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Suite de l’interview exclusive de thierry Ehrmann, PDG d’Artprice.com (7 mars 2012)

2012/03/07 Commentaires fermés

Suite de l’interview exclusive de Thierry Ehrmann, PDG d’Artprice.com (7 mars 2012)

Boursica :
Nous vous avons interviewé en profondeur le 05 juin et le 09 octobre 2011. Nous sommes début mars 2012 et les enchères ont démarré sur Artprice depuis près d’un mois et demi. Quelles sont vos impressions ?

Thierry Ehrmann :
Pour comprendre certains points de cette interview, il est nécessaire pour vos lecteurs de les renvoyer vers les interviews du 5 Juin 2011 et du 9 Octobre 2011 qui sont les grilles de lecture de cette troisième interview. Nous avons donc effectivement démarré le 18 janvier 2012 les enchères, après 16 ans de combat législatif contre un des plus vieux monopoles au monde: les ventes aux enchères d’art, qui datent de l’Edit de 1556. Nous sommes arrivés à faire valoir la libre concurrence par la désormais célèbre loi du 20 juillet 2011.

Boursica :
Vous êtes donc devenu « Maison de ventes » ?

Thierry Ehrmann :
Non, plus précisément nous sommes devenus opérateur de courtage aux enchères, réalisées à distance, par voie électronique, comme défini par l’article 5 de la loi 2011-850 du 20 juillet 2011 par notre Place de Marché Normalisée ® aux enchères.

Boursica :
Pouvez-vous préciser ?

Thierry Ehrmann :
Artprice possède un ensemble de process de normalisation du marché de l’art unique au monde, à travers une multitude de dépôts, au titre de la propriété intellectuelle (droit sui generis, brevet logiciel, droit d’auteur, …), qui nous permet, à travers la Place de Marché Normalisée, de rapprocher l’offre et la demande en temps réel, à prix fixe ou aux enchères. A ce titre, nous ne sommes pas responsables de l’enchère car nous ne sommes pas attraits aux parties (l’acheteur et le vendeur). C’est le vendeur qui choisit in fine la meilleure enchère, selon ses propres critères, et nous reverse entre 5 et 9% de commission pour l’usufruit de notre Place de Marché Normalisée aux enchères et de notre fichier clients, le plus important au monde à ce jour, de 1,4 million de membres, dont nous connaissons, pour chacun, de manière très précise, ce qu’il recherche ou souhaite vendre.

Boursica :
Revenons à ce mois et demi écoulé. Qu’avez-vous constaté en sept semaines ?

Thierry Ehrmann :
Nous avons d’abord relevé un défi extraordinaire, celui de réunir en offre, plus de 5000 lots à l’ouverture des enchères le 18 janvier 2012, représentant une valeur de plus de 810 millions d’Euros avec toute une gamme de prix allant de quelques centaines d’euros à plusieurs dizaines de millions d’euros.
Pour comprendre ces 45 premiers jours d’enchères, il est nécessaire d’expliquer auparavant la genèse des transactions sur Artprice, par sa Place de Marché Normalisée à prix fixe, dont je rappelle qu’elle est née le 18 janvier 2005 et qu’elle a progressé de manière spectaculaire, avec une offre démarrée en 2005 à 1,2 milliards €, puis en 2006 plus de 2,7 milliards €, 3,6 milliards € en 2007, 4,5 milliards € en 2008, 5,4 milliards € en 2009, pour se stabiliser en 2010/2011 à 6,3 milliards € avec environ de l’ordre de 30% de ventes abouties, pour lesquelles nous n’étions pas commissionnés (tous les chiffres précis sont sur les documents de référence et communication réglementée accessibles sur le site ActusNews homologué par l’A.M.F.). Très vite, les Acteurs du Marché de l’art en 2012 ont réagi de manière assez rapide avec le passage aux enchères, avec un accueil remarquable et très positif mais aussi en contrepartie un tout autre accueil d’un petit noyau dur, principalement proche de Drouot, d’une vieille garde usée qui a déployé des moyens de nuisance, voire de menaces, impensables en Europe.

Boursica :
Parlons d’abord de cet "accueil remarquable et très positif ", selon votre expression.

Thierry Ehrmann :
Nous avons eu très rapidement, une génération de Galeristes, Maisons de ventes, Marchands d’art, Artistes, Collectionneurs et Amateurs qui ont compris que plus rien ne serait comme avant. Il est vrai que nos enchères étant limitées dans le temps, les transactions et les échanges ont véritablement explosé, par rapport à la Place de Marché Normalisée à prix fixe d’Artprice, où la notion de temps est plus étendue. Nous avons multiplié dans les jours qui ont suivi pratiquement par cinq notre trafic en bande passante et en nombre de logs. Nous avons eu des témoignages et des contributions d’une richesse inégalée. Pour toute une génération, que je situerais entre 25 et 50 ans, Artprice, par son fichier clients, qui est le plus important au monde (1,4 million de membres) et ses milliards de logs de comportements stockés conformément aux directives européennes et françaises, a donné à ces acteurs du marché de l’Art, la possibilité de leurs bureaux ou de chez eux, en quelques secondes, sur des artistes parfois peu connus, de toucher en quelques heures les dizaines de milliers d’acheteurs potentiels sur des artistes précis en provenance des cinq continents. Des discussions hors normes se sont établies entre ces acteurs et nous-mêmes qui ont la force de remettre en cause tout leur processus de vente. Ce qui démontre un vrai courage de leur part.

Boursica :
Quel était le sens de ces discussions et comment se traduisent-elles ?

Thierry Ehrmann :
C’est pour ces Acteurs du marché de l’art une remise en compte intégrale de leurs métiers. Ils découvrent subitement qu’ils possèdent de facto une puissance de feu supérieure aux fichiers clients des plus grandes maisons de ventes ou célèbres galeries. Enfermées dans leurs propres fichiers clients et obligées de faire des foires d’art internationales à grands frais pour se déployer sur d’autres continents, elles ont subitement, par Artprice et sa Place de Marché Normalisée aux Enchères, découvert un nouveau paradigme économique qui les fait migrer définitivement dans l’Internet, qui est désormais la terre de toutes les conquêtes des cinq continents.

Boursica :
Qu’entendez-vous par nouveau paradigme économique ?

Thierry Ehrmann :
Ils comprennent que leur modèle économique, à savoir la pratique de marges élevées, avec un nombre restreint de ventes, faute de ne pas avoir un fichier clients de grande envergure, est en pleine mutation. Certains imaginent fermer en partie leur galerie ou leur établissement secondaire, d’autres leur salle des ventes physique. Ils découvrent, d’un point de vue macro-économique, que le marché de l’art, qui est passé de 500 000 collectionneurs d’après guerre, à 450 millions de "consommateurs d’art" aujourd’hui, leur est enfin accessible en quelques minutes de leurs lieux professionnels ou privés. De ce fait, ils peuvent effondrer leurs marges, jusqu’alors rédhibitoires, et multiplier leur chiffre d’affaires dans des proportions qu’ils n’imaginaient pas, faute de lourds moyens financiers et de connaissance profonde de l’Internet. En un mois et demi, nous avons levé beaucoup de freins et d’inhibitions que nous corrigeons. Mais attention, si nous prenons en compte les quatorze jours d’enchères, le règlement livraison au tiers de confiance (délai d’environ 15 jours compte-tenu des virements internationaux) et la finalisation de la vente entre acheteur et vendeur qui donne la main levée définitive, nous commençons à peine à percevoir les commissions de fin janvier 2012 qui était notre date d’ouverture aux enchères. Donc nous allons certainement avoir de bonnes surprises bientôt, car la montée en charge des enchères sur la Place de Marché Normalisée est constamment en progression et ce de manière régulière depuis son ouverture le 18 janvier 2012.

Boursica :
Avez-vous confronté votre postulat avec les grandes maisons de ventes anglo-saxonnes ?

Thierry Ehrmann :
Je vous invite à lire en urgence la pleine page des Echos du 3 mars 2012, signée de Martine Robert, où le Rapport annuel d’Artprice sur le marché de l’Art est présenté avec en écho, une interview du Président de Christie’s qui se termine par cette phrase "L’avenir du Middle Market de 800 à 10 000 € est sur le net." Qui mieux que Christie’s peut nous le certifier ?
Je rajoute, en qualité de Président d’Artprice, que ce segment représente à l’échelon mondial, 81 % des transactions. J’amène donc bien la preuve par un tiers qui a la qualité d’expert incontestable, que l’ancienne économie du marché de l’Art considère noir sur blanc que 81% passera bien par Internet et de facto, par notre position de leader incontestée, sur notre Place de Marché Normalisée.

Boursica :
Vous avez parlé de freins et d’inhibitions. Pourriez-vous être plus précis ?

Thierry Ehrmann :
En effet, notamment avec le problème majeur concernant le tiers de confiance, nous avons retenu le leader mondial du séquestre "Escrow.com", au passage je rappelle que le terme "escrow" signifie "séquestre" en anglais.
Leur mode opératoire est absolument parfait mais Escrow a un handicap en acceptant comme devise unique le dollar US, qui était un frein terrible, principalement pour nos clients européens. Nous avons donc choisi, en un temps record, un deuxième tiers de confiance, après un appel d’offres, qui est Transpact, en Angleterre, qui gère le dollar US, l’Euro et la Livre Sterling avec un déploiement à la mi-février. Mais nous avions toujours le problème de la barrière linguistique.
En effet, autant nos clients sur Artprice ont accès à six langues, autant sur les sites de nos deux tiers de confiance, la langue unique qui est l’anglais se révèle être un véritable obstacle car les sommes en jeu sont très importantes et nos clients veulent d’un point de vue juridique et pratique comprendre parfaitement toutes les étapes et le mode opératoire de séquestre et de main levée avec le tiers de confiance.

Boursica :
Mais pourquoi ne pas choisir un tiers de confiance par zone linguistique ?

Thierry Ehrmann :
Je dois vous faire un aveu, notamment en France, aucune banque, ni établissement assimilé, n’a été capable de relever le défi du cahier des charges, alors que les sommes en jeu séquestrées seront à terme colossales et que, de surcroît, la notion de tiers de confiance, dans l’économie numérique, est applicable à bien d’autres groupes et activités économiques, différents d’Artprice et du marché de l’art. Cela explique, entre autres, un certain échec français en matière d’économie numérique et mondialisée de facto…

Boursica :
Y a-t-il donc une solution ? Et pourquoi ne pas le faire vous-même ?

