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Archive for août 2009

« IL FAUDRA FERMER BIEN PLUS QUE LES ÉCOLES »

Grippe A (H1N1)

Libération

Extraits d’une interview d’Alain Fisch, chef de service au CHU de Villeneuve-Saint-Georges, et président de l’Institut des études épidémiologiques et prophylactiques, publiée sur Libération.fr en date du 12 août 2009 :

Je crois que les gens n’ont pas bien compris l’ampleur de la situation. Deux cas de figures s’imposent. Soit le virus mute, – et il a des chances de muter –, il devient virulent cet hiver, et nous allons droit vers une catastrophe. Ce scénario annoncerait une mortalité assez forte, les décès se compteraient en centaine de milliers en France. Soit le virus ne mute pas, mais sa contagiosité est telle qu’il infectera des millions de personnes. Dans les deux cas, l’hiver prochain s’annonce chaotique, car le pic de l’épidémie est une évidence. Si 1% des malades se présente dans les hôpitaux, ces derniers seront saturés par la surpopulation de patients.

La fermeture des écoles n’est pas à mettre au conditionnelle, elle est inéluctable. Si le ministre Luc Chatel comprend bien la situation, il faudra fermer bien plus que les écoles. Tous les lieux publics, métros, théâtres, cinémas, pourraient être arrêtés quelques temps pour éviter au virus de se propager dans tous les endroits de très haute promiscuité.

Pour en savoir plus :

. Lien direct vers l’interview d’Alain Fisch sur le site de Libération

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VERS UN FUTUR BIOMETRIQUE

Technologies biométriques

1984 ? Minority Report ? Final Cut ? Bienvenue à Gattaca ? Non, bienvenue dans les aéroports, les postes-frontières et in fine une société humaine confiée aux bons soins de L-1 Identity Solutions et de ses concurrents sur le marché de la biométrie.

Firme américaine fondée par Robert V. La Penta, un ancien de Loral Corporation (opérateur satellite et systèmes de défense) passé par Lockeed Martin au gré du jeu des fusions-acquisitions, L-1 Identity Solutions se positionne sur le marché hautement concurrentiel des technologies biométriques. Soit l’ensemble des systèmes d’identification et d’authentification qui permettent de vérifier l’identité d’une personne d’après ses caractéristiques physiques, un ensemble de techniques qui jouissent aujourd’hui d’un fort engouement, portées par la vague sécuritaire née durant l’ère Bush d’après les attentats du 11 septembre.

Une approche que l’on doit en partie à Alphonse Bertillon, un criminologue français du XIXe siècle, qui fut l’un des premiers à s’intéresser à l’anthropologie judiciaire en mettant en place une méthode d’identification basé sur les mensurations et les signes particuliers d’un individu, en s’appuyant déjà sur des photographies anthropométriques. Edwards Henry, le chef de la police londonienne de l’époque, contribuera à son tour à améliorer le système en développant l’utilisation des empreintes digitales d’après les travaux de Francis Galton, le père de l’eugénisme moderne, notoirement obsédé par la recherche systématique d’une sélection scientifique de l’élite de l’humanité (ou plutôt du Royaume-Uni).

Un siècle et demi plus tard, le marché de l’identification est en très forte croissance. Le rapport The Future of Biometrics, produit par Acuity Market Intelligence, annonce un chiffre d’affaires annuel de 11 milliards de dollars pour l’année 2017, perspective motivée par une forte demande du secteur privé. Un court scénario dressé par les analystes d’AMI intègre la biométrie dans tous les instants d’une journée type de 2020 : autorisation de retrait d’argent liquide à un guichet automatique d’après une analyse de l’iris, accès au site d’un client par reconnaissance faciale, signature de contrat par relevé d’empreintes digitales, analyse de l’iris et reconnaissance faciale avec débit immédiat sur votre compte bancaire en sortie de supermarché.

Le tout soutenu par un réseau de bases de données interconnectées qui permettront le maillage total et définitif d’un individu dans un dispositif infaillible. Ce qui n’a pas échappé aux décideurs de L-1 Identity Solutions dont les applications comprennent un ensemble de dispositifs de sécurité allant de la reconnaissance faciale instantanée sur des points sensibles comme les douanes et portiques d’aéroport (un ordinateur analyse en temps réel votre image filmée en la recoupant avec des dizaines de milliers de portraits stockés dans une base de données gérée par la compagnie) à la signature de documents contractuels par relevé d’empreintes digitales ou la production de documents d’identité infalsifiables.

On imagine à terme la vie d’un individu pénalisé par un office des poursuites qui centraliserait l’ensemble de ses infractions, voire même plus simplement de ses dettes, comme c’est déjà le cas en Suisse où l’on doit produire un document attestant de sa virginité judiciaire et de son non-endettement pour toute demande de logement, ouverture de compte bancaire et autres démarches régulières. Un processus parfait, global, inextricable. La fin de toute aventure humaine ou une existence marginale confinée aux interstices d’un univers passé sous le contrôle d’institutions dont l’indépendance vis-à-vis du secteur privé est de plus en plus discutable.

Et la CNIL dans tout ça ? L’aimable organisme de protection de l’identité humaine, des droits de l’homme, de la vie privée et des libertés vient d’autoriser en juin 2009 le recours à un système biométrique reposant sur la reconnaissance du réseau nerveux pour un concours mondial donnant l’accès aux plus grandes écoles de commerce, telles que HEC et l’ESSEC en France ou Harvard aux Etats-Unis. Une décision qui enterre définitivement la commission nationale à la place qui lui est due, celle d’une aimable pitrerie destinée à amuser la galerie pendant que les affaires sérieuses se négocient à l’ombre des projecteurs.

