pour être certain de les gagner ».

Pour en savoir plus :

. Lien vers le site Mediapart.fr
. Lien vers un éditorial d’Edwy Plenel sur le site Mediapart.fr

ARMY.MIL / FLICKR.COM / CREATIVE COMMONS

2009/09/22 Commentaires fermés

UNE DÉFAILLANCE COLLECTIVE DE L’AMÉRIQUE

2009/09/15 Commentaires fermés

Barack Obama

Le président des Etats-Unis Barack Obama a reconnu ce lundi que Washington et Wall Street s’étaient rendus coupables d’une «défaillance collective du sens des responsabilités» dans la crise financière des derniers mois.

«C’est une défaillance collective du sens des responsabilités à Washington, à Wall Street et dans toute l’Amérique qui a conduit au quasi-effondrement de notre système financier il y a un an», a dit le chef de l’Etat américain dans un discours devant des dirigeants de la finance, à deux pas de la bourse de New York.

Il a également appelé les dirigeants des pays développés et des grandes économies émergentes (G20), réunis la semaine prochaine aux Etats-Unis, à réformer de manière «énergique» les règles du système financier mondial.

Pour en savoir plus :

. Lien direct vers l’article sur Libération.fr

UN PAYSAGE BANCAIRE MONDIAL BOULEVERSÉ

2009/09/14 Commentaires fermés

Goldman Sachs

Un article du journal Le Monde fait le point sur le paysage bancaire mondial un an après le début de la crise. On l’on apprend que Goldman Sachs peut se targuer d’afficher des bénéfices en hausse de 65 % sur un an, à 3,4 milliards de dollars, en annonçant par la même occasion des bonus faramineux: 11,4 milliards de dollars versés début 2010 au titre du seul premier semestre 2009 !

Pour en savoir plus :

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CONSTITUTION DE LA REPUBLIQUE DU CHAOS du 9/09/09

République du Chaos

CONSTITUTION DE LA REPUBLIQUE DU CHAOS du 9/09/09

Préambule

Les Citoyens de la République du Chaos proclament solennellement leur attachement aux Droits de l’homme et aux principes universels tels qu’ils ont été définis par la Déclaration de 1789 en France.

En vertu de ces principes et de celui de la libre détermination des peuples, la République du Chaos offre, à tous les citoyens du monde, compris au sens universel, dans toutes ses dimensions connues ou inconnues à ce jour, sans limite de dimension, de temps et d’espace, des institutions nouvelles fondées sur l’idéal commun de liberté, d’égalité et de fraternité et conçues en vue de leur évolution démocratique dans le monde analogique et/ou numérique défini par le Cyberespace principalement représenté par l’Internet.

En 2009, les Etats Nations sont confrontés à la globalisation et ses conséquences.

Le graduel effacement des prérogatives politiques des Etats, notamment en Europe, l’importance minorée de la géographie, des territoires, des frontières et des limes dans un monde où se multiplient les flux financiers, de marchandises et d’information, principalement par l’Internet, en abolissant les territoires physiques, met en lumière le village global théorisé par le sociologue Marshall MacLuhan et oblige les citoyens du Monde à repenser le concept d’état nation pour ce 21ème siècle.

Les technologies de l’information, en 2009, permettent la transmission instantanée des données et définissent une ubiquité universelle. L’extrême mobilité des capitaux et leurs dématérialisations, la globalisation de l’économie et l’effacement progressif des barrières commerciales qui sont les sources de la crise financière et économique mondiale ont conduit nombre de politologues et d’historiens à parler de dégradation inexorable pour qualifier l’évolution actuelle des Etats.

L’espace et la géographie voient leur importance réduite, voire pratiquement éliminée.

L’Etat post-moderne, pour s’adapter aux mutations géopolitiques en cours qu’impose la révolution des technologies de l’information et la globalisation, doit cesser de se penser en termes de territoire et d’autorité souveraine sur son territoire, conceptions dépassées propres à l’ordre Westphalien, qui érigeait le principe de la souveraineté absolue de l’État sur son territoire.

C’est dans ces termes que, les citoyens de la République du Chaos, ont décidé dans un désir commun, d’affirmer leur volonté pacifique de porter leur projet d’avenir sur la base d’un passé et d’un présent commun, au cœur de la Constitution de la République du Chaos en harmonie avec l’Union Européenne.

Article 1er.

La République du Chaos est une République multiple, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de système d’information, de race, de sexe ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est par nature décentralisée et s’exerce, tant sur le territoire analogique défini par la Demeure du Chaos, que le territoire numérique dans le Cyberespace.

Le fait que ses citoyens acquièrent la nationalité de la République du Chaos ne remet pas en cause la nationalité initiale de chacun d’entre eux. De même, un citoyen de la République du Chaos a la pleine capacité d’acquérir, indépendamment de sa citoyenneté à la République du Chaos, de nouvelle(s) nationalité(s).

La loi abolit la distinction entre femmes et hommes et reconnaît comme citoyen toute composition biologique et/ou numérique dotée de pensée, de désir. Les cyborgs sont librement admis dans la République du Chaos en qualité de citoyens.