Thierry Ehrmann :
Au regard de la loi du 20 juillet 2011 sur les enchères en ligne, notamment l’article 5 retranscrit dans l’article 321-3 du Code de Commerce (alinéas 2 et 3), il est primordial que le tiers de confiance qui séquestre la somme et qui effectue la main levée soit totalement indépendant d’Artprice, tant sur le plan juridique que sur le plan capitalistique. Mais je vous rassure, nous avons, avec nos deux partenaires, montré le nombre très impressionnant de clients qui, arrivés sur la page du site du tiers de confiance, décrochent car ils considèrent que transférer des sommes importantes sans une maîtrise totale du texte dans leurs langues habituelles, est un risque non négligeable. C’est en montrant ce pourcentage de transactions désactivées en dernière minute sur les sites de nos tiers de confiance, qu’ils ont été immédiatement convaincus qu’ils devaient eux-mêmes modifier très vite dans les langues d’Artprice (français, anglais, allemand, italien, espagnol et chinois), leurs pages et leurs API informatiques.
C’est donc une affaire réglée qui sera résolue dès le deuxième trimestre avec très certainement en plus l’arrivée d’un troisième partenaire asiatique comme tiers de confiance sur la zone Asie/Pacifique.

Boursica :
Peut-on considérer que la Place de Marché Normalisée aux Enchères est désormais figée ?

Thierry Ehrmann :
Oui, dans l’essentiel, tout est là. Mais nous avons une très forte culture dans Artprice de faire des cahiers des charges béton, synthétique et peu coûteux en ressources humaines, qui volontairement, laisse une part importante à des extensions diverses et variées, que nous remonte notre Customer service qui est excellent pour analyser les demandes des clients de tous pays. Le plus grand danger est de faire un développement informatique faramineux, prisonnier d’un cahier des charges monstrueux qu’on impose de force à la clientèle internationale. La grosse erreur des Français est d’essayer d’imposer un produit en fonction de ses goûts. Artprice a une pratique inverse et nous considérons que ce sont les clients et le marché qui sont nos meilleurs prescripteurs et conseillers. Cette approche paraît simple et pourtant, très peu de groupes en France la pratiquent.

Boursica :
Vous avez fait état, dans un communiqué, que l’offre en cours correspondait pour le moment au prévisionnel de 2013. Qu’en est-il ?

Thierry Ehrmann :
En effet, nous avions tablé sur 300 lots nouveaux présentés par jour, soit une moyenne de 90 000 lots par an. Nous sommes actuellement dans une moyenne qui avoisine les 500/700 nouveaux lots présentés par jour avec une gamme de prix très variée. Il faut préciser que pour une grande Maison de vente, une très belle vente cataloguée n’excède jamais 300 à 350 lots présentés et il faut en moyenne 2 à 3 mois de préparation, a contrario d’Artprice où il faut 12 heures en moyenne. Cela en fait réfléchir plus d’un.

Boursica :
Pourquoi ne pas transférer la Place de Marché Normalisée à prix fixe, aux enchères directement ? Cela amènerait un chiffre d’affaires que vous possédez déjà, et qui est considérable et immédiat à Artprice.

Thierry Ehrmann :
En effet, la question s’est posée et nous avons eu un véritable débat au cœur d’Artprice. J’ai tranché dans le vif entant qu’auteur de la P.M.N. et j’ai considéré que la Place de Marché Normalisée à prix fixe, compte tenu des volumes énormes, est un véritable écosystème depuis janvier 2005 et que nous devons opérer une transition en douceur, sans jamais forcer nos fidèles clients.

Boursica :
Vous paraissez bien sûr de votre postulat. Pourriez-vous le développer ?

Thierry Ehrmann :
C’est simple, je pars du principe qu’une très grande majorité des vendeurs choisira naturellement les enchères car, contrairement à un marché comme l’immobilier ou l’automobile, où la variation entre le prix fixe et les enchères est somme toute peu importante, dans le cadre d’Artprice, le différentiel du prix fixe que l’on présume d’une œuvre d’art et celui du prix résultant d’une enchère peut, même si le vendeur est un professionnel, passer du simple au double très naturellement. C’est sur ce postulat que je considère que nous détenons, de manière propriétaire, depuis 7 ans, un nombre de vendeurs et d’acheteurs très important dans un mode bases de données et software propriétaires et ce, dans le monde entier, avec un volume de ventes annuelles qui est estimé de l’ordre d’environ 1,8 milliards € sur les 6,3 milliards € de présentations d’œuvres. Ce serait, selon moi, une pure bêtise de forcer à passer aux enchères ces acteurs du marché de l’art qui sont dotés d’une forte personnalité et qui sauront très bien, par eux-mêmes, se faire une opinion. J’en ai la preuve tous les jours en voyant les migrations naturelles.

Boursica :
Mais vos actionnaires veulent un résultat immédiat ?

Thierry Ehrmann :
Nous avons su attendre un certain temps pour que la France se décide à appliquer en droit interne une directive Européenne. Je me refuse de faire le jeu contre-productif d’un tout petit nombre d’actionnaires qui voudraient une communication réglementée quotidienne et qui assimileraient notre cours de bourse à la Française des Jeux. Je n’ai rien contre la Française des Jeux qui est d’ailleurs un groupe de qualité mais les amateurs d’émotions fortes qui désirent un rendement quotidien ne sont pas pressentis pour être actionnaires d’Artprice.

Boursica :
Que pensent vos actionnaires historiques ?

Thierry Ehrmann :
Comme par hasard, l’ensemble de nos actionnaires historiques et/ou importants sont presque plus patients que nous le sommes. Nous sommes en train, selon les historiens et les sociologues du marché de l’art, d’effectuer une mutation aussi importante que le passage de la corbeille de bourse aux ECN de type NASDAQ ou Instinet de Thomson Reuters. A ce titre, il faut laisser un peu de temps au temps, d’autant plus qu’avec nos dépôts en propriété intellectuelle et industrielle, nous disposons d’un monopole légal, en matière de normalisation du marché de l’art ID artiste, ID oeuvre ID catalogue raisonné, ID estimation/économétrie… (Voir les précédentes interviews de Boursica), sans abus de position dominante et donc avec une absence absolue de concurrents sérieux disposant de droits similaires en terme de D.P.I. depuis 16 ans. Dans l’hypothèse peu vraisemblable qu’il arrive un jour un numéro 2, la règle terrible du Online que je pratique depuis 25 ans s’appliquerait "Second place is the First loser".

Boursica :
Peut-on voir un rapport avec l’A.G.E. du 30 mars 2012 qui n’était pas prévue au calendrier ?

Thierry Ehrmann :
Oui, effectivement. Cette A.G.E. grave définitivement dans le marbre la réussite de notre mutation économique qui est désormais pour nous de l’ordre de la certitude. Nous sommes, dans un premier temps, avec 16 ans de travail, devenus le leader mondial de l’information sur le marché de l’art avec 1,4 million d’abonnés. En début 2012, nous avons acquis avec assurance la conviction que notre cœur de métier et notre rentabilité optimale se situent sur la Place de Marché Normalisée à prix fixe et aux enchères. C’est la raison pour laquelle nous modifions en profondeur notre objet social pour être en adéquation avec cette aventure extraordinaire qu’est Artprice.

Boursica :
Certains de nos lecteurs nous ont fait part d’une augmentation de capital lors de cette AGE. Est-ce le cas ? Il me semble que vous étiez contre.

Thierry Ehrmann :
Il ne s’agit nullement d’une augmentation de capital mais uniquement d’un plan de stock-options dans le but d’être attractif pour des profils atypiques et rares que nous chassons pour la Place de Marché Normalisée aux Enchères. Il est clair que nous cherchons les meilleurs éléments où qu’ils soient dans le monde feutré du marché de l’art et nous voulons nous en donner les moyens. De même il est logique de récompenser les collaborateurs d’Artprice qui se sont impliqués dans des proportions au-delà des normes communes.
Concernant les augmentations de capital, je réitère mes propos, à savoir que je suis totalement hostile aux augmentations de capital qui non seulement diluent les actionnaires mais surtout, et on l’oublie souvent, interdisent à la société cotée de voir son cours grimper très rapidement. Contrairement à la grande majorité de sociétés cotées, nous n’avons pas un euro de dette. Pas de découvert bancaire, pas d’emprunts court, moyen et long terme, aucun convenant bancaire, ni d’instruments financiers à rembourser comme les BSA et autres produits dérivés, avec de plus, une bonne trésorerie et un BFR négatif.

Boursica :
Il y a quelques jours, vous avez publié votre rapport du marché de l’art. Comment se fait-il que tous les médias français et internationaux ainsi que les institutions ne citent qu’Artprice lorsqu’on parle de marché de l’art ? C’est un lobbying ?

Thierry Ehrmann :
Non, je vous le certifie, une seule réponse à votre interrogation: l’historique d’Artprice : nous sommes aujourd’hui le seul groupe au monde à avoir normalisé le marché de l’art avec plus d’un million d’heures de travail d’historiens, de chercheurs et de journalistes en marché de l’art qui ont documenté et écrit sur toutes les œuvres issues de ces manuscrits et catalogues, notamment du 17e siècle à nos jours. C’est pour cela que nous avons la plus grande banque de données d’informations sur le marché de l’art au monde qui permet de tracer les œuvres d’art au fil des siècles avec 108 millions d’images ou gravures d’œuvres d’Art de 1700 à nos jours commentées par nos historiens d’art. Avec cette normalisation et plus de 3600 maisons de ventes qui sont connectées sur notre Intranet sécurisé, nous sommes la seule agence de presse (Art Market Insight) à pouvoir fournir des données macro-économiques, des cotes et indices selon la méthode des ventes répétées et plus d’une centaine d’indices de référence qui permettent à plus de 6300 médias chaque année d’aborder le marché de l’art à travers des chiffres objectifs et exhaustifs.

Boursica :
Avez-vous un exemple concret ?

Thierry Ehrmann :
J’en veux pour preuve notamment la Chine, où nous sommes de très loin les seuls à remonter une information aussi difficile et délicate de par la barrière linguistique ainsi que les us et coutumes.

Boursica :
Cette présence permanente dans les médias a-t-elle un coût ?

Thierry Ehrmann :
Non, bien au contraire, de manière systématique et contractuelle, la presse écrite et audiovisuelle a l’obligation de nous sourcer avec notre code Internet et de commenter notre méthodologie. Nous estimons que chaque année, nous économisons en valorisation entre 16 et 18 millions d’euros d’espaces publicitaires qui, de toute façon, n’auraient pas la même pertinence car rien ne remplace un contenu d’agence de presse dont le degré de lecture est infiniment plus fort que de la publicité, si talentueuse soit elle. Concernant les études de marché spécifiques pour les médias, les assurances ou le private banking, bien évidemment, nous facturons nos études comme il se doit.

Boursica :
Mais vous aviez bien pourtant parlé d’une campagne publicitaire internationale pour le lancement de la Place de Marché Normalisée aux Enchères ?

Thierry Ehrmann :
Oui, dans le cadre du lancement des enchères, nous avons certes bénéficié de très bonnes retombées médiatiques mais nous avons complété, pour l’exercice 2012, par un plan de campagne ciblé sur la presse artistique, où nous avons pris pour chaque pays clé le leader et le co-leader ainsi que des campagnes sur des networks T.V. très ciblés sur l’art et le luxe. La campagne a démarré fin janvier 2012, pour se caler sur le calendrier du marché de l’art, qui prend son amplitude avec les ventes dites de printemps.