Pour en savoir plus :

. Lien direct vers le site de L-1 Identity Solutions
. Lien direct vers le site d’Acuity Market Intelligence
. Lien direct vers le site de la Commission nationale de l’informatique et des libertés

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L’ÉTAT POST-MODERNE : LA DÉTERRITORIALISATION

Globalisation de l’économie

L’avènement des technologies de l’information qui permettent la transmission quasi-instantanée des télécommunications, l’extrême mobilité des capitaux, le phénomène de globalisation de l’économie et l’effacement progressif des barrières commerciales ont conduit nombre de politologues et d’observateurs à parler de déterritorialisation pour qualifier l’évolution actuelle des États. L’espace et la géographie verraient leur importance au mieux réduite, voire pratiquement éliminée selon certains analystes. L’État post-moderne, pour s’adapter aux mutations géopolitiques en cours qu’impose la révolution des technologies de l’information et la globalisation, devrait cesser de se penser en termes de territoire et d’autorité souveraine sur son territoire, conceptions surannées caractéristiques de l’ordre westphalien, du nom du traité de 1648, qui érigeait le principe de la souveraineté absolue de l’État sur son territoire.

Frédéric Lasserre

Pour en savoir plus :

. Lien direct vers le site Cybergeo

JÉRÔME MONOD DANS LES ÉCHOS

Venetia Joubert

Le quotidien d’information économique et financière, Les Échos, publie dans le cadre de sa série série Grands Témoins, une interview de Jérôme Monod. Ce haut fonctionnaire, ex-conseiller de Jacques Chirac au palais de l’Elysée et ancien président-directeur général de la Lyonnaise des Eaux, y livre une vision particulièrement noire et pessimiste de la période que nous traversons.

Extraits choisis d’une interview que nous vous invitons vivement à consulter dans son intégralité sur le site Les Échos.fr :

Lors de la Grande Dépression, un homme avait complètement renversé le cours des événements : c’était le président des Etats-Unis, Franklin Roosevelt. Mais, aujourd’hui, le pouvoir a rendu les armes. Il n’a plus la compétence, ou le courage nécessaire. Il craint les réactions des syndicats, des électeurs. Il est sous la pression des lobbies, des intérêts particuliers, d’entreprises menées par l’appât du gain. (…) L’économie n’intègre plus d’autres valeurs que la spéculation, le gain, l’accaparement. C’est la porte ouverte à la violence, la corruption, la mafia. (…) D’abord, la crise ne fait que commencer. Le chômage va beaucoup monter, et c’est bien plus grave que la chute des cours de Bourse. Et cette crise détruit la confiance, elle pousse les gens à se replier sur eux, elle provoque le retour d’un appel à l’Etat pour tout et n’importe quoi. Venons-en aux banquiers. Ils se refont une santé avec l’argent public, mais ils n’ont pas repris leur métier qui consiste à prêter de l’argent. (…) Dans les sociétés actuelles, il faut une autorité morale, globale, commune, exprimant des valeurs partagées. (…) Il y a au contraire les signes d’une dégradation, comme la montée de la corruption et de la violence. Mais la société devrait réagir ! Après tout, l’Empire romain s’était dissous devant la montée d’une aspiration commune à une autre conception morale de l’individu. Peut-il y avoir aujourd’hui un changement de cette ampleur ? Je le crois, je l’espère. Sous quelle forme ? Je ne sais pas.

Pour en savoir plus :

. Lien direct vers l’interview de Jérôme Monod sur le site Les Échos.fr

LE VIRUS H1N1 VOYAGE A UNE VITESSE INCROYABLE.

Grippe A

Le Monde.fr

Extrait d’une interview exclusive de Margaret Chan, directrice générale de l’OMS, publiée en date du 29 août 2009 :

Selon le bilan global publié vendredi 28 août par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la grippe A (H1N1) a tué « au moins 2 185 personnes ». Le nombre d’individus infectés s’élevait à cette date, au minimum, à 209 438, dans plus de 177 pays. Le H1N1 est devenu le virus de grippe dominant dans le monde. Il supplante celui de la grippe saisonnière. (…)

Quelles menaces fait peser la pandémie actuelle ?

Tout d’abord, ce virus voyage à une vitesse incroyable, inédite. En six semaines, il parcourt la même distance que d’autres virus en six mois ! Le nombre de personnes infectées est aussi sans précédent. Jusqu’à 30 % des habitants des pays à forte densité de population risquent d’être infectés. Sans plans de préparation, nous serions incapables d’avoir une réponse organisée. C’est une sorte de retour sur investissement.

60 % des décès surviennent chez des personnes ayant des problèmes de santé sous-jacents. Ce qui signifie que 40 % des décès concernent des jeunes adultes – en bonne santé – qui meurent en cinq à sept jours d’une pneumonie virale. C’est le fait le plus préoccupant. Soigner ces patients est très lourd et difficile.

Dans beaucoup de pays, les services d’urgence et de soins intensifs sont extrêmement sollicités, voire surchargés. Dans notre monde de 6,8 milliards d’habitants, que se passera-t-il si l’infection touche 20 % à 30 % de la population ? Qu’arrivera-t-il si la maladie devenait plus sévère sans que nous y soyons préparés ? Beaucoup de ressources seront consommées au détriment des malades touchés par le cancer, les maladies cardiovasculaires…

Pour en savoir plus :

. Lien direct vers l’article complet sur Le Monde.fr

DAVID M. WALKER ET L’EFFONDREMENT DES USA

David M. Walker, l’ancien contrôleur général des États-Unis et chef du Government Accountability Office (pas exactement un émeutier anarcho-punk, auteur de dazibaos gauchistes à Tarnac), a quitté son poste en mars 2008, cinq ans avant le terme d’un mandat de quinze ans entamé en 1998.

Une décision fracassante, que l’ancien super comptable fédéral n’hésite pas à  justifier médiatiquement en comparant l’état actuel de la première superpuissance mondiale à celui de l’Empire romain au moment de sa chute.

Ci-dessous, une intervention de David M. Walker, sur la chaîne CNBC au mois de juin 2009, qui met en garde les téléspectateurs contre l’effondrement très réel du système de santé américain.