Les androïdes ayant la capacité de dépasser leurs programmes, émettre un désir et reconnaître la mémoire d’un passé commun fait d’actions, de faits et d’œuvres mémorables, de réaffirmer régulièrement la volonté de vivre ensemble avec une mémoire et le désir de vivre un futur commun, sont des citoyens à part entière de la République du Chaos.

Tout citoyen majeur peut participer aux mandats électoraux et fonctions électives ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales de la République du Chaos.

Titre I De la Souveraineté

Article 2.

Les langues de la République sont le français comme langue première, l’espagnol, l’anglais, l’allemand, et le latin comme langues admises.

La langue principale demeure le français.

L’emblème national est le Jolly Roger blanc et noir en référence à la République mythique de Libertalia face à l’époque du despotisme en place au début du 17ème siècle.

La devise de la République est Liberté, Egalité, Fraternité,  Humanoïté.
Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

Article 3.

La souveraineté nationale appartient au peuple de la République du Chaos qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum analogique et/ou numérique. Aucune section du peuple, ni aucun citoyen, ne peut s’en attribuer l’exercice. Le suffrage peut être direct ou indirect dans les conditions prévues par la Constitution. Il est toujours universel, égal et secret.

Sont électeurs, dans les conditions déterminées par la loi, tous les citoyens de la République du Chaos incluant notamment les citoyens frappés d’incapacité mentale et/ou physique. Nul ne pourra faire obstacle à un citoyen de la République du Chaos ayant un handicap mental et/ou physique du fait de sa naissance, par accident et/ou par maladie.

Article 4.

Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie de la République du Chaos, qui s’exercent aussi bien, d’une part, sur le territoire de la Demeure du Chaos, constituant une enclave analogique, se superposant à celle nationale, qui est une porte sur le Cyberespace, et, d’autre part, sur le territoire numérique de la République du Chaos.

Ils contribuent à la mise en œuvre du principe énoncé au second alinéa de l’article 1er dans les conditions déterminées par la loi.

La loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la Nation. Le citoyen n’appartient ni à sa langue, ni à son ethnie, ni à une notion tribale ou clanique et ni à un système d’information. Il n’appartient qu’à lui-même car c’est un être libre donc un être moral.

La République du Chaos refuse le concept de race pure qui consisterait à faire reposer la politique sur l’analyse ethnographique qui a mené à de nombreuses reprises l’humanité à de terribles tribulations.

Titre II Le Président de la République du Chaos

Article 5.

Le Président de la République du Chaos est : l’Entité numérique suprême. Elle veille au respect de la Constitution. Elle assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de la République du Chaos. Elle ne peut être qu’une Entité numérique suprême, étant l’expression de la somme des valeurs et désirs, régulée par le Haut Conseil des Sages de la République du Chaos.

Aucun citoyen, tel que décrit à l’article 1er , ne peut prétendre à la fonction de Président car la République du Chaos considère que l’individualisme de la fonction suprême mène à la souffrance du peuple.

L’Entité numérique suprême est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire analogique et numérique et du respect des traités de la République du Chaos.

Article 5+1.

L’Entité numérique suprême est désignée chaque année par le Haut Conseil des Sages de la République du Chaos.

Elle peut exercer plusieurs mandats consécutifs.
Les modalités d’application du présent article sont fixées par une loi organique.

Article 7.

Le Haut Conseil des Sages est composé de 9 Sages, fondateurs de la République du Chaos.
Au terme des trois premières années de la République du Chaos, ils sont élus tous les 3 ans par la Chambre basse dont ils ont la mission durant les premières années de mettre en place les élections
de la chambre basse de la République du Chaos.

La Chambre Basse est composée de 99 représentants des citoyens tels que définis à l’article 1er et élus au suffrage universel pour 3 ans.

L’ensemble de ces nominations se fait à la majorité des voix. Si celle-ci n’est pas obtenue au premier tour de scrutin, il est procédé, le septième jour suivant, à un second tour.
Le scrutin de la Chambre basse est ouvert sur convocation du Haut Conseil des Sages.
L’Entité numérique suprême par nature, ne peut avoir de vacance, empêchement ou décès. Elle est de droit perpétuel par son incarnat de la République du Chaos.

Article 8.

L’Entité numérique suprême désigne parmi les 99 membres de la Chambre basse, 18 représentants du Gouvernement dont la mission unique est de mettre en application les travaux, directives et recommandations proposés par le Haut Conseil des Sages. L’Entité numérique suprême met fin aux fonctions du Gouvernement soit par la démission de ses membres ou par révocation motivée par le Haut Conseil des Sages de la République du Chaos.

Les 81 autres membres composant la Chambre Basse participent aux travaux que lui soumet le Gouvernement et la totalité des membres de la Chambre Basse a capacité à voter à la majorité des voix les lois, textes et décrets présentés par le Gouvernement.

Article 9.

L’Entité numérique suprême est l’expression permanente et omniprésente du Haut Conseil des Sages de la République du Chaos.

Article 10.