Boursica :
Revenons au rapport annuel du marché de l’art qui vient de sortir. Celui-ci étant disponible sur votre site Internet, pourriez-vous nous dire brièvement quel enseignement essentiel doit-on en tirer ?

Thierry Ehrmann :
Le premier enseignement est son titre : "L’art ne s’est jamais aussi bien vendu en 2011". Le produit mondial des ventes aux enchères a dépassé son record absolu avec 11,5 milliards $. Ce qui veut dire qu’avec le premier marché, soit les galeries, marchands d’art et courtiers, on est désormais sur une base d’environ 90 milliards $, selon les ratios entre le premier et le second marché. Le taux d’invendus est au plus bas. La Chine écrase les USA avec 41,4% de volume mondial et l’Asie devient à elle seule un véritable marché avec près de 45% du marché mondial. Les artistes chinois trustent toutes les meilleures places tant dans notre Top 10 que dans notre Top 500. J’en veux pour exemple l’Icône occidentale Pablo Picasso qui, pour la première fois, sort du podium pour devenir numéro 4 mondial. Quant à la France, rien de nouveau, la chute continue toujours et encore.
Le nombre d’enchères millionnaires ne cesse de croître dans le monde, notamment en Asie.

Boursica :
Le marché de l’art serait donc comme l’or, une valeur refuge ?

Thierry Ehrmann :
Oui, nous en avons la démonstration avec les deux épreuves terribles où l’économie et la finance mondiale se sont effondrées en 2008 et en 2011 alors que le marché de l’art a fait preuve d’une grande maturité et de performances exceptionnelles. Ce n’est pas pour rien que le private banking et les gestionnaires de patrimoine conseillent désormais, notamment grâce aux outils économétriques d’Artprice, de se diversifier en période de crise dans le marché de l’art. Je vous invite à regarder nos progressions par gamme de prix et vous comprendrez que l’Artprice Global Index se porte mieux que le S&P 500 ou l’Eurostoxx 50.

Boursica :
Justement, en parlant d’enchères millionnaires, à quand la première enchère millionnaire sur Artprice que tout le monde attend ?

Thierry Ehrmann :
Les enchères millionnaires sur Artprice sont une absolue certitude, au vu de nos discussions avec les grands acteurs du marché de l’art. Ce n’est donc qu’une question de date. Un seul pressentiment, cette enchère portera vraisemblablement sur un artiste Chinois.

Boursica :
Pour revenir aux performances de la France, pourquoi une telle chute d’année en année ?

Thierry Ehrmann :
J’ai souvent répondu à cette question. La France était numéro 1 mondial dans les années 60 mais hélas, elle n’a cessé de perdre du terrain. Quelques chiffres : l’art contemporain sur une année pèse 13 millions $, ce qui signifie à l’échelle du Monde le néant, New York et Londres sur de belles ventes cataloguées réalisent chacune en une journée ce que la France fait en un an. Il est évident que le monopole de près de 500 ans des commissaires-priseurs et la première réforme de 2000 qui a avorté dans des conditions pathétiques, ont contribué à paralyser la maison France. Nous en savons quelque chose à titre personnel, avec nos 16 ans de combats législatifs et dizaine de procédures desquelles nous sommes sortis vainqueur après des années de calendrier judiciaire.

Boursica :
Mais la guerre est désormais terminée entre Artprice et l’ancien monopole ?

Thierry Ehrmann :
Sur le plan économique, la messe est dite et nous avons une autoroute californienne devant nous. Sur le plan du droit, sans être rancunier, nous devons finaliser quelques dossiers où le préjudice économique que nous avons subi doit aboutir à un processus indemnitaire. De même, certaines attaques qui n’ont pas abouti méritent réparations en demandes reconventionnelles. Par ailleurs, nous maintenons avec fermeté, nos poursuites pénales et notre plainte contre des Maisons de ventes françaises pour entente illicite devant l’Autorité de la concurrence avec de nouveaux éléments depuis fin janvier 2012.

Boursica :
Vous visez qui ?

Thierry Ehrmann :
En réalité, un tout petit nombre d’anciens commissaires-priseurs parisiens, essentiellement à Drouot, avec ses scandales judiciaires et mises en examen à répétitions. Concernant l’organisme de régulation, qui est le Conseil des Ventes Volontaires, le communiqué de presse du 6 Janvier 2012 à quelques heures de notre lancement de la Place de Marché Normalisé aux enchères, sans le moindre courrier, ni appel téléphonique préalable, ni la moindre mise en demeure était totalement surréaliste alors qu’il nous connaît très bien, tant par nos auditions, que nos fournitures de données chaque année pour leur rapport annuel sur le marché de l’art. Depuis quand un acte introductif d’instance se matérialise par un communiqué de presse, sans que nous soyons prévenus préalablement par voie judiciaire ?
Pour moi la mission du Conseil des ventes est primordiale, mais dans le strict respect du contradictoire. Les choses étant ce qu’elles sont, une grille de lecture nous fait penser que ce petit noyau dur de commissaires-priseurs proche de Drouot, fous de rage des conséquences de la loi du 20 juillet 2011 et notamment de l’article 5, dont je viens de vous parler, a induit de manière intentionnelle en erreur le Conseil des Ventes Volontaires qui a su ces dernières années avec peu de moyens, oser ouvrir avec courage de vrais débats sur le déclin inexorable du marché français. Il faut savoir que nous avons eu des menaces extrêmement violentes de quelques rares acteurs qui ne supportent pas de voir leurs marges et leur marché s’effondrer. Mon côté perspicace et mes nombreuses heures de vol au compteur me font dire que de telles manifestations de haine et de fureur prouvent que nous avons frappé là où résidait le profit, à savoir entre autres 5% de commission nette sur les œuvres de plus de 15 000 € et 7% de 7 500 à 15 000 €.

Boursica :
Internet a donc dévoré le marché de l’art, entre autres, avec vous ?

Thierry Ehrmann :
Il faut tout relativiser et ne jamais oublier que plus de 4500 sites Internet d’art ont disparu depuis 2000 et que nous avons vécu la quasi-disparition boursière de site d’art sur Internet désormais relégué en OTC sans aucun volume. Pour nous, il est vrai que nous avons démarré Artprice avec moins de 30 millions d’internautes et que nous sommes aujourd’hui à plus de 2,7 milliards d’internautes. Mais le meilleur est à venir. Mais mieux que tout, la déclaration du Président de Christie’s sur les œuvres d’Art et Internet est pour nous une excellente certification.

Boursica :
Il reste encore de la croissance sur Internet ?

Thierry Ehrmann :
Nous n’en sommes qu’à 30 % du cycle de croissance de l’Internet à 15% du processus de dématérialisation de l’ancienne économie. L’Internet mobile colle parfaitement à Artprice, car notre clientèle est par nature nomade et a besoin d’informations dans le feu de l’action, comme les experts, les assureurs, les galeristes, les auctioneers, les douanes et bien sûr les collectionneurs et amateurs en situation d’achat ou de vente en galerie ou en salle des ventes.
L’Internet mobile pour Artprice devrait représenter 80% de nos consultations. Nous en sommes déjà à plus de 30% et cette année, l’ensemble des grands bureaux d’études émet une prévision en nombre de Smartphones vendus un chiffre pour 2012 qui se situe entre 550 et 700 millions de nouveaux internautes mobiles. En 2015, c’est plus de 3,5 milliards d’internautes mobiles que nous pourrons connecter à Artprice.

Boursica :
Qu’entendez-vous par 15% du processus de dématérialisation de l’ancienne économie:

Thierry Ehrmann :
Nous ne sommes qu’au début de la dématérialisation de l’ancienne économie.
Je reprendrais la citation de mon vieux maître Pythagore, le premier des philosophes pour lequel tout est nombre, à l’exception des essences que sont les émotions humaines non quantifiables, indicibles et se jouant des nombres. A ce titre au-delà du nombre d’internautes, pratiquement tous les actes de commerce peuvent être dématérialisés, Artprice avec le Marché de l’Art est un très bon exemple. Vous verrez que l’enjeu majeur dans le monde sera ce binôme: dématérialisation et développement durable. La seule vraie réponse à la crise énergétique, c’est la dématérialisation.

Boursica :
Devant de tels chiffres, comment faites-vous sur le plan technique ?

Thierry Ehrmann :
Nous avons, à travers notre maison mère, le Groupe Serveur, qui est un des tout premiers pionniers de l’Internet depuis 1987 (selon Time Magazine), travaillé dans les années 90, dans le respect des directives Européennes et de la CNIL, sur le concept de Data mining, mais nous sommes maintenant passés au concept de "Big data" avec des unités de stockages qui se mesureront à terme en péta-octet. Ces données sont produites en temps réel, elles arrivent de tous pays en flots continus, sont méta taguées mais de façon hétérogène et proviennent de sources très diverses déstructurées et non prédictives.

Boursica :
Quelle est la différence entre le Big data et le Data mining ? C’est de la même chose dont on parle ?

Thierry Ehrmann :
Non, je vais vous expliquer pourquoi. Le concept de Data mining était de croiser des données à haute valeur ajoutée des banques de données des groupes, pour amener de la data très qualitative. Le concept de Big data, c’est bien évidemment le Data mining en sous-ensemble, mais avec une collecte, toujours dans le respect des règles de protection des données personnelles, de milliards de données (logs) considérées jusqu’alors comme non essentielles, alors qu’en réalité, dès que nous avons pu constater l’effondrement du coût du péta-octet (1000 téraoctets), nous nous sommes aperçus que l’exploitation en Data mining de ces données à priori moins qualitatives et considérées comme négligeables, étaient en vérité d’une richesse peu commune. Nous pouvons désormais comprendre des phénomènes complexes et instantanés et aboutir très vite à des produits et services qui collent littéralement à la demande de nos dizaines de millions de visiteurs gratuits ou payants.

Boursica :
Concrètement, quels types d’applications peuvent sortir du "Big data" ?

Thierry Ehrmann :
Nous avons pu par exemple mesurer, depuis l’ouverture de la Place de Marché Normalisée aux Enchères le 18 janvier 2012, non seulement, le nombre impressionnant de visiteurs qui n’étaient jamais venus sur Artprice, mais nous avons pu comprendre aussi, en examinant ces centaines de millions de logs depuis le 18 janvier 2012, pourquoi ces nouveaux clients ne venaient que maintenant, depuis le lancement des enchères. De même, nous pouvons, comme je l’ai dit en début d’interview, dans cet énorme trafic qui a été multiplié pratiquement par cinq sur la P.M.N., décrypter ces nouveaux clients et prospects qui semblent ne s’intéresser qu’aux enchères mais qui en réalité passent leur temps à zapper entre la Place de Marché Normalisée aux enchères et nos données gratuites et très limitées en valeur, dans nos bases de données payantes sur les cotes, indices et biographies, sans faire un acte d’achat supérieur à 50 €.
Grâce au Big data, nous pourrons produire des abonnements sur mesure qui prennent en compte la présence à 70% de l’Internet mobile chez ces nouveaux clients et prospects et de leur degré d’informations payantes selon leurs profils que nous situons de l’ordre de 36 € /an soit 3 € par mois. Ce qui change tout dans cette analyse c’est que notre cible ne se mesure plus en million d’abonnés, comme c’est le cas actuellement, mais en dizaines de millions de consommateurs d’art sur mobile de type iPhone ou en OS Android de Google

Boursica :
Dans tout cela, où sont les artistes ?