BORDERLINE BIENNALE – NO PROGRAM, NO PRESS, NO MONEY

Borderline Biennale

Nø program, Nø press, Nø money

La Borderline Biennial 2009 se refuse à un programme, les seuls mots seraient : Apparition, Art Royal, Annonciation, avènement, commencement, création, éclosion, émergence, épiphanie, éruption, esprit, évocation, explosion, fantôme, forme, hallucination, irruption, magie, manifestation, psychose maniaco-dépressive , spectre, théophanie, venue, vision…

L’entrée est libre et gratuite mais réservée à un public adulte et averti. (Pour chaque performance, nous sommes limités à un nombre restreint de participants). L’absorption de la pilule DDC ainsi que son échographie et un test ADN constituent votre laissez passer obligatoire pour disparaître dans le monde de la Borderline Biennial. Compte-tenu que l’on tourne en live, l’abandon du droit à l’image et à son âme est obligatoire.

Lors de la pandémie de la grippe A(H1N1) et passage par le gouvernement du niveau d’alerte en 5b ou 6 (obligation de fermeture par la préfecture des ERP espaces culturels) la Borderline sera en live sur Internet avec login et mot de passe pour adultes avertis et consentants.

Plongée dans les eaux profondes, la Borderline Biennial va au-delà des contre-cultures, elle possède cet aspect festif de l’instant non-contrôlé qui adhère en auto-organisation spontanée. C’est une épiphanie, une expérience démesurée aussi bien au niveau social qu’individuel. Notre TAZ de 40 jours et 40 nuits implique une certaine sauvagerie, une évolution du domestique au sauvage, un retour qui est un grand pas en avant. elle implique également une danse du chaos face à l’appareil de contrôle : l’Etat qui continue à se déliter et se pétrifier devant l’insurrection qui vient.

A mesure que le pouvoir disparaît, notre volonté de pouvoir doit être la disparition. Nous devenons, dans l’Internet profond, la Babylone de l’information. Entre le Tigre et l’Euphrate, nous jonglons à travers nos labyrinthes analogiques et tunnels numériques. Enfin, nous avons reçu nos implants, ils sont indispensables pour certaines expériences Borderline. Nous devons revivre le Matin des magiciens à travers la Materia Prima.

Je sens de bonnes vibrations alchimistes mes petits loups, il faut parfois regarder derrière l’apparat et les rites et comprendre l’humanisme fraternelle de l’univers CyberPunk. C’est mon monde, c’est notre monde, c’est votre monde. C’est le lieu où l’histoire se déroule, d’un futur déjà passé. On est tous dans une zone d’incertitude, post-nuke entre le réel et le virtuel à subir les déviances du capitalisme dans ce putain d’univers et la narration pathétique d’un occident qui se consume dans les ruines du 9/11 .

C’est pourquoi la Demeure du Chaos/Abode of Chaos est un univers cyber-punk comme une dystopie. L’incarnat pourpre de la Cité Interdite et de ses règles, je reviendrai dessus prochainement…

thierry Ehrmann

Pour en savoir plus :

. Lien direct vers le blog de thierry Ehrmann

Grippe A (H1N11)

LA COURSE AUX ETOILES MARQUE LE PAS…

La course aux étoiles marque le pas

The New York Times

Les fans de science-fiction et de space-opéras intersidéraux peuvent bien verser un larme. On oublie les jolies chorégraphies orbitales de 2001 : L’Odyssée de l’espace sur fond de Johann Strauss. Les années 2000 ne se passeront pas dans l’espace mais dans la rue, avec leur lot de pandémies, de réseaux digitaux au ras du bitume et de manipulations génétiques.

Qui a dit « cyberpunk » ?

24 août 2009. Le New York Times jette un froid sur le 40e anniversaire des premiers pas de l’homme sur la Lune. Régression technologique, manque de volonté politique et fonte des budgets fédéraux, le nouveau plan spatial annoncé par George W. Bush en 2004 est durement remis en cause par un article de Kenneth Chang publié dans le grand quotidien du nord-est des USA.

Déjà pénalisée par l’absence initiale de vision de l’administration Bush et les affres de la crise économique initiée par le scandale des prêts hypothécaires à taux variables, la relance de la course à l’espace et l’établissement d’une base permanente sur le satellite de la Terre n’intéresse simplement pas un peuple américain qui compte officiellement 37 millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté. Ainsi, le site officiel du comité d’étude américain des vols humains dans l’espace n’a recueilli que 1500 commentaires, un maigre résultat pour un programme qui se chiffre en dizaines de milliards de dollars.

Pire encore…  Avec la mise à la retraite des navettes spatiales actuelles, prévue pour le mois de septembre 2010, les futurs projets de la NASA seront dépendants du bon-vouloir des lanceurs russes pendant une période de cinq ans, jusqu’à la mise en service d’une nouvelle génération de fusée annoncée pour 2015. De quoi enterrer un programme coûteux et embarrassant pour une administration engluée dans une crise systémique de dimension abyssale, dont il se dit qu’elle ne connaîtra pas de sitôt la reprise, contrairement au refrain d’une chanson populaire. Rahm Emanuel et les hommes du président ont d’autres foxtrots à danser.

Oraison funèbre ? Le ralentissement de la course à l’espace sonne certainement le glas de nos rêves d’enfance et une défaite pour les partisans du progrès et de l’innovation. A défaut d’envisager un retour des Petit-Gris chers à notre compatriote Jimmy Guieu, il y a fort à parier que notre avenir proche soit encore lié à la planète Terre, son cortège de dérèglements climatiques, ses élites décadentes et corrompues, la pauvreté endémique de l’immense majorité de ses populations et une insécurité alimentaire en laquelle certains esprits chagrins (au rang desquels se compte Art Press Agency) croient percevoir un prochain facteur d’embrasement.

« – Vous chantiez ? J’en suis fort aise.
Eh bien! Dansez maintenant. » – Jean de la Fontaine

Pour en savoir plus :

. Lien direct vers l’article de Kenneth Chang sur le site du New York Times

La course aux étoiles marque le pas...