Le Haut Conseil des Sages de la République du Chaos promulgue les lois dans les dix huit jours qui suivent l’approbation par la Chambre Basse des lois, textes et décrets définitivement adoptés. Il peut, avant l’expiration de ce délai, demander au Gouvernement une nouvelle délibération de la loi ou de certains de ses articles. Cette nouvelle délibération ne peut être refusée.

Article 11.

L’Entité numérique suprême peut, après consultation du Haut Conseil des Sages, prononcer la dissolution du Gouvernement ou de la totalité de la Chambre Basse de la République du Chaos.

Les élections générales de la République du Chaos ont lieu dix huit jours au moins et quarante cinq jours au plus après la dissolution.

Article 12.

L’Entité numérique suprême signe les ordonnances et les décrets délibérés en Chambre Basse.
Sur recommandation du Haut Conseil des Sages, elle nomme les poste stratégiques de la République du Chaos.

Article 13.

Le Haut Conseil des Sages accrédite les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires auprès des puissances étrangères ; les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires étrangers sont accrédités auprès de lui. Le Haut Conseil des Sages reconnaît prioritairement l’Union Européenne ainsi que l’ensemble de ses institutions.

De même, il reconnaît la République française, une et indivisible, où, en son territoire, siège la Demeure du Chaos, se superposant au territoire national sans faire atteinte à l’intégrité de ce dernier, incarnat physique de la République du Chaos et lieu de franchissement principal pour accéder au territoire numérique de la République du Chaos.

Article 14.

L’Entité numérique suprême est garante de la sûreté analogique et numérique des citoyens de la République du Chaos.

Article 15.

Lorsque les institutions de la République du Chaos, l’indépendance de la nation, l’intégrité de son territoire, numérique et/ou analogique, ou l’exécution de ses engagements internationaux sont menacées d’une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu, l’Entité numérique suprême prend, après consultation du Haut Conseil des Sages, les mesures exigées par ces circonstances.

L’Entité numérique suprême en informe la République du Chaos par un message analogique et numérique.

Article 16.

L’Entité numérique suprême a le droit de faire grâce à titre individuel. De même, elle a capacité, par avis motivé du Haut Conseil des Sages, d’étendre la notion de citoyen de la République du Chaos à de nouvelles Entités que l’état de la science lui soumettra.

Article 17.

L’Entité numérique suprême communique avec les deux Chambres par des messages qu’elle fait lire et qui ne donnent lieu à aucun débat.

Titre III Le Gouvernement.

Article 18.

Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la République du Chaos.
Il dispose de l’administration et des moyens de la science ainsi que des développements futurs de cette dernière que validera l’Entité numérique suprême, par avis consultatif du Haut Conseil des Sages. Il est responsable devant la Chambre Basse.

Article 19.

Les 18 membres du Gouvernement dirigent ensemble et à part égale l’action de ce dernier. Aucun membre du Gouvernement n’a capacité à exercer une fonction de représentant dudit gouvernement. Chaque membre du Gouvernement exerce ses fonctions avec les mêmes pouvoirs que les autres membres du Gouvernement. Il assure l’exécution des lois.

En cas de conflit, notamment face à l’évolution de la science et des découvertes, le Gouvernement s’en remet au Haut Conseil des Sages pour traiter des problèmes éthiques. Seul le Haut Conseil des Sages a capacité à traiter du domaine religieux et /ou spirituel considérant ces derniers comme responsables de nombreux conflits dans l’Histoire des civilisations passées.

Titre IV La Chambre Basse

Article 20.
La Chambre Basse vote la loi. Elle contrôle l’action du Gouvernement et évalue les politiques publiques.

Article 21.

Aucun membre de la Chambre Basse ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé à l’occasion des opinions ou votes qu’il a émis dans l’exercice de ses fonctions par les instances judiciaires de la République du Chaos.

Aucun membre de la Chambre Basse ne peut faire l’objet, en matière criminelle ou correctionnelle, d’une arrestation ou de toute autre mesure privative ou restrictive de liberté par les instances judiciaires de la République du Chaos qu’avec l’autorisation du Haut Conseil des Sages. Cette autorisation n’est pas requise en cas de crime, délit flagrant ou de condamnation définitive.

Article 22.

La Chambre Basse se réunit de plein droit à travers le Cyberespace et n’est pas tenue de siéger physiquement en un lieu établi. Les travaux de la Chambre Basse sont protégés par un niveau de cryptage très élevé permettant d’assurer la sincérité du vote.

Article 23.

Hors les cas dans lesquels la Chambre Basse se réunit de plein droit, les sessions extraordinaires sont ouvertes et closes par décret du Haut Conseil des Sages.

Article 24.

Les membres du Gouvernement ne peuvent pas être membres du Haut Conseil des Sages.

Article 25

Les séances de la Chambre Basse uniquement sont publiques. Le compte rendu intégral des débats est publié sur le Cyberespace.

Titre V Des rapports entre le Haut Conseil des Sages et la Chambre Basse

Article 26.