Thierry Ehrmann :
Et bien justement, on s’aperçoit grâce au Big data, malgré notre banque de données de biographies regroupant 1,8 million d’artistes, dont 450 000 cotés aux enchères publiques, qu’il existe près d’un million d’autres artistes, beaucoup moins connus, avec un parcours plus discret, qui sont en réalité fascinés par la possibilité de vendre leurs œuvres sur notre Place de Marché Normalisée aux Enchères, avec leur biographie en ligne, sans rentrer dans le processus économique de la galerie puis de la maison de ventes qu’ils refusent par une philosophie d’indépendance. Ce potentiel est loin d’être négligeable et le prix de leurs œuvres qui est souvent inférieur à 7500 €, nous permet d’appliquer notre fourchette basse de 9% de commission et frais.

Boursica :
Concernant votre réseau social Artprice Insider, où en êtes-vous ?

Thierry Ehrmann :
Ce réseau social construit avec des sociologues et professionnels des réseaux sera le contraire de Facebook, à savoir que les professionnels et membres d’Artprice apparaîtront sous leur vrai nom et Artprice Insider sera couplé à la Place de Marché Normalisée à prix fixe et aux enchères. Les premiers tests donnent d’excellentes remontées et les échanges sont tous qualitatifs a contrario de certains réseaux sociaux où l’inutile est omniprésent. Cela fait 18 mois qu’on le peaufine car c’est une véritable bombe dans le monde feutré du marché de l’art dans lequel notre droit à l’erreur doit être proche de zéro.

Boursica :
Ce réseau serait donc réservé aux initiés du marché de l’art ?

Thierry Ehrmann :
Non, pas tout à fait. Je dirais plus que ce réseau s’apparenterait à un Think tank ou à une Brain box. La puissance d’Artprice Insider doit être d’émettre des idées originales, d’avoir un réservoir d’experts, d’être un lieu d’expertise, d’éclairer le débat autour du marché de l’art et faire émerger de nouveaux concepts. Tout, absolument tout est à réinventer dans le marché de l’art qui a été totalement endormi jusqu’à l’arrivée d’Internet. Petit scoop, après leurs accords positifs, nous pouvons annoncer qu’il y aura en live des intervenants qui font partie du Top 100 des Market Makers du marché de l’art.

Boursica :
Avec tout ce programme, comment trouvez-vous le temps de préparer une rétrospective de vos 30 ans de sculpteur plasticien pour juin 2012 à la Demeure du Chaos, qui est le siège social d’Artprice mais aussi un musée d’art contemporain ?

Thierry Ehrmann :
En effet, cela fait 18 mois que je prépare mes 30 ans de sculpteur-plasticien que je fêterai en juin 2012. Pour cet événement important, j’ai réalisé depuis 18 mois, 450 sculptures d’acier brut qui sont une invitation aux visiteurs à réaliser le parcours plein air et découvrir les 3609 œuvres formant le Corpus de la Demeure du Chaos, appelé aussi Abode of Chaos, dixit "The New York Times".
Il aura fallu plus de 900 tonnes d’acier brut, des maîtres forgerons et des lasers de haute précision, pour arriver à créer ce qui sera, au niveau Européen, la plus grande installation statuaire. Une fois de plus, cette démarche plasticienne me permet de décrypter avec une grande sensibilité les artistes et les acteurs du marché de l’art. On ne peut pas réaliser Artprice sans être totalement immergé dans le champ de l’art. Pour l’anecdote, il y a un nombre important d’actionnaires et/ou clients dans nos 120 000 visiteurs/an, je peux donc le week-end bénéficier de discussions et d’échanges très pertinents pour Artprice hors le contexte du travail. Avec une pointe d’humour, je peux donc dire que je fais la semaine de 63 heures. Ceci dit, ce choix que j’accepte avec lucidité, peut expliquer bien des choses que certains ne saisissent pas vraiment.

Boursica :
Que dire de votre cours de bourse de 2011 ? Et qu’attendez-vous de 2012 ?

Thierry Ehrmann :
Il me semble que peu de dirigeants de sociétés cotées en Europe ont pu pressentir l’évolution de leur cours comme nous en 2011. Artprice a eu le meilleur parcours de tout le marché réglementé, avec +472% de progression sur l’année 2011 et un volume traité de 873 millions € du 1er janvier 2011 au 31 décembre 2011, avec le passage mythique à 67€ que j’avais prédit, suite au célèbre dicton boursier "cours vu, cours revu". Sur 1 an en moyenne mobile, nous sommes à +476% et 1,25 milliards € traités sur le titre. Cette année, avec le compartiment B de Eurolist et notre passage au SRD Long Only il y quelques jours, et bien sûr les enchères, j’ai le pressentiment que l’on peut espérer, avec toutes les précautions d’usage, notamment par des événements exogènes à Artprice, un cours se consolidant autour de 90€.

Boursica :
Vous avez parlé récemment de fonds qui s’intéressent à Artprice, peut-on en savoir plus?

Thierry Ehrmann :
Sans rentrer dans le principe de confidentialité entre les parties, notre passage au SRD Long Only fait que de nombreux fonds qui statutairement n’ont le droit de prendre que des positions sur les sociétés françaises au SRD peuvent donc prendre désormais des lignes sur Artprice. Ils ont une approche très différente des français et utilisent la méthode des comparables avec entre autre Sotheby’s qui est la seule Maison de ventes cotée dans le monde, car ils arrivent en 2012 avec une vision d’Artprice comme acteur principal du marché de l’Art sur Internet par notre Place de Marché Normalisée aux enchères ou à prix fixe, et de ce fait, valorisent différemment Artprice car ils considèrent que notre cours ne représente absolument pas la vraie valeur d’Artprice.

Boursica :
Pouvez-vous être plus précis ?

Thierry Ehrmann :
Nous vous avons donné dans la première interview de juin 2011 les éléments de calcul avec des exemples précis des méthodes de valorisations vielles de plus de 120 ans (N.B. la valeur d’une Maison de Ventes dans le monde, c’est principalement 80 % le fichier client, entre 800 et 4000 dollars par client et 20 % pour la marque de la Maison de Ventes si cette dernière est notoirement connue. Pour bien comprendre la différence entre un poste client estimé à 800 dollars et l’autre à 4000 dollars, c’est à partir des strates d’informations détenues sur le client final que l’on calcule le prix). Donc pour les équipes d’Artprice, moi-même et nos actionnaires c’est la quasi certitude d’être au début d’une nouvelle histoire. Je dirais que nous sommes comme une société qui s’apprêterait à réaliser une I.P.O. au Nasdaq avec en prime, la maturité que nous avons déjà avec 11 ans de parcours sans faute, au marché réglementé. C’est très excitant et terriblement motivant.

Boursica :
Et vos accords sur l’Asie, où en sont-ils ?

Thierry Ehrmann :
Au mois de mars 2012, nous démarrons en Chine une longue marche sur les principales maisons de ventes Chinoises avec près de 40 rendez-vous, avec lesquelles nous partageons beaucoup d’affinités, notamment sur la dématérialisation du marché de l’art, et elles pensent comme nous, que la notion de salles de ventes physiques est inappropriée en 2012 face à l’Internet et notamment notre Place de Marché Normalisée aux Enchères qui aura sa propre assise à Hong Kong, dans nos futurs bureaux.
L’Asie, que je connais bien depuis 20 ans, obéit à des rythmes très différents de nous autres occidentaux. Il faut un temps énorme pour acquérir la confiance de votre futur partenaire. La parole donnée prime sur le droit des contrats. En revanche, la mise en place d’un business se fait à une vitesse fulgurante qui panique généralement les occidentaux. Je pense qu’Artprice est très bien positionnée en Asie où nous sommes considérés comme avant-gardistes, très loin devant les vieilles maisons anglo-saxonnes considérées par les Asiatiques comme parfois dépassées par les événements.

Boursica :
Puisque vous parlez des vieilles maisons anglo-saxonnes, quels sont vos rapports avec elles actuellement et surtout depuis le 18 janvier 2012 ?

Thierry Ehrmann :
Le rapport de force qui s’était établi en 2005 avec la Place de Marché Normalisé à prix fixe a considérablement évolué. Il semble que les deux économies ont chacune effectuée une réflexion en profondeur sur leur avenir. Il est vrai que les confrontations entre l’ancienne économie et l’économie du numérique sur d’autres secteurs que le marché de l’art ont fait avancer le débat. Une fois de plus la Messe est dite avec près de trois milliards d’internautes face aux 50 millions de 1999, d’où ma théorie du changement de paradigme économique.

Boursica :
Pouvez-vous développer plus précisément le contenu de ce débat ?

Thierry Ehrmann :
L’ancienne économie a enfin compris qu’être depuis 25 ans sur Internet, comme Groupe Serveur, qui contrôle Artprice et dont je suis le fondateur, est un espace temps, non seulement incompressible mais très onéreux à acquérir, notamment par la culture de l’Internet qui est très sophistiquée. Sur le secteur du marché de l’art, une anecdote est très révélatrice, avec des recommandations à New-York, dues aux manifestations du « Occupy Wall Street ». Il est recommandé aux gens aisés d’éviter un certain nombre de lieux et notamment les salles des ventes. Ceci dit, les grandes maisons sont en train de liquider peu à peu leurs immobiliers ou résilier de manière anticipée leurs baux. Ils découvrent que l’informatique en réseau sécurisé Intranet, le Data mining, le marketing comportemental, l’indexation, les bases de données normalisant le marché de l’art, sont une industrie lourde, avec des barrières d’entrées financières et technologiques très élevées et parfois, comme cela est notre cas, des protections au titre de la propriété intellectuelle qui leur interdisent tout simplement d’utiliser hors contrat, la réalisation de Places de Marché Normalisées ® sur le marché de l’art dont Artprice possède les différents droits d’auteur tels que entre autres le Droit sui generis.

Boursica :
Et alors, que doit-on conclure ?

Thierry Ehrmann :
La première conclusion est que la partie adverse a pris conscience de la valeur des actifs corporels et incorporels qui constituent une des grandes richesses d’Artprice. Le point numéro deux, est que les grandes maisons ont toutes investi sur Internet, avec généralement, deux à trois plans d’investissements, des sommes se chiffrant systématiquement en centaines de millions de dollars et dont le résultat est insatisfaisant et parfois se révèle catastrophique. Le point numéro trois passe par la reconnaissance d’un acteur historique comme Artprice et la capacité d’imaginer pour la première fois un véritable partage du marché de l’Art.

Boursica :
Comment se partagerait ce marché de l’Art ?