CHINE : MEDECINE TRADITIONNELLE CONTRE GRIPPE A

Chine : Médecine traditionnelle contre grippe A

Face au tsunami grippal qui s’apprête à déferler dès les premières baisses de température de l’automne, les grandes puissances de l’hémisphère nord sont désespérément en recherche de nouvelles stratégies sanitaires. Forte de 1 360 445 010 habitants, la Chine opte pour une voie médiane entre traditions et hyper modernité.

Extrait de l’article Traditional medicine used to battle new flu, paru dans China Daily en date du 02 juin 2009

Utilisation de la médecine traditionnelle chinoise contre la grippe A

Selon le directeur du département de coopération internationale du Ministère de la Santé, la médecine traditionnelle chinoise serait très utilisée pour traiter les patients atteints de la grippe A en Chine, qui compte 39 personnes infectées. « La Chine est jusqu’à présent le seul pays au monde à introduire la médecine traditionnelle, pratiquée depuis des milliers d’années dans le pays pour traiter les maladies » a-t-il déclaré.

D’après Jiang Liangduo de l’hôpital de Dongzhimen à Pékin, affilié à l’université pékinoise de médecine chinoise, « la médecine traditionnelle chinoise a montré une certaine efficacité sur tous les patients en cours de traitement et 9 d’entre eux sont déjà guéris et ont pu quitter l’hôpital ». Jiang fait partie d’un groupe de travail initié par le Ministère de la Santé comprenant des dizaines d’experts et chargé de contenir la grippe par une approche orientée vers la médecine traditionnelle chinoise. Les traitements en terme de dosage et de choix des herbes sont adaptés à chaque patient en fonction de ses sexe, âge et symptômes.

Ce ne serait pas la première fois qu’une approche combinée médecine traditionnelle chinoise – médecine occidentale serait utilisée pour combattre une épidémie selon Wang Xiaopin, directeur de la coopération internationale à l’administration d’Etat pour la médecine traditionnelle chinoise (State Administration for Traditionnal Chinese Medicine). Ce type d’approche a en effet déjà été employé lors de l’épidémie de SRAS en 2003. « Parmi les plus de 5000 patients atteints du SRAS, 60% d’entre eux ont reçu un tel traitement, avec des résultats positifs » a-t-elle déclaré.

Toutefois, malgré la reconnaissance de l’OMS, la connaissance et la compréhension de la médecine traditionnelle chinoise au niveau international reste limitée. Selon le ministre de la Santé, Chen Zhu, l’anis étoilé, depuis longtemps utilisé en Chine en médecine ainsi qu’en cuisine, contient l’un des composants principaux utilisé pour synthétiser le Tamiflu.

Source : China Daily, 02/06/09
Traduction : Bulletin électronique sur la recherche scientifique et technologique en Chine (Service Scientifique de l’Ambassade de France à Pekin et ADIT)

Pour en savoir plus :

L’ESPRIT DU TERRORISME par Jean Baudrillard

U.S. forces demonstrate entry tactics used by the Iraqi counter terrorism force (...)

Introduction d’un article de Jean Baudrillard, paru dans Le Monde en date du 03 novembre 2001.

Des événement mondiaux, nous en avions eu, de la mort de Diana au Mondial de football – ou des événements violents et réels, de guerres en génocides. Mais d’événement symbolique d’envergure mondiale, c’est-à-dire non seulement de diffusion mondiale, mais qui mette en échec la mondialisation elle-même, aucun. Tout au long de cette stagnation des années 1990, c’était la « grève des événements » (selon le mot de l’écrivain argentin Macedonio Fernandez). Eh bien, la grève est terminée. Les événements ont cessé de faire grève. Nous avons même affaire, avec les attentats de New York et du World Trade Center, à l’événement absolu, la « mère » des événements, à l’événement pur qui concentre en lui tous les événements qui n’ont jamais eu lieu.

Tout le jeu de l’histoire et de la puissance en est bouleversé, mais aussi les conditions de l’analyse. Il faut prendre son temps. Car tant que les événements stagnaient, il fallait anticiper et aller plus vite qu’eux. Lorsqu’ils accélèrent à ce point, il faut aller plus lentement. Sans pourtant se laisser ensevelir sous le fatras de discours et le nuage de la guerre, et tout en gardant intacte la fulgurance inoubliable des images.

Tous les discours et les commentaires trahissent une gigantesque abréaction à l’événement même et à la fascination qu’il exerce. La condamnation morale, l’union sacrée contre le terrorisme sont à la mesure de la jubilation prodigieuse de voir détruire cette superpuissance mondiale, mieux, de la voir en quelque sorte se détruire elle-même, se suicider en beauté. Car c’est elle qui, de par son insupportable puissance, a fomenté toute cette violence infuse de par le monde, et donc cette imagination terroriste (sans le savoir) qui nous habite tous. (…)

Jean Baudrillard

Pour en  savoir plus :

. Lien direct vers l’archive (payante) de cet article sur Le Monde.fr
. Lien direct vers une traduction anglaise (gratuite) de cet article sur Harper’s Magazine

PORT DU MASQUE OBLIGATOIRE !

Port du masque obligatoire !

BORDERLINE BIENNALE 999 : NO PROGRAM / NO PRESS/ NO MONEY

[ PORT DU MASQUE OBLIGATOIRE DURANT LA PANDEMIE ]

Pour en savoir plus :

. Lien direct vers la galerie consacrée sur Flickr.com / Abode of Chaos

L’ART DE LA GUERRE

artdelaguerre

De l’art sublime de la guerre totale…
Version originale pour les guerriers du chaos !

Pour en savoir plus :

. Lien direct vers la galerie consacrée sur Flickr.com / Abode of Chaos

BIG DOG, NOUVEAU CHIEN DE GARDE DU DARPA

Quand la science-fiction et le cyberpunk s’incarne dans la réalité de masse de ce début de XXIe siècle…

Boston Dynamics, société d’ingénierie fondée en 1992 par Marc Raibert, un ancien de la Massachusetts Institute of Technology, s’est concentrée depuis sa création sur la construction de robots dynamiques inspirés du règne animal. Une spécialité très prisée par le DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency), une cellule de recherche du département de la défense américain.