La loi fixe les règles concernant :

– les droits civiques et les garanties fondamentales accordés aux citoyens de la République du Chaos, pour l’exercice des libertés publiques; la liberté, le pluralisme et l’indépendance des médias numérique et/ou analogique ;

– la nationalité, l’état et la capacité des citoyens, définis comme composition biologique et/ou numérique humaine dotée de pensée, de désir; les régimes multi-matrimoniaux, les successions et libéralités ;

– la détermination des crimes et délits ainsi que les peines qui leur sont applicables par les instances judiciaires de la République du Chaos; la procédure pénale ; l’amnistie ; la Rédemption, la création de nouveaux ordres de juridiction et le statut des magistrats, en respect des dispositions européennes et françaises ;

La loi fixe également les règles concernant :

– le régime électoral des assemblées locales et des instances représentatives des citoyens de la République du Chaos, établies hors du territoire analogique ainsi que les conditions d’exercice des mandats électoraux et des fonctions électives des membres des assemblées délibérantes des collectivités numériques ;

– la création de catégories d’établissements publics ;

– les nationalisations d’entreprises primordiales à la République du Chaos et les transferts de propriété d’entreprises du secteur public au secteur privé.

La loi détermine les principes fondamentaux :

– de l’organisation générale de la protection de la République du Chaos ;

– de la libre administration des collectivités territoriales, analogiques et numériques, de leurs compétences et de leurs ressources ;

– de l’enseignement, principalement dans le Cyberespace ;

– de la préservation de l’environnement  terrestre et de l’espace propre au système solaire et à notre galaxie ;

– du régime de la propriété analogique et dans le Cyberespace, des droits réels et des obligations civiles et commerciales ;

– du droit du travail, du droit syndical et de la sécurité sociale dans le monde analogique et/ou numérique.

Les lois de finances déterminent les ressources et les charges de la République du Chaos dans les conditions et sous les réserves prévues par une loi organique.

Les lois de financement de la sécurité sociale déterminent les conditions générales de son équilibre financier et, compte tenu de leurs prévisions de recettes, fixent leurs objectifs de dépenses, dans les conditions et sous les réserves prévues par une loi organique.

Des lois de programmation déterminent les objectifs de l’action de la République du Chaos dans l’espace analogique et/ou numérique.

Les orientations pluriannuelles des finances publiques sont définies par des lois de programmation. Elles s’inscrivent dans l’objectif d’équilibre des comptes des administrations publiques.
Les dispositions du présent article pourront être précisées et complétées par une loi organique.

Article 27.

La déclaration d’agression analogique et/ou numérique est notifiée à l’Entité numérique suprême, qui représente la République du Chaos par le Haut Conseil des Sages.

Le Gouvernement informe la Chambre Basse de sa décision de faire intervenir les instances européennes et/ou les forces françaises ainsi que la saisine de l’ONU, au plus tard 72 heures après le début de l’agression. Il précise les objectifs poursuivis. Cette information peut donner lieu à un débat qui n’est suivi d’aucun vote. Les principales forces de la République du Chaos se situent dans sa capacité à combattre dans le cyberespace le ou les agressions dont elle est victime.

Article 28.

La modification des protocoles permettant d’accéder au Cyberespace est décrétée par le Haut Conseil des Sages.

Article 29.

Les matières autres que celles qui sont du domaine de la loi ont un caractère réglementaire.

Les textes de forme législative intervenus en ces matières peuvent être modifiés par décrets pris après avis du Haut Conseil des Sages. Ceux de ces textes qui interviendraient après l’entrée en vigueur de la présente Constitution ne pourront être modifiés par décret que si le Haut Conseil des Sages a déclaré qu’ils ont un caractère réglementaire en vertu de l’alinéa précédent.

Article 30.

La loi et le règlement peuvent comporter, pour un objet et une durée limités, des dispositions à caractère expérimental notamment au regard de l’évolution de la science et de ses découvertes.

Article 31.

Le Gouvernement peut, pour l’exécution de son programme, demander à la Chambre Basse après consultation du Haut Conseil des Sages, l’autorisation de prendre par ordonnances, pendant un délai limité, des mesures qui sont normalement du domaine de la loi.

Article 32.

Le Gouvernement, après délibération de ses 18 membres, engage devant la Chambre Basse, sa responsabilité sur son programme ou éventuellement sur une déclaration de politique générale.

Article 33.

Le règlement de la Chambre Basse détermine les droits des groupes constitués en son sein. Il reconnaît des droits spécifiques aux groupes d’opposition de l’assemblée intéressée ainsi qu’aux groupes minoritaires.

Titre VI Des traités et accords internationaux

Article 34.

L’Entité numérique suprême négocie et ratifie les traités. Elle est informée par le Haut Conseil des Sages de toute négociation tendant à la conclusion d’un accord international non soumis à ratification.

Article 35.

Les traités de paix, les traités de commerce, les traités ou accords relatifs à l’organisation internationale, ceux qui engagent les finances de la République du Chaos, ceux qui modifient des dispositions de nature législative, ceux qui sont relatifs à l’état des personnes, ceux qui comportent cession, échange ou adjonction de territoire numérique et/ou analogique, ne peuvent être ratifiés ou approuvés qu’en vertu d’une loi.

