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Artprice: analyse de la 44ème édition de la FIAC face à la concurrence de la Frieze et des ventes publiques

2017/10/14 Commentaires fermés

thierry Ehrmann : « Le mois d’octobre accueille deux des plus grandes foires au monde : la Frieze à Londres et la FIAC à Paris. Non seulement ces deux événements prennent place à deux semaines d’intervalle d’un côté et de l’autre de la Manche (reliés en 2h par l’Eurostar), mais chacune de ces foires doit à présent composer avec les sessions de ventes de prestige, organisées en même temps et qui menacent de leur voler la vedette ».

Artprice analyse les nouveaux défis auxquels la FIAC et la Frieze doivent aujourd’hui faire face.

La stratégie des galeries

Pas d’oeuvres normalement de Njideka A. Crosby au Grand Palais pour les visiteurs de la FIAC 2017. La jeune peintre nigérienne est la grande révélation 2017 en salles de ventes, comme le souligne le dernier Rapport Artprice sur le Marché de l’Art Contemporain. Malgré son récent succès, Victoria Miro – sa principale galeriste – a choisi de présenter Conrad Shawcross, Secundino Hernández et Doug Aitken.

De même, les éminentes galeries qui représentent Adrian Ghenie (Pace, Thaddaeus Ropac, Plan B) n’ont pas prévu d’exposer la jeune superstar roumaine au Grand Palais cette année. Plus étonnant encore, il ne devrait pas y avoir à la FIAC cette année de toiles de Jean-Michel Basquiat. Faut-il voir dans ces choix la volonté des galeries de présenter d' »autres artistes » ? Y a-t-il un désir de leur part de se démarquer des enchères ? De se positionner « en marge » ou de donner l’impression d’être « en avance » par rapport aux œuvres qui circulent dans les salles de ventes ?

Cet hermétisme n’est évidemment pas absolu. David Zwirner a dévoilé son intention de présenter à la FIAC des œuvres de Sigmar Polke et Wolfgang Tillmans, deux signatures parmi les plus en vogue en salles de ventes. Le premier a enflammé la session d’Art Contemporain de Phillips ce 6 octobre 2017 à Londres avec Tänzerin (1994) #l-14193057, cédé pour 4,4 m$. Une autre toile importante, Was machen die Russen in Mexiko (1982) #l-14207217 de Sigmar Polke, sera mise en vente à Paris pendant la FIAC chez Christie’s. Cette œuvre, déjà passée deux fois aux enchères, avait atteint 170 500 $ #l-11477625 chez Sotheby’s à New York en 1988, puis 178 500 $ #l-803003 chez Christie’s en 1997. Elle est aujourd’hui estimée entre 3,5 m$ et 4,7 m$ et fera partie de la vente de la collection de Jean-François & Marie-Aline Prat ce 20 octobre à Paris.

Ce n’est pas un hasard si Christie’s a choisi d’organiser cette session de vente ultraprestigieuse durant la FIAC. La maison britannique montre en effet de plus en plus clairement sa volonté de profiter de l’agenda des grandes foires. Ainsi avait-elle décidé en juin de déplacer sa vente d’Art Contemporain et d’Après-guerre de Londres en octobre, afin de la faire coïncider avec la Frieze. Un pari à moitié remporté puisque la maison n’a pas réussi à vendre le lot phare de cette session : Study of Red Pope 1962. 2nd version 1971 #l-14155965 de Francis Bacon. Estimée entre 78 m$ et 104 m$, cette œuvre aurait dû établir un important record en Europe pour les ventes aux enchères.

Face à cet échec, les très bons résultats enregistrés à Londres pour Basquiat, Doig ou encore Gormley soulignent une évolution décisive : l’Art Contemporain est aujourd’hui le segment le plus explosif, et le premier moteur du Marché de l’Art. Un rôle qu’il a définitivement pris à l’Art d’Après-guerre.

Mélange d’enseignes internationales et de galeries locales

La FIAC reste d’abord le rendez-vous des grandes galeries parisiennes, notamment Chantal Crousel qui accueille les visiteurs dès l’entrée. Dans les allées principales, les visiteurs retrouvent Perrotin, Lelong, Mennour, Obadia, Almine Rech, Daniel Templon, Karsten Greve, Thaddaeus Ropac, etc.

Mais la FIAC est également le rassemblement à Paris des plus prestigieuses enseignes anglo-saxonnes : Gagosian, Zwirner, Lisson, Sadie Coles, Marian Goodman, Victoria Miro, Paula Cooper, Simon Lee, White Cube, Skarstedt, etc. C’est aussi l’excellence des marchands d’art européens, avec les Allemands calier | gebauer, Konrad Fisher et Sprüth Magers, les Italiens Massimo de Carlo et Continua, et les Belges Xavier Hufkens, Zeno X et Jan Mot.