Le projet phare de ce laboratoire du futur ? Un robot quadrupède surnommé Big Dog, doté de multiples senseurs, dont un système de vision stéréoscopique, et capable de se déplacer sur des terrains accidentés (y compris sur de la glace et de la neige) en embarquant jusqu’à 150 kilos de charge utile.

Des drones en survol au-dessus des quartiers difficiles, des projets concrets d’exosquelettes pour les fantassins du futur et des chiens robots pour leur tenir compagnie, une série d’avancées technologiques qui n’augure rien de bon pour les guérillas et les rebelles du futur.

Pour en savoir plus :

. Lien direct vers le site de Boston Dynamics
. Lien direct vers le site officiel de la Defense Advanced Research Projects Agency

GRIPPE A & COMPLOT MONDIAL

infowars

Alex Jones, éditeur d’Infowars.com et de Prisonplanet.com, deux fleurons de l’Internet conspirationniste des 00’s, semble s’être trouvé un nouveau cheval de bataille avec la grippe A (H1N1).

Parmi les très nombreuses questions soulevées par la pandémie dans les rangs conspirationnistes, celle d’un vaccin dont la promotion serait assurée sur la chaîne d’information continue MSNBC (fruit d’un partenariat entre Microsoft et NBC Universal) par « une membre de la conférence de Bilderberg, dont l’objectif secret serait de réduire la population mondiale de 80 % ».

La pandémie grippale comme support d’un génocide orchestré par une armée américaine au service de l’élite mondiale, une perspective qui ne va pas sans rappeler les classiques du genre comme le projet de recherche HAARP que certains suspectent toujours de « pouvoir modifier le climat, interrompre toute forme de communication hertzienne, détruire ou détourner avions et missiles transcontinentaux et d’influencer les comportements humains, via des actions sur l’ionosphère ».

Crise économique, pandémies, dérèglement climatique, manipulations génétiques, déficit démocratique,  exodes de masse, agitation sociale et nouvelles tensions nord-sud et est-ouest… La période s’avérant propice aux scénarios catastrophe les plus aboutis, gageons que nous aurons prochainement l’occasion de revenir sur les  sujets d’inquiétude de nos contemporains.

Pour plus d’information :

. Lien direct vers le fil d’information thématique d’Infowars.com
. Lien direct vers une page conspirationniste francophone consacrée au projet HAARP
. Lien direct vers la page francophone de Wikipedia consacrée à la conférence de Bilderberg
. Lien direct vers la page francophone de Wikipedia consacrée aux théories du complot

BURNING VANITAS

burningvanitas

999Borderline Biennale
Sans commentaires
Restez à l’affût, révélations en suspension.

Pour en savoir plus :

. Lien direct vers la galerie consacrée sur Flickr.com / Abode of Chaos

GRIPPE A : « L’île Maurice doit s’attendre à entre 400 et 600 décès. »

ilemaurice

Nouvelle citation du professeur Antoine Flahault sur Clicanoo.com, journal de l’île de la Réunion et de l’océan Indien, où il fait état d’«une mortalité indirecte incompressible chez les personnes âgées et vulnérables d’au moins 1 cas pour 1 000 cas de grippe. Soit 400 à 600 décès en excès par rapport aux périodes non-épidémiques de grippe ».

Un scénario possible, évoqué par le médecin dans le cadre de ce nouvel article, fait état d’une contamination pouvant toucher jusqu’à 15 ou 20 % de la population de l’île Maurice pour la première vague de la pandémie. Rapporté aux 61 millions de Français qui vivent en métropole, ce calcul nous donne le chiffre astronomique de 12 489 745 personnes contaminées par la grippe A, avec une estimation d’un potentiel mortifère dépassant les 12 000 morts.

Des chiffres auxquels il conviendrait d’ajouter ceux de la seconde vague de contamination, déjà annoncée par Margaret Chan, la directrice de l’Organisation mondiale de la santé.

Pour en savoir plus :

. Lien direct vers l’article sur Clicanoo.com

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MORTALITE DIRECTE : Celle du H1N1 serait cent fois supérieure à celle de la grippe saisonnière.

logolemonde

Le site officiel du quotidien Le Monde publie aujourd’hui, en date du 26 août 2009, une interview du docteur Antoine Flahault, professeur et spécialiste de la grippe.

A une question sur la fréquence de la mortalité directe par SDRA (syndrome de détresse respiratoire aigu), le Dr Flahault déclare que l’« on serait en face d’une maladie dont la mortalité directe – un cas pour 10 000 infections – serait certes très rare mais malgré tout 100 fois supérieure à celle de la grippe saisonnière ».

Pour en savoir plus :

. Lien direct vers l’interview du professeur Flahault sur Le Monde.fr

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LE REVEIL DES SOURCES

reveilsources

« Puis tout d’un coup il y a eu un énorme grondement tout autour de nous, le ciel s’emplit de choses ressemblant à de gigantesques chauves-souris qui fondaient et piquaient sur nous avec des cris perçants, tandis que nous foncions, capote baissée à 160 et des poussières. » – Hunter S. Thompson, extrait de Las Vegas Parano.

01 Août 2009, 16 heures 30.

Deux années se sont écoulées depuis les événements extraordinaires précédemment relatés dans KiCHIGAI (voir Abode of Chaos’ Spirit, Musée de l’Organe – 2007).

Canicule, effet de serre, terrasses aux trois-quarts vides, les façades de la place des Terreaux s’effondrent comme une série de montres molles. Quelques rares touristes errent sur un parvis dont les dalles irradient sous la chaleur. Je m’aventure à mon tour. Comme poussé par une main invisible, un landau vient buter à mes pieds sur le rebord du trottoir. Vide. Le fils du Diable est retourné se promener sur le boulevard des Belges. Une iroquoise écarte généreusement les jambes au bord de la fontaine. Sa minijupe remonte sur ses cuisses, exhibant un string léopard. Tétons plaqués contre un t-shirt frappé d’un Christ en croix sur fond de circuits électroniques, la créature punk exsude une sexualité vorace. Nos regards se croisent, elle crache par terre.