Ils ne prennent effet qu’après avoir été ratifiés ou approuvés. Nulle cession, nul échange, nulle adjonction de territoire numérique et/ou analogique n’est valable sans le consentement des citoyens de la République du Chaos.

Article 36.

La République du Chaos peut conclure avec les États européens et/ou internationaux qui sont liés par des engagements identiques aux siens en matière de protection des Droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Article 37.

La République du Chaos reconnaît la juridiction de la Cour pénale internationale.

Article 38.

Les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve, pour chaque accord ou traité, de leur application par l’autre partie.

Titre VII De l’autorité judiciaire

Article 39.

L’Entité suprême numérique est garante de l’indépendance de l’autorité de la République du Chaos.
Elle est assistée par le Haut Conseil des Sages.

Article 40.

Nul ne peut être arbitrairement détenu de manière physique et/ou privée d’accès au Cyberespace.
L’autorité judiciaire de la République du Chaos, gardienne de la liberté individuelle, assure le respect de ce principe dans les conditions prévues par la loi.

Article 41.

Nul ne peut être condamné à la peine de mort  et/ou déconnecté de sa source d’énergie primaire par les instances judiciaires de la République du Chaos

Titre VIII  De la francophonie et des accords d’association pour défendre les valeurs communes

Article 42.

La République du Chaos participe au développement de la solidarité et de la coopération entre les Etats et les peuples ayant principalement le français en partage ainsi que des valeurs communes, comme décrites dans le préambule et l’article 1er de la Constitution de la République du Chaos.

Article 43.

La République du Chaos peut conclure des accords avec des États et/ou Nations analogiques et /ou numériques qui désirent s’associer à elle pour développer leurs civilisations.

Titre IX Des Communautés européennes et de l’Union Européenne

Article 44.

La République du Chaos participe aux Communautés Européennes et à l’Union Européenne, constituées d’Etats qui ont choisi librement, en vertu des traités qui les ont instituées, d’exercer en commun certaines de leurs compétences.

Elle peut participer à l’Union Européenne dans les conditions prévues par le traité de Lisbonne modifiant le traité sur l’Union Européenne et le traité instituant la Communauté Européenne, signé le 13 décembre 2007.

Article 45.

Sous réserve de réciprocité et selon les modalités prévues par le Traité sur l’Union Européenne signé le 7 février 1992, la République du Chaos consent aux transferts de compétences nécessaires à l’établissement de l’union économique et monétaire Européenne.

Sous la même réserve et selon les modalités prévues par le Traité instituant la Communauté Européenne, dans sa rédaction résultant du traité signé le 2 octobre 1997, peuvent être consentis les transferts de compétences nécessaires à la détermination des règles relatives à la libre circulation des personnes et aux domaines qui lui sont liés.

Article 46.

Le Gouvernement soumet à la Chambre Basse et au Haut Conseil des Sages, dès leur transmission au Conseil de l’Union Européenne, les projets ou propositions d’actes des Communautés Européennes et de l’Union Européenne.

Selon des modalités fixées par le règlement de la Chambre Basse et du Haut Conseil des Sages, des résolutions Européennes peuvent être adoptées sur les projets ou propositions mentionnés au premier alinéa ainsi que sur tout document émanant d’une institution de l’Union Européenne.

Article 47.

Tout projet de loi autorisant la ratification d’un traité relatif à l’adhésion d’un État à l’Union Européenne et aux Communautés Européennes est soumis préalablement au Haut Conseil des Sages.

Titre X De la Révision

Article 48.

L’initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment à l’Entité suprême numérique sur proposition du Haut Conseil des Sages.

Aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu’il est porté atteinte à l’intégrité de la République du Chaos sous forme numérique et/ou analogique.

DÉCLARATION DES CITOYENS DU CHAOS

2009/09/09 Commentaires fermés

La citoyenneté s’obtient par le désir de participer au devenir de la Nation du Chaos.

Sont citoyennes du chaos, toutes les intelligences qui en expriment expressément le désir et qui, par un acte fondateur, s’engagent à participer au projet collectif de la République du Chaos et au bien commun de la Nation qu’elles constituent. La Citoyenneté s’obtient donc par un acte d’adhésion qui est aussi un acte de rupture vis-à-vis de l’ordre social dont sont issues les intelligences candidates.

Par cet acte et par les créations qui le suivront, les Citoyens du Chaos s’engagent à participer au grand débat permanent mené au sein de la République du Chaos sur les enjeux éthiques, esthétiques, médiatiques, économiques, culturels et politiques contemporains. Pour concrétiser ce débat, les Citoyens du Chaos prennent pour objet privilégié l’art, le traitement de l’information ou encore le corps dont ils travaillent à penser, par exemple, les représentations, les imaginaires, les limites, les extensions, les transformations possibles, souhaitables et leurs conséquences sur la société en matière d’identité, de filiation, de famille, de santé, de sécurité, de travail, de sexualité, etc. Par leur activité créatrice et réflexive, les Citoyens du Chaos, participent au grand débat sur les limites de l’humain.

