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Artprice retrace l’histoire récente du Marché de l’Art en suivant les performances de Sotheby’s

2020/12/29

Entre sa deuxième introduction en bourse en 1988 et sa sortie en octobre 2019, la prestigieuse Maison de Ventes aux enchères américaine a réorienté à plusieurs reprises sa stratégie globale et procédé à de nombreux ajustements : gestion des frais, multiplication des garanties, réorganisation structurelle, nouvelle équipe managériale, etc… Mais Sotheby’s a sans doute réalisé le plus grand changement de son histoire cette année, en dématérialisant complètement ses catalogues pour s’affirmer comme la première plateforme de ventes aux enchères en ligne de Fine Art.

« L’histoire de Sotheby’s sur les trente dernières années illustre à merveille l’histoire récente du Marché de l’Art » affirme thierry Ehrmann, Président et Fondateur d’Artmarket.com et de son département Artprice. Une histoire qu’Artprice retrace à travers les trois grandes périodes qui ont précédé l’acquisition de Sotheby’s par Patrick Drahi et sa transformation digitale en 2020.

Evolution des ventes aux enchères de Fine Art par Sotheby’s (jan. 1990 – nov. 2020)

Artprice Global Index Vs. Action Sotheby’s (BID) – Base 100 en janvier 2000*

1988-2000 : deux bulles successives

À la fin des années 1980, la mondialisation porte les prix de l’Art vers de nouveaux sommets. Les 78m$ atteints en 1990 par Au Moulin de la Galette (1876) de Pierre-Auguste Renoir établissent un record de ventes historique chez Sotheby’s qui tiendra pendant 14 ans. Mais le déséquilibre financier introduit par l’arrivée des collectionneurs japonnais, forts d’une économie en hausse, conduit à une crise des prix appelée la « bulle impressionniste ».

Après des années 1991-1992 difficiles, dont les marchands se souviennent encore, le Marché de l’Art se stabilise rapidement. Sotheby’s va intensifier les échanges, en bénéficiant du développement de l’économie technologique liée à Internet. En 1999, Sotheby’s enregistre 27 550 ventes aux enchères de Fine Art : le plus grand nombre de transactions de son histoire. Mais la « bulle Internet » se termine en krach boursier.

2001-2008 : jusqu’au dernier moment

Trois exercices durant, de 2001 à 2003, Sotheby’s va progressivement ralentir l’intensité de ses opérations. Elle va ainsi retrouver une base plus solide qui prépare les quatre années suivantes, 2004-2007, pendant lesquelles le chiffre d’affaires va être pratiquement multiplié par quatre (x3,8). Le Marché de l’Art entre dans une nouvelle ère et Sotheby’s veut être aux commandes. Le 5 mai 2004, une œuvre d’art franchit pour la toute première fois le seuil symbolique des 100 m$ : Sotheby’s vend Le Garçon à la Pipe (1905) de Pablo Picasso pour 104,6 m$ à New York.

Lors de l’exercice 2007, Sotheby’s enregistre une hausse de +50 % de son chiffre d’affaires. L’année 2008 démarre elle-aussi sur les chapeaux de roues mais la faillite de Lehmann Brothers, le 15 septembre 2008, sonne le début d’une crise financière majeure. Cela n’empêche pas Sotheby’s de maintenir, le soir même de ce jour redoutable, la vente Damien Hirst à Londres qui génère 73m$.

2009- 2019 : la grande réorganisation

Bien que l’année 2009 soit marquée par la crise (-60 %), le produit de ventes de Sotheby’s reste supérieur à tout ce qui a précédé 2004. Les transactions sont pourtant moins intenses car Sotheby’s maintient désormais un nombre de transactions relativement stable, entre 11 000 et 15 000 lots Fine Art vendus par an. Cette stratégie va rapidement payer. Sotheby’s enregistre les deux meilleurs exercices de son histoire en 2013 et 2014, avec pour chacun d’entre eux une vente supérieure à 100m$.

Entre 2016 et 2019, Sotheby’s cherche un nouvel équilibre, notamment à travers le développement des ventes en ligne. En 2017, la société veut encourager ce canal de ventes en abolissant les frais acheteurs. Mais la société fait machine arrière l’année suivante. Les œuvres de Basquiat, de Modigliani et de Monet qui marquent ces quatre années sont adjugées lors de ventes traditionnelles.

Ce n’est plus le cas en 2020, où le lot phare, le triptyque Inspired by the Oresteia of Aeschylus (1981) de Francis Bacon, est vendu 88,55m$ lors d’une vente à huis clos retransmise sur Internet. Sotheby’s voit elle-même dans ce nouveau format le futur des ventes aux enchères.

Images :
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