Une berline grise stationne à la borne de taxi de l’angle de la rue du Président Edouard Henriot. Rapide coup d’oeil du chauffeur qui m’analyse, regard perçant à travers les vitres du véhicule. J’ouvre la portière et m’introduis avec soulagement dans l’habitacle climatisé. Nous échangeons un signe de tête, j’annonce ma destination.

– Je vous dépose vers le centre du village ?
– Oui, vers le centre, s’il vous plaît.
– Vous allez visiter la Demeure du Chaos ?

Je réponds mécaniquement que j’ai rendez-vous à la Demeure du Chaos, regrettant presque aussitôt mes mots.

– Ah ? Je suis en train de lire Un étrange témoin raconte et je suis impatient de rencontrer Monsieur Ehrmann…

La voiture s’ébroue en direction des bords de Saône. Rue d’Algérie, les boutiques sont vides. Les soldes ne font plus recette. SMIC à 1337,70 Euros, 30 années de dettes sur le dos pour un pavillon préfabriqué et une famille à nourrir. Tout ça pour s’éteindre à l’âge de la retraite, laminé par un cancer de la prostate. Les hobos de la Grande Dépression des années 30 avaient raison : rompre avec les illusions, déprogrammer la machine. La décroissance qui s’impose comme méthode de survie à l’échelle sociétale.

– Ils l’ont lâché ! Vous le savez, n’est-ce pas ? Ils l’ont lâché !

Injectés, les yeux de mon conducteur me fixent à travers le rétroviseur. Gêné, je souris d’un air vaguement entendu. Nous abordons la voie rapide, laissant Lyon et les pentes de Fourvière derrière nous. Une limousine noire nous double, frôlant de près notre véhicule. Le chauffeur grommelle quelques mots inintelligibles. Poliment, je le prie de répéter.

– Ils passent à travers la ville, ils traversent la matière comme des vers !

Rire forcé et nouveau mouvement de sourcils dans le rétroviseur. Je me détourne, préférant me concentrer sur le paysage. Les murs d’enceinte sont imposants, les pelouses vertes, lisses, immaculées. Pas un nain de jardin à l’horizon, l’impôt sur la fortune se passe de simulacres de plâtre. Un aviron file sur la rivière. Le soleil imprime les vaguelettes de son étrave d’une pluie d’étincelles. Délice de la bourgeoisie lyonnaise, on jurerait que le temps s’est arrêté dans la vallée. Le tumulte des crises mondiales à répétition, économiques ou pandémiques, m’apparaît bien lointain.

Des éclats de voix nous parviennent d’un attroupement sur les rives de l’Ile Barbe. On chante. Des silhouettes diffuses s’agitent autour d’une forme humaine maintenue au sol, des coups pleuvent. Plus loin, une carcasse de voiture achève de se consumer au pied d’une tour médiévale. Grasse, poisseuse, une fumée noire nappe la scène. L’odeur est pestilentielle. Instinctivement, le chauffeur ralentit. Sortant de la foule, un quinquagénaire bien mis se tourne vers nous et lève deux poings rouges, sanguinolents, d’un air de défi. Malgré la distance, l’homme dégage une sensation de puissance. Un mot me traverse l’esprit : CAC 40. Je constate avec soulagement que nous reprenons de la vitesse. Légère sensation de nausée sous l’accélération.

La litanie reprend.

– Le groupe Carlyle, la famille Sarkozy. Ils sont tous de mèche. Vous saviez que le demi-frère de notre président est le co-directeur des investissements du groupe ? Que celui-ci a été relancé par Frank Carlucci, un ancien de la CIA, à la fin des années 80, et que ce sont tous des proches de la famille Bush qui pactisait elle-même sous prétexte d’anti-communisme avec le révérend Moon ?

J’acquiesce en haussant les épaules. Nous passons devant la façade chamarrée du restaurant de Paul Bocuse. Trous de vers, rituels sataniques, magie noire / magie de pouvoir au sommet de Cologny et énièmes dimensions spatio-temporelles, je ne connais que trop bien le folklore paranoïaque. Les excités de la conspiration commencent toujours par les hauts-fonds affairistes avant d’enchaîner sur les grands sauriens polymorphes qui dirigent notre planète à l’ombre des tours.

La sensation de malaise revient, s’ancrant au plus profond de mon estomac.

– … de l’intérêt de cette nouvelle topographie numérique pour les militaires ! Vous me suivez ? A contrario, prenez le cas de milices américaines, comme la milice du Montana ou encore de Timothy Mc Veigh, le gamin qui a fait exploser l’immeuble du FBI ! Ah, ils peuvent multiplier les décrets, empiler les serveurs, mais il est déjà trop tard. On ne pourra plus faire machine arrière ! La boite de Pandore est ouverte !

La tête me tourne. Plus qu’une seule envie, arriver à Saint-Romain-au-Mont-d’Or et sortir de cette voiture. Un câble tombé du plafond se balance devant mes yeux. Je le suis du regard. Tout devient très flou, je me sens partir, aspiré. Des vagues d’images m’assaillent ; machines-outils, lueurs de forges industrielles et hurlements des plaques de métal qui s’écrasent, cabossées, déstructurées. Flash-backs en rafale. Un poste-frontière dans la poussière du désert libyen. Le portrait du colonel Mouammar al-Kadhafi s’évente sur une bannière lacérée. À ses pieds, un chien famélique tente vainement de chasser les mouches qui le harcèlent. Le cadavre d’un brahmane barre un trottoir de Madras. Un pan du Mur s’écroule à la lumière des lampes au tungstène sous les cris et les applaudissements de la foule. Mes orteils se crispent à l’intérieur de mes chaussures. Un, deux, trois, nous irons au bois. Les massifs rocheux des Monts d’Or nous contemplent. Alice dévisse au pays des merveilles. D’épaisses gouttes de sueur roulent jusque sur mes paupières. Taille fine, croupe cambrée, une jeune blonde mime la délectation en étalant le foutre sur ses globes siliconés. Son menton perle à la porte du bunker. Plongée sur une main gantée de blanc qui ausculte une série de corps enveloppés sous des bâches de plastique translucides. Un crâne géant me fixe entre deux containers, impassible sur son lit d’herbes folles. Les eaux rouges de la piscine grouillent d’une présence inquiétante…

… Réveil en sursaut. Le moteur décélère. Sensation de freinage, la voiture s’arrête devant le portail, à trois pas du portrait d’un Japonais joufflu aux cheveux filasse. Shōkō Asahara, le fondateur de la secte Aum, cerveau d’un attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo. Le soleil s’est couché. Une sueur glacée creuse mes reins. Le chauffeur se retourne vers moi et s’empare de mon poignet, le visage déformé par la démence.