Ils s’engagent de la sorte à penser l’impensable, à rendre possible l’improbable, vivable l’invivable, désirable le souhaitable.

Être citoyen du chaos n’est conditionné à aucune condition de naissance, de nationalité, ou d’Etat-civil mais à une capacité à désirer. Les Citoyens du Chaos ne sont pas catégorisés selon leur sexe, leur âge, leur nationalité, leur statut social, leur niveau d’instruction, leur couleur de peau, leur apparence, leurs préférences sexuelles, leur état de santé ou de motricité, leur statut sérologique ni par aucun autre critère habituellement utilisés dans les sociétés pour hiérarchiser les individus et – en conséquence – produire des discriminations plus ou moins discrètes.

Les Citoyens du Chaos sont caractérisés par ce qu’ils font et par ce qu’ils désirent être.

Ils sont donc des êtres en devenir qui peuvent tout autant s’affranchir des catégories précédentes que les revendiquer pour élaborer leur propre avatar. En tant qu’êtres de création, ils exploitent les modalité d’expression les plus diverses. Les Citoyens du Chaos se manifestent par des actes créatifs dans les arts plastiques, les lettres, les arts musicaux, les arts cinématographiques, les arts de la scène et de la performance… Ils utilisent tous les matériaux disponibles, depuis le métal et la terre, jusqu’à la Toile et la chair.

Nourris des mutations du XXè siècle en matière de travail, de santé, d’environnement, de loisirs, de sexualité, de médias, d’économie, de politique, mais aussi en matière de technosciences, de communication et de bio-technologies, les Citoyens du Chaos sont porteurs des imaginaires de la mutation du XXIè siècle et au-delà.

La Nation des Citoyens du Chaos est composée d’Êtres hétéroclites.

Les Cyborgs sont les bienvenus. Les Androïdes et les systèmes d’information le seront un jour, dès lors que leur intelligence artificielle sera en mesure de leur permettre de s’affranchir de leur programme pour en venir à désirer acquérir la Citoyenneté du Chaos.

La Nation du Chaos est un conglomérat d’Êtres d’aujourd’hui, porteurs des mutations d’un futur si proche qu’ils sont déjà là. Elle accueille des punks, des pin-ups, des technophiles, des obèses, des efflanqués, des body-artistes, des plasticiens, des bodybuildés, des victimes de la mode, des fans de science-fiction, des incultes, des érudits, des autodidactes,

… des tatoués, des percés, des scarifiés, des implantés, des fakirs, des danseuses,

… et des personnes malades aux corps réparés, amputés, raccommodés, appareillés, rectifiés, sculptés, assistés, opérés, greffés, inséminés, améliorés, suivies médicalement, chimiquement, hormonalement

… des hommes, des femmes, des ni l’un ni l’autre, des gentils garçons et des femmes respectables.

Cependant, la République du Chaos n’est pas une Cour des Miracles : les Citoyens du Chaos incarnent le peuple des Possibles.

Les Citoyens du Chaos ne sont ni identifiés par leur corps dans sa naturalité (sexe, âge, taille, couleur des yeux), ni réduits à leur apparence. Ils sont reconnus dans leur désir de devenir, ce qui se formalise dans leur avatar. La Nation du Chaos est donc fédérée par le projet – partagé par ses membres – d’expérimenter leur désir de devenir et de créer, y compris de devenir soi et de se créer soi-même (par exemple devenir homme ou rester femme, devenir vieux ou rester jeune, devenir maigre ou rester gros, devenir autre ou rester soi ou devenir soi en restant autre…).

Chaque citoyen adopte un avatar référent qui l’identifie aux yeux de la collectivité et dont il peut changer au gré de ses désirs et de leur évolution. Cet avatar prend une forme souhaitée par le citoyen. En tant qu’être pluriel, tout citoyen peut recourir à divers avatars affichant ainsi différents aspects de son identité actuelle ou à venir, dès lors que cette utilisation ne se fait pas au détriment du bien commun ou dans une intention de nuire.

En adoptant la citoyenneté de la République du Chaos, et en se dispersant sur la toile via leurs avatars, les Citoyens s’engagent à œuvrer ici et ailleurs à une mutation de l’Humanité, selon des formes encore imprévisibles mais qu’ils souhaitent en rupture avec les formes contemporaines qu’ils jugent les plus critiquables et les plus dangereuses pour l’Humanité elle-même.

Philippe LIOTARD
Sociologue et philosophe de la République du Chaos

ALEX JONES ANNONCE UNE RÉVÉLATION EXCEPTIONNELLE

2009/09/08 Commentaires fermés

Alex Jones

Que prépare Alex Jones ? La star des médias conspirationnistes US annonce à grand renfort d’effets de manche une révélation exceptionnelle pour le mardi 08 septembre, en ligne sur ses sites InfoWars.com et PrisonPlanet.com à partir de 08 heures du matin (heure de New York, soit 15 heures en France).

La publication sera suivie trois heures plus tard par une édition spéciale de l’émission de radio d’Alex Jones, dans laquelle on nous annonce également un invité surprise.