Thierry Ehrmann :
De manière très simple, tout le segment des œuvres inférieures à 15 000 € leur est étranger, et pourtant il pèse un volume colossal sur le marché de l’art (81%). Entre
15 000 et 50 000 €, ils ne sont pas vraiment compétitifs en termes de prix. Se pose alors la question des œuvres de plus de 50 000 € et bien sûr celle des œuvres millionnaires sur lesquelles se greffent alors un service et une prestation parfois sur mesure pour l’acheteur comme pour le vendeur. Très vite, ces vielles maisons font leurs calculs et voient que leurs avantages marketing et leur ancienneté ne suffisent pas à équilibrer leur économie en se projetant sur les cinq prochaines années. Il leur reste alors une démarche pragmatique en se rapprochant de nous.
Pour autant, nous respectons leur démarche mais nous ne pouvons par faire autrement que de nous référer à nos partenaires asiatiques qui ont depuis longtemps anticipé la situation et n’ont donc plus de problème à résoudre. Il est tout à fait possible que nous arrivions, néanmoins, à trouver des terrains d’entente car une jeune génération de cadres supérieurs à la tête de ces vieilles maisons ne s’embarrassent pas des fantômes du passé et passent à l’acte.
L’année 2012 sera certainement pour nos actionnaires accompagnée d’heureuses nouvelles, parfois surprenantes.

Boursica :
Peut-on en savoir plus ?

Thierry Ehrmann :
Sans trahir le secret des affaires, nous avons des acteurs majeurs qui, avec beaucoup de maturité, ont décidé de nous adopter progressivement en marque blanche ou en marque grise. Il est évident que dans ces cadres, le transfert de chiffre d’affaires de sociétés traditionnelles qui opèrent aux enchères d’art depuis de nombreuses années, en utilisant notre Place de Marché Normalisée aux Enchères pour leur propre compte, est susceptible d’impacter le cours de manière non négligeable.
Actuellement nous vivons de manière régulière, ce type de scénario: le départ d’un directeur général à la retraite d’une très grande Maison de ventes internationale et l’arrivé d’un nouveau D.G. de 35 ans qui immédiatement après avoir fait son audit, se rapproche de nous avec un vrai désir de faire du big business, alors que son prédécesseur par son âge proche de la retraite, considérait Artprice dans le meilleur des cas comme un Ovni dans le monde de l’Art sans aller plus loin. Une fois de plus, la patience est une des conditions essentielles de la réussite d’Artprice depuis sa création.

Boursica :
Dans ce cadre, quel est votre statut ?

Thierry Ehrmann :
Dans ces cas-là, nous opérons comme une SSII et un centre Serveur où nous facturons des frais récurrents d’hébergements et d’utilisation de nos logiciels et bases de données propriétaires.

Boursica :
Un dernier mot enfin. Vous nous avez, dans notre première interview, déclaré qu’Artprice était à 10% de son histoire, puis, dans la deuxième interview, vous pensiez plutôt n’être qu’à 5%. On est à combien aujourd’hui ?

Thierry Ehrmann :
Nous sommes toujours à 5% du développement d’Artprice mais la grande différence, c’est que ces 5% qui étaient une intuition en 2011, sont désormais confortés par des faits et des chiffres, ce qui change tout pour nos actionnaires et nous-mêmes …

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Les précédentes interviews exclusives de Thierry Ehrmann :
http://serveur.serveur.com/Press_Release/2011-interview-thierry-ehrmann.html

Artprice est le leader mondial des banques de données sur la cotation et les indices de l’Art avec plus de 27 millions d’indices et résultats de ventes couvrant 450 000 Artistes. Artprice Images(R) permet un accès illimité au plus grand fonds du Marché de l’Art au monde, bibliothèque constituée de 108 millions d’images ou gravures d’oeuvres d’Art de 1700 à nos jours commentées par ses historiens. Artprice enrichit en permanence ses banques de données en provenance de 4 500 Maisons de ventes et publie en continu les tendances du Marché de l’Art pour les principales agences et 6300 titres de presse dans le monde. Artprice diffuse auprès de ses 1 400 000 membres (member log in), ses annonces, qui constituent désormais la première Place de Marché Normalisée(R) mondiale pour acheter et vendre des oeuvres d’Art à prix fixes ou aux enchères (réglementée par les alinéas 2 et 3 de l’article L 321.3 du code du commerce). (source Artprice).

Artprice est cotée sur Eurolist by Euronext Paris au compartiment B, SRD long only : Euroclear : 7478 – Bloomberg : PRC – Reuters
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Découvrir l’alchimie et l’univers d’Artprice http://web.artprice.com/video/ dont le siège social est le célèbre Musée d’art contemporain Abode of Chaos.

Sommaire des communiqués d’Artprice :
http://serveur.serveur.com/press_release/pressreleasefr.htm

Suivre en temps réel toute l’actualité du Marché de l’art avec Artprice sur Twitter :
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Il y a crise quand l’ancien monde ne veut pas mourir et que le nouveau monde ne veut pas naître

2011/12/29 Commentaires fermés
la Demeure du Chaos en route pour la Cour Européenne des Droits de l’Homme >>>
blog.ehrmann.org
Biographie interdite de thierry Ehrmann
forbidden biography of thierry Ehrmann…
Salut les p’tites louves et loups,
(Cette lettre est adressée aux 136 080 signataires de la pétition dont vous faites partie)Tout d’abord, un petit rappel, la Demeure du Chaos sera ouverte pendant les Fêtes de fin d’année :
Ouvert le samedi 31 et dimanche 1er janvierde 16h00 à 19h00

Tous les horaires d’ouverture >>> Côté Demeure du Chaos :

Cette année démente se termine et l’on peut constater, notamment avec la Révolution Arabe, que 90% des protagonistes étaient déjà sur les murs de la Demeure du Chaos, entre 1999 et 2006.La Demeure doit aussi jouer quelque part son rôle de Pythie des temps modernes ou de Sybille de Cumes.2012 va être un véritable feu d’artifice où l’homme sur la petite planète bleue va devoir effectuer des mutations sans pareil dans l’histoire de l’aventure humaine.Une phrase de Gramsci résume tout : « Il y a crise quand l’ancien monde ne veut pas mourir et que le nouveau monde ne veut pas naître ».

Nous allons connaître en quelques mois la déconstruction du système capitaliste tant Rhénan qu’Anglo-saxon. Nous allons apprendre, dans une approche Hegelienne, à assumer que les pays émergents (BRIC) s’installent à la table des négociations et au board du Conseil de Sécurité de l’ONU.
Nous allons aussi décider de dire Adieu ou non au nucléaire, Fukushima étant mille fois plus cruel pour notre orgueil d’occidentaux, que les ombres de Tcherno.

Un nombre incalculable de titres de presse française et internationale titre « 2012, l’année du Chaos » (cf NY Times, Le Monde, F.T.), pourquoi pas ?
Mais, une fois de plus, il faut accepter le terme de Chaos dans son sens originel.
Faire son deuil de l’ancien monde, pour entrer dans ce nouveau monde.

Il n’y a plus de monde, ni de loi. La dystopie est morte.
Absolument tout est à réinventer, à étreindre, à aimer, à comprendre ce qui est incompréhensible, à renouer avec l’utopie.

Plus que jamais, la Demeure du Chaos est cet aigle à deux têtes avec son incarnat physique fait de plusieurs milliers d’oeuvres qui sont le témoin de ce XXIème siècle tragique et somptueux et sa face numérique sur Internet où une véritable agora s’est mise en place autour de la Demeure du Chaos.

Nous n’avons aucune limite, nous voulons surprendre nos ennemis, c’est l’essence même de la vie. Nous devons abolir l’ancien monde en place.

Nous voici, nous autres guerriers du Chaos, nous glissons entre les fissures des murs du Temple, de l’Etat, du Palais de Justice, de l’université, de la bourse, de tous ces monolithes paranoïdes.

Nous creusons un tunnel vers le monde nouveau et nous faisons comprendre à l’ancien monde le message suivant : « Tu ne comprendras même jamais ce qui annihile pour l’éternité ton ordre établi ».

2012 sera la mère de toutes les batailles et c’est un don du ciel que d’assister de son vivant à la chute du Temple et voir renaître le Matin des Magiciens.

PS : La Demeure du Chaos est éternelle et sera toujours votre Demeure, ouverte à chacune, chacun …


Plus encore cette année où elle sera une arche entre l’ancien monde, qu’elle combat sans aucune pitié et le nouveau monde, qui est le champ de tous les possibles où l’art devient le médium d’une humanité mutante.

thierry:.


Retrouvez les toutes dernières oeuvres, performances et actualités de la Demeure du Chaos et de la Borderline Biennale 2011 sur
Flickr >>>

thierry:.
PS : Et pour tous ceux qui n’ont pas pu venir assister à la Borderline Biennale 2011 en cliquant le lien vous aurez l’ensemble des vidéos ! (Adults Only – Public majeur et averti).

Retour à l’origine du Monde …

2011/11/03 Commentaires fermés

Dans la mythologie grecque, Chaos (en grec ancien Χαος / Khaos, littéralement « Faille, Béance », du verbe χαινω / kainô, « béer, être grand ouvert ») est l’élément primordial de la théogonie hésiodique.

Selon Hésiode, il précède non seulement l’origine du monde, mais celle des dieux. Chaos précède ainsi Gaïa (la Terre), Éros (l’Amour), le Tartare (les Enfers), l’Érèbe (les ténèbres des Enfers) et Nyx (la Nuit).

« Donc, au commencement, fut Chaos, et puis la Terre au vaste sein, siège inébranlable de tous les immortels qui habitent les sommets du neigeux Olympe, et le Tartare sombre dans les profondeurs de la vaste terre, et puis Amour, le plus beau des immortels, qui baigne de sa langueur et les dieux et les hommes, dompte les cœurs et triomphe des plus sages vouloirs.

De Chaos naquirent l’Érèbe et la sombre Nuit. De la Nuit, l’Éther et le Jour naquirent, fruits des amours avec l’Érèbe. À son tour, Gaïa engendra d’abord son égal en grandeur, le Ciel étoilé qui devait la couvrir de sa voûte étoilée et servir de demeure éternelle aux Dieux bienheureux. Puis elle engendra les hautes Montagnes, retraites des divines nymphes cachées dans leurs vallées heureuses. Sans l’aide d’Amour, elle produisit la Mer au sein stérile, aux flots furieux qui s’agitent. » (Hésiode)


Que tout ce beau monde de la haute finance, technocrates et grands responsables européens se mettent à hurler à la mort, maudire, calomnier, voire traiter Georges PAPANDREOU de facho est quand même le comble, avec un peu de recul, la Grèce rappelle à l’Europe et aux grands de ce monde ce que la Démocratie signifie. Il ne faut pas oublier que l’étymologie de démocratie, du grec ancien δημοκρατία / dēmokratía, « souveraineté du peuple », de δῆμος / dêmos, « peuple » et κράτος / krátos, « pouvoir », « souveraineté »; le peuple renvoyant cependant à la notion plus restrictive de citoyens (la citoyenneté n’étant pas forcément donnée à toute la population).