– Moi aussi, je veux traverser le miroir ! Cet endroit… Les eaux montent ! Il le sait, il les observe. Ne perdez jamais les eaux de vue, ce sont elles qui vous livreront les premiers signes. Il faut surveiller le réveil des sources sous la Demeure, c’est la clé de tout ce qui va suivre.

M’arrachant à son emprise, je lui jette une poignée de billets et m’extirpe précipitamment de l’engin. Le sol oscille sous mes pas, un dogue allemand m’observe avec curiosité de l’intérieur des grilles. Ambiance, il tient dans sa gueule une réplique de mine anti-personnelle. Coup de sonnette, grésillement de la communication :

– Euh, bonjour… j’ai rendez-vous avec Thierry Ehrmann.

EPIDEMIOLOGIE – UN PEU D’HISTOIRE

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Source : Wikipedia.org

Le mot « épidémiologie » provient du grec epi = au-dessus, parmi ; et demos = peuple, district ; logos = mot, discours (qui peut suggérer qu’elle s’applique seulement aux populations humaines, mais le terme est largement utilisé dans des études sur des populations animales ; « épidémiologie animale »).

L’épidémiologiste compare la fréquence d’une maladie au sein d’un groupe de personnes exposées à un agent suspect à celle d’un groupe de personnes non exposées. Les études épidémiologiques sont en général réparties en deux catégories, ou contiennent deux parties :

* descriptives

* analytiques (visant habituellement à proposer et/ou vérifier des hypothèses de liens de cause à effet, susceptibles de déboucher sur des propositions de solution).

Ces dernières peuvent être menées directement au sein des populations (elles sont dites d’observation) ou dans un cadre contrôlé ; elles sont dites expérimentales (un terme souvent synonyme d’essais cliniques ou communautaires de traitements et autres interventions).

Le Dr John Snow est célèbre pour avoir endigué en 1854 une épidémie de choléra dans le district de Soho à Londres. Il a identifié une pompe à eau publique de Broad Street comme étant la cause de l’épidémie, et en supprima le manche, ce qui mit fin à l’épidémie. Cela constitue un événement majeur de l’histoire de la santé publique, et peut être considéré comme l’acte fondateur de la science de l’épidémiologie.

Un des premiers médecins à avoir utilisé les statistiques en médecine pour tester une hypothèse sur une étiologie d’une maladie, à savoir la fièvre puerpérale, fut Ignace Philippe Semmelweis. Il proposa à ses contemporains de se laver leurs mains dans une solution d’hypochlorite (de l’eau de Javel) et stérilisait déjà à son époque ses instruments de chirurgie… Il colligea son travail dans un livre, Die Aetiologie, der Begriff und die Prophylaxis des Kindbettfiebers, publié en 1861. Malheureusement, l’opposition parmi ses contemporains ne permirent pas de faire avancer ses idées. Il avait envoyé à ses frais son livre à tous les chefs de clinique de gynéco-obstétrique de son époque … [1],[2],[3].

Au début du XXe siècle, des méthodes mathématiques furent introduites en épidémiologie par Ronald Ross, W.O Kermarck et A.G. McKendrick [4],[5],[6]. Par après, d’autres auteurs ont publiés des modèles mathématiques en épidémiologie (Bailey, Muench, Anderson, Gray, …). L’accès rapide à des informations transparentes et valides est apparu être un enjeu majeur, avec notamment la publication en 1956 des résultats de l’étude des médecins britanniques, Doll et Bradford Hill, qui a fourni un support statistique à la suspicion d’un lien entre tabagisme et cancer du poumon, puis avec le développement de vagues de maladies émergentes susceptibles de devenir pandémiques.

Ainsi, un des enjeux pour le XXIe siècle est d’améliorer la collaboration du monde médical et du monde vétérinaire en matière d’épidémiologie et d’écoépidémiologie et de partage de l’information, car la plupart des maladies émergentes préoccupantes son liées à l’environnement et souvent à des réservoirs dans le monde animal. Parfois ce sont les microbes de l’homme qui peuvent aussi infecter les animaux d’élevage et sauvage. Suite à la pandémie de grippe espagnole en 1918, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), la Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sous l’égide de l’Organisation des Nations unies (ONU) jouent un rôle de veille permanente et d’organisation de la veille épidémiologique. Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) sont les relais territoriaux aux États-Unis.

En Europe, après avoir constaté en 2003 que l’Union européenne (UE) n’était pas prête à réagir correctement à une épidémie de type pneumonie atypique (syndrome respiratoire aigu sévère, SRAS), un Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a été créé par le parlement européen, basé à Stockholm en 2005, pour notamment réagir au risque de pandémie lié au H5N1. Un centre de crise y a été créé le 4 mars 2008, officialisant une cellule de veille activée dès mai 2007. (200 personnes y travaillaient début 2008, 300 étant prévue fin 2008, s’appuyant sur un budget de 40 millions d’€ pour 2008, soit + 48 % par rapport à 2007). Le centre qui fonctionne avec trois niveaux d’alerte (0 = « normal », 1 à 2 ; ressources extérieures requises), examine chaque jour les menaces pour l’Europe sur la base des données qu’il récolte directement ou à partir de blogs, listes de distribution, médias, rapports d’hôpitaux, tout en assurant une veille sur les maladies infectieuses se déclarant hors-Europe.