Pour la deuxième année consécutive, Hauser & Wirth fait partie avec Lévy Gorvy des rares galeries prééminentes qui préfèrent la Frieze et dédaignent la FIAC. La proximité de deux grandes foires européennes rend ce double déplacement périlleux. A propos de l’édition 2016, la directrice parisienne de la galerie Gagosian déclarait pourtant : « Nous pensions que cette année serait un pari à relever à cause de l’écart de temps entre la FIAC et Frieze. Nous sommes très heureux des ventes réalisées et des rencontres que nous avons faites. Il y a eu une forte audience internationale et nous avons réalisé des ventes auprès de nouveaux clients. Paris devient la capitale de l’art. La qualité des présentations est remarquable« .

En 2016, la FIAC avait accueilli 72 080 visiteurs en 5 jours, soit +0,5 % de plus que l’année précédente. Pour comparaison, la Frieze London et la Frieze Masters ont accueilli conjointement un peu plus de 60 000 visiteurs lors de cette 15ème édition (du 5 au 8 octobre 2017).

En élargissant le nombre de galeries – 192 pour cette 44ème édition, contre 186 l’an dernier et 173 en 2015 – la FIAC diversifie les exposants sans faire de concessions sur le prestige. Au fil des ans, l’illustre événement culturel parisien montre son désir de présenter, face aux grandes galeries internationales, une scène artistique parallèle. Un ensemble de galeries « locales » représentent des artistes déjà reconnus dans leur pays et qui cherchent maintenant à profiter de la visibilité internationale de la FIAC. L’occasion pour eux de se faire connaître des grands collectionneurs. Le secteur Lafayette, en particulier, fait la part belle à ces nombreuses révélations, en rassemblant des galeries comme LambdaLambdaLambda (Prishtina, Kosovo), Truth and Consequences (Genève, Suisse) ou Gypsum (Le Caire, Egypte).

Parmi les exposants qui promettent de très belles découvertes, on peut citer la Belge Nadja Vilenne installée à Liège en Belgique, ou la galerie hongroise Kisterem. Enfin, Tomio Koyoma insufflera un peu d’Asie dans le Grand Palais, à l’intérieur duquel les exposants asiatiques, africains et sud-américains restent encore discrets.

Nombre de galeries par continent – FIAC 2017

 l’intérieur duquel les exposants asiatiques, africains et sud-américains restent encore discrets. Nombre de galeries par continent – FIAC 2017

On site et le Prix Marcel Duchamp

De l’autre côté de l’Avenue Churchill, On Site met la sculpture à l’honneur au Petit Palais. Face au succès que rencontre la Frieze Sculpture de l’autre côté de la Manche, avec ses dizaines de pièces monumentales éparpillées dans Regent Park, la FIAC souhaite se lancer dans une aventure similaire.

La liste des sculpteurs rassemblés pour ce projet est particulièrement variée et séduisante. Elle comprend aussi bien des noms connus de tous les Français, comme Arman, que des pionniers du minimalisme tels que David Nash et Richard Nonas. On site se veut aussi l’occasion de confronter les travaux de l’Autrichien Erwin Wurm, la Belge Joëlle Tuerlinckx ou encore le Camerounais Barthélémy Toguo, et de redécouvrir le travail en trois dimensions d’Antoni Tàpies.

Mais le véritable atout de la FIAC, celui qui distingue cette foire de toutes les autres, reste sans doute le prestigieux prix Marcel Duchamp, décerné depuis 2000 par l’ADIAF (l’Association pour la Diffusion Internationale de l’Art Français). Ce prix a déjà révélé de nombreux artistes, parmi lesquels Thomas Hirschhorn, Dominique Gonzales-Foerster, Tatiana Trouvé, Latifa Echakhch et le lauréat 2016 Kader Attia. Cette année, les quatres artistes nommés sont Maja Bajevic, Joana Hadjithomas & Khalil Joreige, Charlotte Moth et Vittorio Santoro. Leurs travaux sont présentés au 1er niveau du Centre Pompidou, du 27 septembre 2017 au 8 janvier 2018.

A l’instar du Prix Marcel Duchamp, la FIAC se veut un rendez-vous annuel prestigieux, sérieux, dans le calendrier du Marché de l’Art. La foire parisienne, dirigée par Jennifler Flay, se différencie ainsi de la Frieze qui multiplie chaque année les propositions et les événements parallèles. Pour cette 15ème édition, une nouvelle section intitulée « Sex works: Feminist Art & Radical Politics » proposait entre autres une nouvelle façon d’approcher la foire et ses galeries.

www.artprice.com Copyright thierry Ehrmann 1987/2017

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Le Rapport Annuel Artprice du Marché de l’Art mondial 2016 publié en mars 2017 :
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Le rapport du Marché de l’Art Contemporain 2016 d’Artprice est accessible gratuitement à l’adresse:
https://fr.artprice.com/artprice-reports/le-marche-de-lart-contemporain-2016

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