Il est vrai que la décision grecque vient violer nos technocrates européens qui ont prêté serment d’allégence absolue aux marchés financiers. Cette décision est politique car à ce stade compte-tenu des enjeux et des choix, un seul homme porteur d’un mandat n’a plus la légitimité pour décider au nom de tous. Le peuple Grec seul peut trancher et choisir son destin. Aller plus loin sans légitimité mène à une guerre civile, n’oublions pas que la Grèce des colonels n’est pas lointaine (1974).

Les interrogations du gouvernement grec devraient interpeller l’ensemble de la caste politique européenne. Il n’y pas qu’à Athènes où le peuple conteste la représentation parlementaire. A Madrid, Puerta del Sol, un des premiers slogans des indignés fût contre les hommes politiques : vous nous avez trahis, vous ne nous représentez pas. Le mouvement des Indignés touche désormais 135 pays !

Stéphane Hessel painted portrait - Indignez-vous _DDC3126

A New York, le mouvement Occupy Wall Street, rappelle qu’ils font partie des 99% dont les politiques ne se préoccupent jamais. La fureur de certains dirigeants français ou européens en dit long sur leur vision de la Démocratie et de l’Europe. L ‘Histoire retiendra de Papandréou qu’il a eu un sursaut d’orgueil et de survie pour animer les origines de la Grèce avec la Démocratie.

Un journal grec titrait hier : la Grèce, capitale BERLIN, son porte-parole, Nicolas SARKOZY. Et oui, le G20 ne sera pas le Sacre du Prince. Les alter-mondialistes ont donné de la voix contre cette garde retranchée de plus de 12 000 policiers pour protéger le Cartel que n’aurait pas renié le Bûcher des Vanités.

J’ai un vrai problème : comment peux-t-on nommer le nouveau président de la B.C.E. (Banque Centrale Européenne), Mario DRAGHI, alors qu’il est l’homme de Goldman SACHS, qui a organisé les faux bilans de la Grèce pour lui permettre de rentrer dans l’Europe. Je vais vous dire mon avis : la Grèce représente 1,8% du P.I.B. européen, elle a 4,5 millions d’habitants, et comme par hasard, la sortie de la Grèce ou un aménagement de sa souffrance serait à l’origine d’un Crack planétaire… mais non mes p’tites louves et loups, le vrai secret c’est que toutes les dettes sont assurées par les CDS : ces Credit Default Swaps sont censés assurés toutes les dettes des pays triple A (AAA) ; la réalité est sordide, les assureurs secrets des CDS qui sont au Luxembourg sont très proches des banques qui font de la titrisation de dettes étatiques. Et là, la boîte de Pandore est ouverte…

Je pense que ce G20, intuitivement, sera le miroir d’un fantôme dénommé Carlo Giuliani, mort en martyre au G8 de Gênes (2001) que vous pouvez retrouver sur les murs de la Demeure du Chaos

Le Martyr de Gênes

Monumental sculpture Vanitas n°9 « A mundo condito » by thierry Ehrmann at the Abode of Chaos (headquarter Artprice)

2011/07/01 Commentaires fermés



A Mundo Condito
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Le dispositif artistique final que j’ai conçu « in situ » pour la Demeure du Chaos/Abode of Chaos en 1999 comporte 9 vanités géantes de 3,33m. C’est avec Christian Maas, ami et sculpteur que nous avons entrepris chacune des ces sculptures en tant qu’œuvre collective. Chacune d’entre elle possède un sceau alchimique décidée dans sa forme et son incarnat par moi-même qui crée un véritable chemin initiatique. Ce dispositif comporte 9 règles: 4 sont accessibles aux profanes, 5 sont tenues secrètes.

La 1ère règle est que chaque vanité géante ne peut jamais être dans un axe commun à une autre. Le point de référence de l’axe étant le regard des orbites oculaires de la vanité.

La 2ème règle, établit que chaque vanité repose sur un sanctuaire de la Demeure du Chaos/Abode of Chaos où il s’est passé des événements émotionnels d’une très rare intensité.

La 3ème règle est qu’elles doivent être polarisées et réglées conformément aux sources souterraines composant le Domaine des sources appelé Demeure du Chaos/Abode of Chaos.

La 4ème règle fait qu’elles doivent obéir à une déconstruction progressive du parcours du visiteur sur les milliers d’œuvres de thierry Ehrmann formant le corpus de la Demeure du Chaos/Abode of Chaos 9000 m² et être pour autant un totem initiatique.

Les 5 autres règles sont connues des initiés de la Demeure du Chaos/Abode of Chaos seuls.
J’ai déposé un dispositif hardware et software original à l’Agence de protection des programmes qui permet de relier l’ensemble des 9 vanités sur un circuit numérique et hertzien dans un champ spectrale visible ou non des visiteurs de la Demeure du Chaos/Abode of Chaos.

la Nuit Européennes des Musées 2011 à la Demeure du Chaos avec son univers Onirique…

2011/05/27 Commentaires fermés

Preview 2011 Borderline Biennial at the Abode of Chaos adult only

2010/12/29 Commentaires fermés

EXCLU VIDEO : plongée trash en hélico sur la Demeure du Chaos /Abode of Chaos…

2010/11/23 Commentaires fermés

Tournage très hard par Nicolas Folliet car la Demeure du Chaos est juste en dessous de la zone militaire la plus sécurisée de France : la base aérienne de Lyon-Mont Verdun fait partie des quatre centres de validation du programme Air command and control system (ACCS) de l’OTAN qui doit à terme couvrir l’Europe entière.

De plus dans ce teaser, vous comprendrez la dangerosité extrême à survoler la Demeure du Chaos ; le film et ses rescapés en sont les preuves vivantes.

Teaser « Demeure du Chaos les Sources Occultes » pour adultes avertis et dotés d’humour noir !

LES SOURCES OCCULTES /999 Teaser

Entre effroi et merveilles, une zone mouvante aux portes du futur et des enfers… Les Sources Occultes vous entraînent au coeur d’un univers polymorphe dont les clés et les motifs se révéleront au fur et à mesure des épisodes de cette série de fictions. En attendant un final apocalyptique, au sens premier du terme, qui révélera la structure générale sous la forme d’un long-métrage…

Les Sources Occultes offre aussi une nouvelle porte d’entrée dans le labyrinthe multidimensionnel de la Demeure du Chaos à celles et ceux qui postulent à notre casting, une occasion unique de pénétrer les arcanes de l’Esprit de la Salamandre…

ATTAQUE DE ZOMBIES sur LA DEMEURE DU CHAOS pour un tournage des SOURCES OCCULTES

2010/06/25 Commentaires fermés

sous réserve que vous nous ayez contacté d’abord sur :
CASTING@DEMEUREDUCHAOS.ORG
puis que vous ayez renvoyé votre fiche d’inscription complétée

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Le samedi 26 juin sera le théâtre d’une ATTAQUE DE ZOMBIES sur LA DEMEURE DU CHAOS pour un tournage des SOURCES OCCULTES, en collaboration avec AOA Productions déjà organisateurs de la Marche Zombie et en octobre prochain de la Biennale Internationale du Zombie 2010.

Vous êtes toutes et tous invités à nous rejoindre à cette occasion, en choisissant votre camp : ZOMBIE ou VICTIME… Un service de transport exceptionnel sera assuré entre Lyon et la Demeure du Chaos et des maquilleurs professionnels seront présents sur place pour prendre soin de votre état de putréfaction.

Pour participer, nous vous demandons simplement de nous envoyer un email à l’adresse CASTING@DEMEUREDUCHAOS.ORG Et nous enverrons en retour la marche à suivre pour vous joindre aux cohortes de mangeurs de chair humaine !

Faites tourner l’info sur vos réseaux perso… (MySpace, Twitter, Facebook, etc.). Attention, la Demeure du Chaos sera fermée au public le samedi 26 juin ! L’entrée sur le site se fera au moyen d’un mot de passe communiqué aux personnes qui auront préalablement postulé au casting. Merci de votre compréhension !

Le service de Bus sera mis en place entre Lyon-Gare de Vaise et la DDC (15h00-17h00). Le retour se fera sur Bellecour peu après minuit, toujours en bus ou en co-voiturage, plus d’infos précises dans quelques heures
thierry ehrmann et Laurent Courrau

LES SOURCES OCCULTES 003/999 Finis Gloriae Mundi…

2010/06/03 Commentaires fermés

LES SOURCES OCCULTES 003/999
blog.ehrmann.org/films2/les-sources-occultes-003999.html

Entre effroi et merveilles, une zone mouvante aux portes du futur et des enfers…
Les Sources Occultes vous entraînent au coeur d’un univers polymorphe dont les clés et les motifs se révéleront au fur et à mesure des épisodes de cette série de fictions. En attendant un final apocalyptique, au sens premier du terme, qui révélera la structure générale sous la forme d’un long-métrage…

Les Sources Occultes offrent aussi une nouvelle porte d’entrée dans le labyrinthe multidimensionnel de la Demeure du Chaos à celles et ceux qui postulent à notre casting, une occasion unique de pénétrer les arcanes de l’esprit de la Salamandre. Réalisation Laurent COURAU Scénario thierry Ehrmann

La Demeure du Chaos ©2010 www.AbodeofChaos.org courtesy of Organ Museum www.organe.org

La Nuit Européenne des Musées a été un vrai bonheur, comme prévu, le Très Haut nous a exaucé, pas une seule goutte de pluie entre 19h00 et 01h00, appel direct avec le Ciel en P.C.V. ; du coup, Kurt a décidé de voir les infra-minces de la soirée, et vous livre son regard sur les passionné(e)s de la Demeure du Chaos qui sont de plus en plus baroques et décadents. Deux qualificatifs qui manquent cruellement en France. Comme quoi le Bonheur ou l’Enfer est à deux pas de chez soi…
Cliquez l’image pour voir la vidéo >>>
Ne jamais oublier que la Demeure du Chaos est une oeuvre au Noir. Ce court-métrage met en lumière l’alchimie des oeuvres à qui nous donnons du sens et du sang...
thierry :.

LES ILLUMINATIS DANS FORTEAN TIMES

2009/09/24 Commentaires fermés

Illuminati

Un article à prendre avec des pincettes, comme beaucoup de choses sur Fortean Times, mais qui a néanmoins l’intérêt de résumer la somme de fantasmes gravitant autour de la méta-conspiration des Illuminatis.

Pour en savoir plus :

. Lien direct vers l’article sur Fortean Times

MINISTRY – « NEW WORLD ORDER »

Et une courte pause musicale avec une version live de l’hypnotique « New World Order » du groupe Ministry.

Pour en savoir plus :

. Lien vers le site de Thirteenth Planet, label de disque de Ministry

PREVIEW BORDERLINE BIENNALE : LYON 2024

Lyon 2024

Pour en savoir plus :

. Lien direct vers le site de Lyon 2024

JUSQU’Á 1,8 MILLION D’HOSPITALISATIONS ET 90 000 MORTS AUX USA

Grippe A (H1N1)

Le Conseil présidentiel US des sciences et techniques a rendu un rapport de 86 pages dans lequel est évoquée la possibilité que 50 % des Américains soient touchés cet hiver par la grippe A (H1N1). Une contamination massive qui pourrait provoquer jusqu’à 1,8 million d’hospitalisations et 90 000 morts, selon les perspectives les plus sombres (mais avant mutation du virus vers des formes plus létales).