Via l’OMS ou des instances plus régionales et locales, et grâce aux nouveaux outils informatiques (NTIC), des réseaux d’échanges d’information ou de veille spécialisée (sur la grippe aviaire se construisent.

LES LIMITES DE L’EPIDEMIOLOGIE

La protection des droits du patient, comme le secret protégeant les données de laboratoires et d’installations à risque ou de certains états sont à la fois des garanties de liberté individuelle et des freins à une gestion optimale des crises.

Deux exemples peuvent illustrer le caractère éthiquement délicat des grandes approches épidémiologiques :

* Un nouveau système d’information médicale « Médisys » a été lancé par la Commission européenne en août 2007, pour analyser presque en temps réel, et pour 3 thèmes (« maladies », « bioterrorisme » et « autres menaces »), les données collectées en 32 langues sur plus de 1 000 sites internet d’actualités, et de 120 sites santé publique. Il devrait permettre aux autorités sanitaires de donner des réponses plus rapides et efficientes aux crises existantes à venir, y compris dans les domaines des accidents du travail, et du bioterrorisme, mais permet d’éventuelles erreurs susceptible d’affecter les droits individuels.

* Aux USA, la plus vaste des études épidémiologiques sur la santé des enfants (SSC, qui signifie National Childrens’s Study) a été lancée, sur 25 ans, après avoir été autorisée en 2004. Cette étude est supportée par le National Institute of Child Health an Human Development, qui espère en tirer d’importants enseignements sur l’asthme, le diabète, l’obésité, mais aussi les troubles du comportement, sujet dont les implications éthiques sont plus délicates en termes de suivi et exploitation des données accumulées.

REFERENCES

1. Slaughter, Semmelweiss, cet inconnu, éd. Presses de la cité (1953)
2. Morton Thompson, Tu enfanteras dans la souffrance, éd. Presses de la cité (1954)
3. Thuillier, Le paria du Danube, éd. Balland (1983)
4. W.O. Kermack and A.G. McKendrick, A contribution to the Mathematics theory of epidemics I, Proc R. Soc, 1927, A115, 700-721
5. W.O. Kermarck and A.G. McKendrick, A contribution to the Mathematics theory of epidemics II, Proc R. Soc, 1932, 138, 55-83
6. W.O. Kermack and A.G. McKendrick, A contribution to the Mathematics theory of epidemics III, Proc R. Soc, 1933, 141, 94-121

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LA SPIRALE | MISE A JOUR DU 18/08/09

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Bangla Bai, le 18 août 2009.

Sur la plage abandonnée, coquillages et crustacés, grippe mexicaine et reprise économique à la sauce Emile Coué. Courrier électronique et téléphone, les correspondants sont absents. L’été en pente douce, faire l’autruche sous le sable blanc. Au large, le voilier d’un millionnaire suisse romand d’origine lyonnaise s’effondre, torpillé par des pirates malais. De jeunes prostituées indigènes traversent la baie en se déhanchant. Je mâchonne la paille de mon cocktail, en laissant mon esprit vagabonder.

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D’après State Of The Future, rapport annuel du Millenium Project des Nations Unies, la moitié de la planète devrait prochainement faire face à une agitation sociale et des violences urbaines, conséquences de l’aggravation du chômage à l’échelle mondiale et de difficultés d’approvisionnement croissantes dans les domaines de l’eau, de la nourriture et de l’énergie. Près de 40 nouvelles maladies sont apparues en l’espace d’une génération, accompagnées de la résurgence du choléra et de la fièvre jaune.

Il serait aujourd’hui scientifiquement possible de faire pousser de la viande, au même titre que des végétaux. Un groupe de défense des animaux offre 1 million de dollars au premier agriculteur qui sera capable de produire une viande commercialement viable. La population mondiale, qui compte actuellement 6.7 milliard d’individus, devrait plafonner à 9.2 milliards en 2050, avant de retomber à 5.5 milliards en 2100. Les observateurs notent un déclin de la démocratie et des libertés individuelles sur 1/5e de la planète, une tendance corroborée par la mainmise exponentielle des pouvoirs en place sur la presse et les médias.

Les Japonais investissent déjà massivement dans la robotique pour pallier à la raréfaction de la main d’oeuvre dans une société vieillissante. Et IBM d’annoncer pour 2011 la mise en service d’un supra-calculateur capable de 20 000 trillions d’opérations par seconde, soit la vitesse du cerveau humain. Quant à la recherche génétique opérative, elle s’oriente désormais vers des molécules réplicatives plus simples que les acides nucléiques contemporains, première étape vers la création de nouvelles formes de vie artificielles.

Bienvenue dans le nouveau désordre mondial, un univers où la science-fiction s’incarne dans la réalité de masse, proposition inédite de terrain de jeux pour les mutants du IIIe millénaire…

La Spirale.org

Pour plus d’information :

. Lien direct vers la page d’accueil de La Spirale

OMS – CALL TO ACTION

OMS

Dans un document daté du 17 août 2009, l’Organisation mondiale de la santé s’associe à de nombreuses organisations internationales* pour lancer un appel à l’action officiel en vue de lutter contre la pandémie de grippe A (H1N1) ! Quelques extraits de ce document disponible au format PDF et en téléchargement libre sur le site de l’OMS :

The H1N1 influenza pandemic is spreading rapidly, but its future evolution cannot be predicted. Most data about the pandemic have been acquired in countries with well-functioning health services.treatment of severe influenza.

Review, revise or create business continuity plans for all key organizations to continue critical operations. Revise, reactivate or create contingency plans at the country and local levels that prioritize continuation of critical health and other essential services as part of a whole of society approach. Ensure a scenario for a severe pandemic building on existing multi-hazard multi-sector contingency plans and engage national disaster management organizations.

* Liste non exhaustive : OMS, IFRC, UNSIC, OCHA, UNICEF, Croix Rouge.

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