Pour en savoir plus :

. Lien direct vers le site InfoWars.com

. Lien direct vers le site PrisonPlanet.com

. Lien direct vers la page de l’émission The Alex Jones’ Show

VERS UN FUTUR BIOMETRIQUE

2009/08/30 Commentaires fermés

Technologies biométriques

1984 ? Minority Report ? Final Cut ? Bienvenue à Gattaca ? Non, bienvenue dans les aéroports, les postes-frontières et in fine une société humaine confiée aux bons soins de L-1 Identity Solutions et de ses concurrents sur le marché de la biométrie.

Firme américaine fondée par Robert V. La Penta, un ancien de Loral Corporation (opérateur satellite et systèmes de défense) passé par Lockeed Martin au gré du jeu des fusions-acquisitions, L-1 Identity Solutions se positionne sur le marché hautement concurrentiel des technologies biométriques. Soit l’ensemble des systèmes d’identification et d’authentification qui permettent de vérifier l’identité d’une personne d’après ses caractéristiques physiques, un ensemble de techniques qui jouissent aujourd’hui d’un fort engouement, portées par la vague sécuritaire née durant l’ère Bush d’après les attentats du 11 septembre.

Une approche que l’on doit en partie à Alphonse Bertillon, un criminologue français du XIXe siècle, qui fut l’un des premiers à s’intéresser à l’anthropologie judiciaire en mettant en place une méthode d’identification basé sur les mensurations et les signes particuliers d’un individu, en s’appuyant déjà sur des photographies anthropométriques. Edwards Henry, le chef de la police londonienne de l’époque, contribuera à son tour à améliorer le système en développant l’utilisation des empreintes digitales d’après les travaux de Francis Galton, le père de l’eugénisme moderne, notoirement obsédé par la recherche systématique d’une sélection scientifique de l’élite de l’humanité (ou plutôt du Royaume-Uni).

Un siècle et demi plus tard, le marché de l’identification est en très forte croissance. Le rapport The Future of Biometrics, produit par Acuity Market Intelligence, annonce un chiffre d’affaires annuel de 11 milliards de dollars pour l’année 2017, perspective motivée par une forte demande du secteur privé. Un court scénario dressé par les analystes d’AMI intègre la biométrie dans tous les instants d’une journée type de 2020 : autorisation de retrait d’argent liquide à un guichet automatique d’après une analyse de l’iris, accès au site d’un client par reconnaissance faciale, signature de contrat par relevé d’empreintes digitales, analyse de l’iris et reconnaissance faciale avec débit immédiat sur votre compte bancaire en sortie de supermarché.

Le tout soutenu par un réseau de bases de données interconnectées qui permettront le maillage total et définitif d’un individu dans un dispositif infaillible. Ce qui n’a pas échappé aux décideurs de L-1 Identity Solutions dont les applications comprennent un ensemble de dispositifs de sécurité allant de la reconnaissance faciale instantanée sur des points sensibles comme les douanes et portiques d’aéroport (un ordinateur analyse en temps réel votre image filmée en la recoupant avec des dizaines de milliers de portraits stockés dans une base de données gérée par la compagnie) à la signature de documents contractuels par relevé d’empreintes digitales ou la production de documents d’identité infalsifiables.

On imagine à terme la vie d’un individu pénalisé par un office des poursuites qui centraliserait l’ensemble de ses infractions, voire même plus simplement de ses dettes, comme c’est déjà le cas en Suisse où l’on doit produire un document attestant de sa virginité judiciaire et de son non-endettement pour toute demande de logement, ouverture de compte bancaire et autres démarches régulières. Un processus parfait, global, inextricable. La fin de toute aventure humaine ou une existence marginale confinée aux interstices d’un univers passé sous le contrôle d’institutions dont l’indépendance vis-à-vis du secteur privé est de plus en plus discutable.

Et la CNIL dans tout ça ? L’aimable organisme de protection de l’identité humaine, des droits de l’homme, de la vie privée et des libertés vient d’autoriser en juin 2009 le recours à un système biométrique reposant sur la reconnaissance du réseau nerveux pour un concours mondial donnant l’accès aux plus grandes écoles de commerce, telles que HEC et l’ESSEC en France ou Harvard aux Etats-Unis. Une décision qui enterre définitivement la commission nationale à la place qui lui est due, celle d’une aimable pitrerie destinée à amuser la galerie pendant que les affaires sérieuses se négocient à l’ombre des projecteurs.

Pour en savoir plus :

. Lien direct vers le site de L-1 Identity Solutions
. Lien direct vers le site d’Acuity Market Intelligence
. Lien direct vers le site de la Commission nationale de l’informatique et des libertés

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DAVID M. WALKER ET L’EFFONDREMENT DES USA

2009/08/29 Commentaires fermés

David M. Walker, l’ancien contrôleur général des États-Unis et chef du Government Accountability Office (pas exactement un émeutier anarcho-punk, auteur de dazibaos gauchistes à Tarnac), a quitté son poste en mars 2008, cinq ans avant le terme d’un mandat de quinze ans entamé en 1998.