Composé de scientifiques et d’ingénieurs reconnus, parmi lesquels des lauréats du prix Nobel, le Conseil présidentiel des sciences et techniques est chargé de faire des recommandations au président et au vice-président américain sur les stratégies à suivre dans des domaines ayant trait à la science, aux techniques et à l’innovation en tant qu’éléments clés de l’économie des États-Unis.

Pour en savoir plus :

. Lien direct vers un article du Seattle Times

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VANITAS, VANITAS…

2009/09/04 Commentaires fermés

LA FONTE DES GLACES POURRAIT MENACER UN QUART DE LA POPULATION MONDIALE

2009/09/04 Commentaires fermés

Fonte des glaces

Le Monde

Extrait d’un article du journal Le Monde, publié en date du 03.03.09 :

Les données scientifiques que le WWF a collectées indiquent qu’une hausse des océans de plus d’un mètre est à craindre. Quelles en seraient les conséquences ?

Sous une hypothèse de hausse des températures de quatre degrés d’ici à la fin du siècle, les océans pourraient monter de plus d’un mètre et menacer jusqu’à un quart de la population mondiale. Une hausse des températures de quatre degrés est le pire des scénarios envisagé par le Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat (GIEC) en 2007. Tout montre que c’est ce scénario qui se profile si rien n’est fait. L’augmentation du niveau de la mer ne sera pas la même partout à la surface du globe mais variera d’un continent à l’autre, d’une ville côtière à l’autre. Seront particulièrement menacées les populations des grandes mégalopoles des zones côtières, sur le sous-continent indien – le Bangladesh étant l’exemple le plus connu –, en Asie du Sud-Est, en Chine, en Indonésie, mais aussi en Amérique latine, où une grande partie de la population vit sur les côtes, en Amérique centrale. Or ces grandes mégalopoles ne sont pas forcément préparées comme en Europe, où, par exemple aux Pays-Bas, on a les moyens et la technologie nécessaires pour construire des digues afin de protéger la population. De plus, dans les grandes mégalopoles des pays pauvres, beaucoup de gens vivent dans les bidonvilles. Ces populations seront les plus vulnérables aux inondations.

Un autre phénomène à prendre en compte est qu’il y a des terres qui ont tendance à s’enfoncer, ce qui accentue les risques d’innondations dans les zones côtières. C’est notamment le cas dans les îles du Pacifique comme Tuvalu ou Vanuatu, où les populations locales vont devoir quitter leur pays d’origine pour s’installer ailleurs. L’eau salée commence déjà à s’infiltrer à l’intérieur des terres, les rendant de plus en plus difficiles
à cultiver.

Pour en savoir plus :

. Lien vers l’article complet sur Le Monde.fr

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LES « GEEKS » Á LA CONQUÊTE DE WALL STREET

2009/09/03 Commentaires fermés

Wall Street

Le Monde

En lien direct avec l’interview du professeur Kevin Warwick postée hier sur Art Press Agency, un très bon article d’Yves Eudes sur l’importance de la vitesse et donc de l’informatique en bourse, au travers de programmes d’achat et de vente ultra-rapides, basés sur des algorithmes toujours plus complexes, et tournant sur des supra-calculateurs.

Ainsi le BATS (Better Alternative Trading System), une start-up lancée en 2006 par une quinzaine d’informaticiens et d’ingénieurs du Midwest, aurait traité pour le seul mois de juin 2009 des transactions d’une valeur de 540 milliards de dollars. De quoi se questionner sur l’avenir des métiers de la finance, prochaines victimes de l’automatisation des tâches après le monde ouvrier ?

Pour en savoir plus :

. Lien direct vers l’article d’Yves Eudes sur Le Monde.fr

HATCHERY HORRORS

Une vidéo tournée en caméra cachée par les militants de Mercy for Animals dans un élevage de poulets américain de l’Iowa où les poussins mâles inutiles, car ne produisant pas d’oeufs, sont jetés dans une broyeuse.

Des images que l’on croirait sorties d’un film d’anticipation de série Z…

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21.12.2012

21.12.2012

LE REVEIL DES SOURCES

2009/08/26 Commentaires fermés

reveilsources

« Puis tout d’un coup il y a eu un énorme grondement tout autour de nous, le ciel s’emplit de choses ressemblant à de gigantesques chauves-souris qui fondaient et piquaient sur nous avec des cris perçants, tandis que nous foncions, capote baissée à 160 et des poussières. » – Hunter S. Thompson, extrait de Las Vegas Parano.

01 Août 2009, 16 heures 30.

Deux années se sont écoulées depuis les événements extraordinaires précédemment relatés dans KiCHIGAI (voir Abode of Chaos’ Spirit, Musée de l’Organe – 2007).

Canicule, effet de serre, terrasses aux trois-quarts vides, les façades de la place des Terreaux s’effondrent comme une série de montres molles. Quelques rares touristes errent sur un parvis dont les dalles irradient sous la chaleur. Je m’aventure à mon tour. Comme poussé par une main invisible, un landau vient buter à mes pieds sur le rebord du trottoir. Vide. Le fils du Diable est retourné se promener sur le boulevard des Belges. Une iroquoise écarte généreusement les jambes au bord de la fontaine. Sa minijupe remonte sur ses cuisses, exhibant un string léopard. Tétons plaqués contre un t-shirt frappé d’un Christ en croix sur fond de circuits électroniques, la créature punk exsude une sexualité vorace. Nos regards se croisent, elle crache par terre.

Une berline grise stationne à la borne de taxi de l’angle de la rue du Président Edouard Henriot. Rapide coup d’oeil du chauffeur qui m’analyse, regard perçant à travers les vitres du véhicule. J’ouvre la portière et m’introduis avec soulagement dans l’habitacle climatisé. Nous échangeons un signe de tête, j’annonce ma destination.

– Je vous dépose vers le centre du village ?
– Oui, vers le centre, s’il vous plaît.
– Vous allez visiter la Demeure du Chaos ?

Je réponds mécaniquement que j’ai rendez-vous à la Demeure du Chaos, regrettant presque aussitôt mes mots.

– Ah ? Je suis en train de lire Un étrange témoin raconte et je suis impatient de rencontrer Monsieur Ehrmann…

La voiture s’ébroue en direction des bords de Saône. Rue d’Algérie, les boutiques sont vides. Les soldes ne font plus recette. SMIC à 1337,70 Euros, 30 années de dettes sur le dos pour un pavillon préfabriqué et une famille à nourrir. Tout ça pour s’éteindre à l’âge de la retraite, laminé par un cancer de la prostate. Les hobos de la Grande Dépression des années 30 avaient raison : rompre avec les illusions, déprogrammer la machine. La décroissance qui s’impose comme méthode de survie à l’échelle sociétale.

– Ils l’ont lâché ! Vous le savez, n’est-ce pas ? Ils l’ont lâché !

Injectés, les yeux de mon conducteur me fixent à travers le rétroviseur. Gêné, je souris d’un air vaguement entendu. Nous abordons la voie rapide, laissant Lyon et les pentes de Fourvière derrière nous. Une limousine noire nous double, frôlant de près notre véhicule. Le chauffeur grommelle quelques mots inintelligibles. Poliment, je le prie de répéter.

– Ils passent à travers la ville, ils traversent la matière comme des vers !

Rire forcé et nouveau mouvement de sourcils dans le rétroviseur. Je me détourne, préférant me concentrer sur le paysage. Les murs d’enceinte sont imposants, les pelouses vertes, lisses, immaculées. Pas un nain de jardin à l’horizon, l’impôt sur la fortune se passe de simulacres de plâtre. Un aviron file sur la rivière. Le soleil imprime les vaguelettes de son étrave d’une pluie d’étincelles. Délice de la bourgeoisie lyonnaise, on jurerait que le temps s’est arrêté dans la vallée. Le tumulte des crises mondiales à répétition, économiques ou pandémiques, m’apparaît bien lointain.

Des éclats de voix nous parviennent d’un attroupement sur les rives de l’Ile Barbe. On chante. Des silhouettes diffuses s’agitent autour d’une forme humaine maintenue au sol, des coups pleuvent. Plus loin, une carcasse de voiture achève de se consumer au pied d’une tour médiévale. Grasse, poisseuse, une fumée noire nappe la scène. L’odeur est pestilentielle. Instinctivement, le chauffeur ralentit. Sortant de la foule, un quinquagénaire bien mis se tourne vers nous et lève deux poings rouges, sanguinolents, d’un air de défi. Malgré la distance, l’homme dégage une sensation de puissance. Un mot me traverse l’esprit : CAC 40. Je constate avec soulagement que nous reprenons de la vitesse. Légère sensation de nausée sous l’accélération.

La litanie reprend.

– Le groupe Carlyle, la famille Sarkozy. Ils sont tous de mèche. Vous saviez que le demi-frère de notre président est le co-directeur des investissements du groupe ? Que celui-ci a été relancé par Frank Carlucci, un ancien de la CIA, à la fin des années 80, et que ce sont tous des proches de la famille Bush qui pactisait elle-même sous prétexte d’anti-communisme avec le révérend Moon ?

J’acquiesce en haussant les épaules. Nous passons devant la façade chamarrée du restaurant de Paul Bocuse. Trous de vers, rituels sataniques, magie noire / magie de pouvoir au sommet de Cologny et énièmes dimensions spatio-temporelles, je ne connais que trop bien le folklore paranoïaque. Les excités de la conspiration commencent toujours par les hauts-fonds affairistes avant d’enchaîner sur les grands sauriens polymorphes qui dirigent notre planète à l’ombre des tours.

La sensation de malaise revient, s’ancrant au plus profond de mon estomac.

– … de l’intérêt de cette nouvelle topographie numérique pour les militaires ! Vous me suivez ? A contrario, prenez le cas de milices américaines, comme la milice du Montana ou encore de Timothy Mc Veigh, le gamin qui a fait exploser l’immeuble du FBI ! Ah, ils peuvent multiplier les décrets, empiler les serveurs, mais il est déjà trop tard. On ne pourra plus faire machine arrière ! La boite de Pandore est ouverte !