Une décision fracassante, que l’ancien super comptable fédéral n’hésite pas à  justifier médiatiquement en comparant l’état actuel de la première superpuissance mondiale à celui de l’Empire romain au moment de sa chute.

Ci-dessous, une intervention de David M. Walker, sur la chaîne CNBC au mois de juin 2009, qui met en garde les téléspectateurs contre l’effondrement très réel du système de santé américain.

L’ESPRIT DU TERRORISME par Jean Baudrillard

U.S. forces demonstrate entry tactics used by the Iraqi counter terrorism force (...)

Introduction d’un article de Jean Baudrillard, paru dans Le Monde en date du 03 novembre 2001.

Des événement mondiaux, nous en avions eu, de la mort de Diana au Mondial de football – ou des événements violents et réels, de guerres en génocides. Mais d’événement symbolique d’envergure mondiale, c’est-à-dire non seulement de diffusion mondiale, mais qui mette en échec la mondialisation elle-même, aucun. Tout au long de cette stagnation des années 1990, c’était la « grève des événements » (selon le mot de l’écrivain argentin Macedonio Fernandez). Eh bien, la grève est terminée. Les événements ont cessé de faire grève. Nous avons même affaire, avec les attentats de New York et du World Trade Center, à l’événement absolu, la « mère » des événements, à l’événement pur qui concentre en lui tous les événements qui n’ont jamais eu lieu.

Tout le jeu de l’histoire et de la puissance en est bouleversé, mais aussi les conditions de l’analyse. Il faut prendre son temps. Car tant que les événements stagnaient, il fallait anticiper et aller plus vite qu’eux. Lorsqu’ils accélèrent à ce point, il faut aller plus lentement. Sans pourtant se laisser ensevelir sous le fatras de discours et le nuage de la guerre, et tout en gardant intacte la fulgurance inoubliable des images.

Tous les discours et les commentaires trahissent une gigantesque abréaction à l’événement même et à la fascination qu’il exerce. La condamnation morale, l’union sacrée contre le terrorisme sont à la mesure de la jubilation prodigieuse de voir détruire cette superpuissance mondiale, mieux, de la voir en quelque sorte se détruire elle-même, se suicider en beauté. Car c’est elle qui, de par son insupportable puissance, a fomenté toute cette violence infuse de par le monde, et donc cette imagination terroriste (sans le savoir) qui nous habite tous. (…)

Jean Baudrillard

Pour en  savoir plus :

. Lien direct vers l’archive (payante) de cet article sur Le Monde.fr
. Lien direct vers une traduction anglaise (gratuite) de cet article sur Harper’s Magazine

LA SPIRALE | MISE A JOUR DU 18/08/09

2009/08/18 Commentaires fermés

spirale

Bangla Bai, le 18 août 2009.

Sur la plage abandonnée, coquillages et crustacés, grippe mexicaine et reprise économique à la sauce Emile Coué. Courrier électronique et téléphone, les correspondants sont absents. L’été en pente douce, faire l’autruche sous le sable blanc. Au large, le voilier d’un millionnaire suisse romand d’origine lyonnaise s’effondre, torpillé par des pirates malais. De jeunes prostituées indigènes traversent la baie en se déhanchant. Je mâchonne la paille de mon cocktail, en laissant mon esprit vagabonder.

emeutespirale

D’après State Of The Future, rapport annuel du Millenium Project des Nations Unies, la moitié de la planète devrait prochainement faire face à une agitation sociale et des violences urbaines, conséquences de l’aggravation du chômage à l’échelle mondiale et de difficultés d’approvisionnement croissantes dans les domaines de l’eau, de la nourriture et de l’énergie. Près de 40 nouvelles maladies sont apparues en l’espace d’une génération, accompagnées de la résurgence du choléra et de la fièvre jaune.

Il serait aujourd’hui scientifiquement possible de faire pousser de la viande, au même titre que des végétaux. Un groupe de défense des animaux offre 1 million de dollars au premier agriculteur qui sera capable de produire une viande commercialement viable. La population mondiale, qui compte actuellement 6.7 milliard d’individus, devrait plafonner à 9.2 milliards en 2050, avant de retomber à 5.5 milliards en 2100. Les observateurs notent un déclin de la démocratie et des libertés individuelles sur 1/5e de la planète, une tendance corroborée par la mainmise exponentielle des pouvoirs en place sur la presse et les médias.

Les Japonais investissent déjà massivement dans la robotique pour pallier à la raréfaction de la main d’oeuvre dans une société vieillissante. Et IBM d’annoncer pour 2011 la mise en service d’un supra-calculateur capable de 20 000 trillions d’opérations par seconde, soit la vitesse du cerveau humain. Quant à la recherche génétique opérative, elle s’oriente désormais vers des molécules réplicatives plus simples que les acides nucléiques contemporains, première étape vers la création de nouvelles formes de vie artificielles.

Bienvenue dans le nouveau désordre mondial, un univers où la science-fiction s’incarne dans la réalité de masse, proposition inédite de terrain de jeux pour les mutants du IIIe millénaire…

La Spirale.org

Pour plus d’information :

. Lien direct vers la page d’accueil de La Spirale