La tête me tourne. Plus qu’une seule envie, arriver à Saint-Romain-au-Mont-d’Or et sortir de cette voiture. Un câble tombé du plafond se balance devant mes yeux. Je le suis du regard. Tout devient très flou, je me sens partir, aspiré. Des vagues d’images m’assaillent ; machines-outils, lueurs de forges industrielles et hurlements des plaques de métal qui s’écrasent, cabossées, déstructurées. Flash-backs en rafale. Un poste-frontière dans la poussière du désert libyen. Le portrait du colonel Mouammar al-Kadhafi s’évente sur une bannière lacérée. À ses pieds, un chien famélique tente vainement de chasser les mouches qui le harcèlent. Le cadavre d’un brahmane barre un trottoir de Madras. Un pan du Mur s’écroule à la lumière des lampes au tungstène sous les cris et les applaudissements de la foule. Mes orteils se crispent à l’intérieur de mes chaussures. Un, deux, trois, nous irons au bois. Les massifs rocheux des Monts d’Or nous contemplent. Alice dévisse au pays des merveilles. D’épaisses gouttes de sueur roulent jusque sur mes paupières. Taille fine, croupe cambrée, une jeune blonde mime la délectation en étalant le foutre sur ses globes siliconés. Son menton perle à la porte du bunker. Plongée sur une main gantée de blanc qui ausculte une série de corps enveloppés sous des bâches de plastique translucides. Un crâne géant me fixe entre deux containers, impassible sur son lit d’herbes folles. Les eaux rouges de la piscine grouillent d’une présence inquiétante…

… Réveil en sursaut. Le moteur décélère. Sensation de freinage, la voiture s’arrête devant le portail, à trois pas du portrait d’un Japonais joufflu aux cheveux filasse. Shōkō Asahara, le fondateur de la secte Aum, cerveau d’un attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo. Le soleil s’est couché. Une sueur glacée creuse mes reins. Le chauffeur se retourne vers moi et s’empare de mon poignet, le visage déformé par la démence.

– Moi aussi, je veux traverser le miroir ! Cet endroit… Les eaux montent ! Il le sait, il les observe. Ne perdez jamais les eaux de vue, ce sont elles qui vous livreront les premiers signes. Il faut surveiller le réveil des sources sous la Demeure, c’est la clé de tout ce qui va suivre.

M’arrachant à son emprise, je lui jette une poignée de billets et m’extirpe précipitamment de l’engin. Le sol oscille sous mes pas, un dogue allemand m’observe avec curiosité de l’intérieur des grilles. Ambiance, il tient dans sa gueule une réplique de mine anti-personnelle. Coup de sonnette, grésillement de la communication :

– Euh, bonjour… j’ai rendez-vous avec Thierry Ehrmann.

LA SPIRALE | MISE A JOUR DU 18/08/09

2009/08/18 Commentaires fermés

spirale

Bangla Bai, le 18 août 2009.

Sur la plage abandonnée, coquillages et crustacés, grippe mexicaine et reprise économique à la sauce Emile Coué. Courrier électronique et téléphone, les correspondants sont absents. L’été en pente douce, faire l’autruche sous le sable blanc. Au large, le voilier d’un millionnaire suisse romand d’origine lyonnaise s’effondre, torpillé par des pirates malais. De jeunes prostituées indigènes traversent la baie en se déhanchant. Je mâchonne la paille de mon cocktail, en laissant mon esprit vagabonder.

emeutespirale

D’après State Of The Future, rapport annuel du Millenium Project des Nations Unies, la moitié de la planète devrait prochainement faire face à une agitation sociale et des violences urbaines, conséquences de l’aggravation du chômage à l’échelle mondiale et de difficultés d’approvisionnement croissantes dans les domaines de l’eau, de la nourriture et de l’énergie. Près de 40 nouvelles maladies sont apparues en l’espace d’une génération, accompagnées de la résurgence du choléra et de la fièvre jaune.

Il serait aujourd’hui scientifiquement possible de faire pousser de la viande, au même titre que des végétaux. Un groupe de défense des animaux offre 1 million de dollars au premier agriculteur qui sera capable de produire une viande commercialement viable. La population mondiale, qui compte actuellement 6.7 milliard d’individus, devrait plafonner à 9.2 milliards en 2050, avant de retomber à 5.5 milliards en 2100. Les observateurs notent un déclin de la démocratie et des libertés individuelles sur 1/5e de la planète, une tendance corroborée par la mainmise exponentielle des pouvoirs en place sur la presse et les médias.

Les Japonais investissent déjà massivement dans la robotique pour pallier à la raréfaction de la main d’oeuvre dans une société vieillissante. Et IBM d’annoncer pour 2011 la mise en service d’un supra-calculateur capable de 20 000 trillions d’opérations par seconde, soit la vitesse du cerveau humain. Quant à la recherche génétique opérative, elle s’oriente désormais vers des molécules réplicatives plus simples que les acides nucléiques contemporains, première étape vers la création de nouvelles formes de vie artificielles.

Bienvenue dans le nouveau désordre mondial, un univers où la science-fiction s’incarne dans la réalité de masse, proposition inédite de terrain de jeux pour les mutants du IIIe millénaire…

La Spirale.org

Pour plus d’information :

. Lien direct vers la page d’accueil de La Spirale

KiCHIGAI

2007/11/21 Commentaires fermés

kichigai

Tout avait commencé quelques semaines auparavant par un cas de combustion spontanée devant le Théâtre National Populaire…

21 novembre 2007, 00 heures 00.

Là-haut, dans les airs, sur les flancs de la cathédrale Saint-Jean, à l’épicentre du vieux Lyon alchimique, une gargouille ricane à la vue des humains qui gesticulent dans la lueur rougeâtre du soleil couchant. Leurs ombres s’étirent démesurément, déjà spectrales, sur les pavés de roche volcanique. Au loin, des colonnes d’une fumée noire, graisseuse, s’élèvent des hauteurs de la Croix Rousse. Les incendies ne décélèrent pas depuis trois jours. L’atmosphère suinte. On assiste sur les bords du Rhône à une multiplication des scènes d’hystérie, des septuagénaires aux yeux révulsés par une extase impie hurlent comme des possédés à la lueur des braseros. Ridés, exsangues, squelettiques, les vieillards s’arrachent les cheveux par poignées, se déchirent le visage jusqu’au sang. Une fillette les observe d’un air impénétrable, dissimulée derrière sa tignasse pouilleuse. Un sourire illumine son visage, sa courte jupe blanche ondule au gré du vent. Des larmes de joie coulent sur son visage émacié. À intervalles réguliers, un corps épuisé, déformé par l’âge, roule jusque dans l’eau boueuse avant de dériver et de sombrer dans les profondeurs du fleuve. Dans toute la ville, les luminaires sont hors d’usage, imposant de facto un couvre-feu ténébreux. Effrayée par un brusque déferlement de sirènes, une colonie de pigeons grisâtres se réfugie à tire d’ailes sur les hauteurs environnant l’hôtel de ville. Éclats des phares, reflets fugitifs sur la chaussée détrempée, un cortège d’ambulances traverse bruyamment l’esplanade, prêt à déverser sa cargaison de blessés devant l’entrée principale de l’Hôtel-Dieu. Les émeutes de la périphérie sud-est génèrent leur lot quotidien d’estropiés. Autant de promesses d’amputations sanglantes pour les équipes des blocs opératoires qui croulent sous la demande depuis plusieurs mois. L’incinérateur de l’hôpital tourne en surrégime. Reconnaissables entre mille à leurs cornettes noires, les sœurs de la Sainte Mort dirigent les infirmiers qui s’affairent au-dessus des brancards. L’une d’elles se saisit d’un balai qu’elle agite avec véhémence pour repousser une horde de rats appâtés par l’odeur des plaies putrescentes.

Chaque jour, des foules plus importantes s’agglutinent dans les rues engorgées de Saint-Romain-en-Mont-d’Or avec l’espoir d’approcher l’enceinte de la Demeure du Chaos. La rumeur populaire relayée par les rares médias encore opérationnels prête au domaine des propriétés miraculeuses, les plus exaltés allant jusqu’à en faire le siège d’un renouveau christique. Vingt-quatre heures plus tôt, un prédicateur s’est encore immolé par le feu sur un tas de poubelles, l’odeur de sa chair calcinée flotte encore dans les rues du village, mélangée aux effluves douceâtres de kérosène incrustés dans le plastique des conteneurs fondus. Un gamin se balance comme endormi, contre un parapet. Un filet de bave coule sans discontinuer sur son justaucorps. Ses yeux éteints au regard vide, débile, papillonnent sans but. Impassible, la foule le contourne, sans lui accorder la moindre attention. Les esprits sont ailleurs, anxieux, concentrés dans l’attente d’un signe. On se pousse, on se bouscule, des corps tombent sous la pression, s’écrasent contre les grilles et disparaissent, aussitôt ensevelis. Instantanés de faciès piétinés, déformés par la douleur. La tension croît, une clameur enfle.

– La Source ! Pitié, par pitié, laissez-nous accéder à la Source ! Nous voulons l’Eau, laissez-nous accéder à l’Eau Sacrée !

Menée par un géant, une équipe cagoulée repousse les téméraires qui tentent de franchir les murs. À dix-huit heures cinquante-cinq, une pluie de cendres anthracite s’abat doucement sur le site. Les particules flottent, menaçantes dans leur mollesse. À dix-neuf heures précises, une silhouette sombre se découpe sur la plateforme faîtière éclairée au néon industriel. Deux dogues colossaux conduits par deux succubes vêtues de cuir noir l’entourent, la disposition de leur quintette formant un pentagramme parfait. L’excitation est à son comble. Transports chaotiques, scènes de transe, ruts. Une jeune femme déchire ses vêtements pour s’offrir à son entourage immédiat. Le geste provoque une orgie impromptue, on frôle l’émeute. Là-haut, l’un des molosses hurle, comme pour exiger le silence. Tous s’interrompent. Les hommes obéissent à la Bête. De l’index et du majeur, l’Alchimiste désigne calmement l’éther où trône l’étoile du berger. L’assistance s’interroge sur la signification de ce geste. Quelques instants passent, puis un éclair traverse la voûte céleste, suivi d’une boule de feu qui éclaire d’un soleil brutal et crépusculaire l’agglomération lyonnaise. Un Airbus A380, le plus gros avion civil jamais conçu et le troisième plus gros avion de l’histoire de l’aviation, vient d’exploser, percuté par un missile sol-sol guidé aux infrarouges. L’onde de choc bouscule toutes les créatures vivantes présentes sur son passage. Au milieu de la multitude agglomérée devant les grilles, une mère de famille vomit par longs jets une bile écarlate et pâteuse, sans pour autant relâcher son étreinte sur ses deux enfants. Ses déjections tapissent le sol à leurs pieds. Ils fixent avec terreur le bâtiment qui se met à vibrer. Les visages blafards peints à même la pierre sur les murs carbonisés prennent un relief inattendu. Leurs orbites vides saignent, s’illuminent. Ils s‘incarnent dans la réalité de la masse pour entonner un cantique désaccordé. Blasphématoire, la litanie monte dans la nuit, reprise avec solennité par la cohorte de damnés massés sur le bitume.

Une transe funèbre gagne l’assemblée. Elle ondule au rythme de la mélopée, la transmutation s’opère. Et aux premières lueurs de l’aube, un nouveau monde accouche, humide et souillé, de l’entrecuisse béant du néant.

* Kichigai signifie « fou » en japonais. Le mot est composé de « ki » ou « énergie » qui signifie « esprit » et de « chigai » qui signifie « différent ». Littéralement : une personne qui pense différemment est folle.